ANDRÉ Georges, Lucien

Par André Balent

Né le 25 mai 1927 à Couflens (Ariège), mort le 22 juillet 1944 à Saint-Girons (Ariège) à l’hôpital des suites d’une blessure par balle reçue le 10 juillet 1944 ; agriculteur à Couflens ; victime civile d’une bavure commise par des hommes du maquis de la Crouzette (Ariège) des Francs-tireurs et partisans français (FTPF)

Georges André était le fils d’agriculteurs de Salau hameau de la commune pyrénéenne Couflens dans la haute vallée du Salat, dans le Couserans (Ariège). Salau se situe en amont de Couflens et est le dernier lieu habité avant la frontière avec l’Espagne. Lui-même travaillait avec ses parents à la ferme familiale. Il était le troisième enfant d’une fratrie de quatre.

Le 10 juillet, il s’était rendu à Saint-Girons, ville sous-préfecture, au marché. Il devait aussi pendant le trajet, retrouver une bague que sa mère avait perdue dans l’autobus, chose qu’il ne réussit pas. Tous deux effectuaient le voyage en autobus auquel était attelé une remorque. Ce véhicule tomba dans une embuscade tendue par un groupe de FTPF (le groupe lorrain de Gabre) qui du maquis de la Crouzette formé le 12 juin (Voir Plaisant René). Ces résistants confondirent l’autobus qui se rendait à Saint-Girons avec un convoi allemand dont ils connaissaient le passage imminent au lieu-dit des Trois arches du Kercabanac, dans les gorges de la Ribaouto, où la route du haut Salat passe sous un tunnel (commune de Soueix-Rogalle). Ils tuèrent quatre passagers, deux hommes et une femme. Ils firent aussi dix blessés, parmi lesquels le jeune Georges André. D’après sa sœur, alors âgée de dix ans, Georges André fut atteint dans le ventre par une balle. Il fut hospitalisé à Saint-Girons et son état s’améliorait lorsque, par erreur, on lui donna un œuf dans son repas alors qu’il ne devait ingérer que des substances liquides. Il mourut des suites de cette erreur. Il fut inhumé au cimetière de Salau.

Claude Delpla n’a retenu dans ses comptabilité des victimes que les quatre passagers tués du fait de la bavure du 10 juillet. On retrouve leurs noms dans ses documents manuscrits déposés aux archives départementales de l’Ariège. Il a ignoré la mort, douze jours plus tard, de l’un des blessés. La mort de Georges André nous a été signalée par Annie Rieu-Mias, originaire de Couflens. Elle a recueilli le témoignage de membres de la famille de Georges André, sa soeur et sa nièce, Francine Faup.

Son nom figure sur le monument aux morts de Couflens et sur la plaque commémorative du hameau de Salau (morts des guerres du XXe siècle). Il reçut la mention "mort pour la France". Il n’y a pas de dossier à son nom au Service historique de la Défense (AVCC) à Caen.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article234185, notice ANDRÉ Georges, Lucien par André Balent, version mise en ligne le 15 novembre 2020, dernière modification le 22 novembre 2020.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla. — Claude Delpla, La Libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [p. 125, p. 436]. — Site MemorialGenWeb, consulté le 12 novembre 2020. — Site Mémoire des Hommes consulté le 14 novembre 2020. — Courriels d’Annie Rieu-Mias, 12 et 17 novembre 2020, avec le témoignage de Francine Faup, nièce de Georges André.

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