MELI Rina [née GIAMPIETRI Rina, Dina, Maria]

Par Renaud Poulain-Argiolas

Née le 3 décembre 1908 à Sorbolo (province de Parme) en Émilie-Romagne (Italie), morte le 9 octobre 2000 à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) ; femme au foyer ; militante communiste de Martigues (Bouches-du-Rhône) ; résistante ; militante de l’UFF.

Femmes de l’UFF à la Libération
Femmes de l’UFF à la Libération
Sous la banderole de l’UFF, Rina Meli, en manteau noir, sourit à l’appareil photo.

Le Journal officiel de l’État français du 19 février 1943 annonça la naturalisation française de tout le foyer : Giacomino, Léandre, Giuseppe Meli, chauffeur, né le 27 avril 1908 à Sorbolo (Italie) ; Rina, Dina, Maria Giampietri, son épouse ; leurs enfants : Fernand, Louis, Primo Meli, né le 29 septembre 1931 à Saint-Rémy (Bouches-du-Rhône) ; Émile, Léon, né le 11 décembre 1936 à Martigues (Bouches-du-Rhône).

Dans les années 1930, les rangs des communistes à Martigues étaient assez clairsemés et bien inférieurs à ceux des socialistes de la SFIO. Prenant le relais d’un groupe de militants très isolés dans les années 1920 (Vincent Lorenzi, A. Gianetti, R. Lacamara...), ce sont des personnes venues travailler dans les grandes entreprises (comme Gabriel Mouttet) et des Italiens réfugiés politiques (comme les Meli, qu’on appelait Jacques et Rina) qui assuraient une présence communiste. Ces derniers avaient créé un Comité italien antifasciste composé d’une cinquantaine de membres, dirigé par Filippo Pappatico et diffusant le journal Il Griddo del popolo (Le Cri du peuple). La cellule était rattachée au rayon de Port-de-Bouc. Elle ne vivait que par l’action de quelques militants qui vendaient L’Humanité et Rouge-Midi. Sans local, elle fixait son siège dans des bars successifs.

A l’automne 1939, Rina Meli vécut très difficilement les conséquences du traité de non-agression germano-soviétique, précisant : "Le pacte a été une catastrophe. Les gens traitaient les communistes de nazis..."
Suite à la démobilisation de juin 1940, Paul-Baptistin Lombard prit à Martigues l’initiative de la reconstruction clandestine du PCF auquel il avait récemment adhéré. Il recontacta d’anciens ouvriers membres du Parti ou de la CGT avant leur interdiction. Parmi eux : Albert Domenech et Marcel Olive (raffinerie de La Mède), Maurice Tessé et Antoine Blanc (raffinerie de Lavéra), Marius Gouirand (huilerie Verminck), Gabino Garcia (port de Caronte), mais aussi Jacques et Rina Meli.

Le témoignage de Rina Meli atteste de l’atmosphère assez particulière qui régna autour de l’étang de Berre à partir de novembre 1942 entre la population et les troupes allemandes. Comme les autorités locales entretenaient des relations qui tendaient au strict minimum avec la puissance occupante, elle raconta que les deux gendarmes qui venaient régulièrement chez elle faire des perquisitions lui affirmèrent que les dossiers de gendarmerie ne seraient pas transmis aux Allemands.
Jacques Meli fut de ceux qui avaient une double appartenance, à la fois membre du PCF et faisant partie de la nébuleuse FTP que Maurice Tessé avait tissée autour de lui.

En août 1944, les troupes allemandes anticipant leur départ avaient miné une partie importante des infrastructures portuaires : le pont-tournant de Jonquières à Martigues, le viaduc ferroviaire, les quais du canal de Caronte, du port, de ses grues et de plusieurs bateaux. Des barils de cent kilos de mélénite avaient été enfouis tous les trente ou cinquante mètres, mettant en danger tout le centre-ville.
Le 18 août 1944, Jacques Meli entreprit avec les FTP locaux de neutraliser ces mines en coulant du ciment liquide dans les cheminées de mise à feu.
Lors de la libération de la ville le 21 août, un accrochage eut lieu à La Mède (près de Martigues) entre des FFI et un détachement allemand de deux camions roulant vers Martigues. Le commandant allemand du détachement ayant été tué, les soldats allemands s’enfuirent dans les collines. Un FFI vint chercher du renfort à Martigues. Une cinquantaine de volontaires, dont des FTP et des membres des MUR, accoururent. Dix Allemands furent capturés, mais nombre de FTP furent blessés, dont Jacques Meli, à la tête.

Rina Meli fit partie du Comité de la Résistance de la ville, équivalent d’un Comité local de Libération, mis en place après août 1944. Lors de l’assemblée patriotique du 10 décembre, son nom figurait dans la liste des membres actuels. Elle était alors présentée comme "ménagère" et membre de l’UFF. La même assemblée la nomma parmi les personnalités représentants des mouvements et corporations importantes de la ville qui allaient faire partie de la commission chargée de recueillir les doléances de la population. Celles-ci devaient être transmises à la municipalité, au Comité départemental de Libération puis à Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article234551, notice MELI Rina [née GIAMPIETRI Rina, Dina, Maria] par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 27 novembre 2020, dernière modification le 19 novembre 2021.

Par Renaud Poulain-Argiolas

Femmes de l'UFF à la Libération
Femmes de l’UFF à la Libération
Sous la banderole de l’UFF, Rina Meli, en manteau noir, sourit à l’appareil photo.

SOURCES : Jacky Rabatel, Une ville du Midi sous l’Occupation, Martigues : 1939-1945, Centre de Développement Artistique et Culturel, 1986 (pp. 35,65, 102, 187, 224, 280, 291, 303, 355-356). — Journal officiel de l’État français. Lois et décrets, 19 février 1943 (75e année, N°43), p. 485. — Données du site Généanet.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément