CLAMENS Roger, Marius, Pierre

Par Gérard Larue

Né le 16 septembre 1904 à Paris (XVIIIe arr.), mort le 26 juillet 1988 à Paris (XVIIIe arr.) ; monteur-en-chauffage ; membre du Parti communiste ; interné à Pithiviers (Loiret) ; rallié au Parti Ouvrier Paysan Français (POPF).

Fils de Louis, gantier et d’ Elise Marie Lesenne, il se maria le 27 août 1927 avec Suzanne Blanche Larget née le 4 janvier 1898 à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le couple demeurait 26 rue Jean Jaurès à Stains (Seine, Seine-Saint-Denis) depuis le 1er octobre 1933, venant de l’avenue des Batignolles (Gabriel Péri après la guerre) à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis).
Roger Clamens avait été mobilisé à la 22ème section d’infirmiers militaires, du 7 septembre 1939 au 12 août 1940.
Il fut employé comme manœuvre dans de nombreuses entreprises de la région parisienne et notamment dans l’entreprise Pleyel facteur de pianos, au carrefour du même nom à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), du 3 janvier 1941 au 23 septembre 1942.
Exécutant les ordres des autorités allemandes, le 24 septembre 1942 les forces de la police et de la gendarmerie déclenchèrent une opération d’ensemble sur le département de la Seine contre les communistes. En application du décret du 18 novembre 1939, il y eut mille six cent vingt et une arrestations, tous étaient internés à la caserne des Tourelles, Boulevard Mortier, Paris XXe arr. les hommes étaient ensuite envoyés à Pithiviers (Loiret). D’octobre 1942 à septembre 1943, mille quatre-vingt-quatorze internés furent libérés.
Ce 24 septembre 1942 Roger Clamens a été interpellé à son domicile par des inspecteurs de la BS1, comme ex-militant communiste, ex-secrétaire de la cellule Jean Jaurès de Stains, et ex-membre du comité de défense de l’Humanité, soupçonné de se livrer à la propagande clandestine.
Il fut interné administrativement en application du décret du 18 novembre 1939 au camp de Pithiviers. Sur intervention de Marcel Capron, chef du Parti Ouvrier et Paysan Français qui se porta garant, il fut libéré. Le 24 février 1943, Roger Clamens lui avait écrit « Monsieur, après avoir jugé les erreurs que nous a faites faire le Parti communiste et ses actes de terrorismes réprouvé par la population entière, je constate que la France marchant sous la doctrine stalinienne aurait dû plier sous un joug qui nous aurait été néfaste, après avoir murement réfléchi je sais que l’avenir de notre pays est dans une union étroite entre tous les Français, donnant toute notre confiance à notre Maréchal, ayant foi dans un avenir proche qui nous sera rendu prospère grâce à tous les efforts individuels joints : le parti ouvrier paysan français étant un parti franc et juste je vous donne de plein gré mon adhésion , veuillez agréer... »
En octobre 1943, il reçut l’appui du Maire vichyste de Stains, Edmond Podeur qui écrivit : « Monsieur le Préfet, j’ai reçu la visite de Mme Clamens, dont le mari est interné administratif au camp de Pithiviers depuis le 27 septembre 1942. Mme Clamens me demandant d’intervenir pour que son mari lui soit rendu, j’ai fait procéder à une enquête de laquelle il résulte que : Roger Clamens , ne s’occupait plus de politique depuis longtemps ; dans la maison où il demeure depuis onze ans et dans son entourage il est connu comme un honnête homme et de bonne réputation ; sa femme ne peut se livrer à aucun travail en raison d’un état de santé précaire. L’intéressé aurait été récemment très malade et serait toujours à l’infirmerie N°1 du camp de Pithiviers (numéro matricule 196) ; Dans ces conditions, je ne puis que vous transmette favorablement la requête qui m’a été présentée. »
Roger Clamens fut libéré par arrêté du Préfet du Loiret en date du 31 décembre 1943.
Après la Libération, il adhéra à la FNDIRP section de Stains. En 1956, déclarant « avoir appartenu à l’organisation de résistance Front National », il sollicita l’attribution du titre d’Interné Résistant qui lui fut refusé, n’ayant pu présenter aucune attestation en sa faveur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article234078, notice CLAMENS Roger, Marius, Pierre par Gérard Larue, version mise en ligne le 12 novembre 2020, dernière modification le 12 novembre 2020.

Par Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo 1W 203-57962, BA 1836. – Archives AD 93 POPF 261.J6 50. – Archives municipales de Stains, dénombrements 1936, fiche FNDIRP. – État civil de Paris (XVIIIe arr.).

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