BOCQ Jean [Pseudonymes dans le Résistance : Robert Thierry ; Jimmy]

Par Jean-Luc Marquer

Né le 9 juin 1921 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), mort au combat le 26 mars 1944 à Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère) ; gardien de la Paix ; résistant homologué Forces françaises combattantes, réseau N.A.P., adjoint du chef d’un groupe franc de l’A.S.-O.R.A., homologué lieutenant des Forces françaises de l’Intérieur

Jean BOCQ
Jean BOCQ
Photo : André Lanvin-Lespiau, Mémorial GenWeb, sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

Jean, Joseph Bocq était le fils de Claude et de Marie, Lucie, Euphrosine Chevallier.
Les 26 juillet 1939, il s’engagea pour 3 ans, parachutiste à la 602ème Compagnie de l’Infanterie de l’Air à Baraki (Algérie).
Après avoir stationné un temps à Montélimar (Drôme), puis à Calais (Pas-de-Calais), la 602ème CIA fut transformée en deux groupes francs qui intervinrent derrière les lignes ennemies jusqu’en mars 1940. Revenus dans les lignes françaises, les parachutistes organisèrent, en mai et en juin 1940, la défense de plusieurs villes le long de la Loire.
Le 23 juin 1940, les CIA furent transférés en Afrique du Nord et dissous le 27 juillet 1940.
Jean Bocq fut démobilisé en août 1940.
Il fut pendant quelques mois ouvrier en radio, puis devint gardien de la Paix en 1941.
Après quels mois à Lyon (Rhône, aujourd’hui Métropole de Lyon), il fut muté à Grenoble (Isère).
Il épousa Annette, Joséphine Fritsch. Le couple avait 2 enfants.
La famille habitait 45 avenue Aristide Briand à Fontaine (Isère).
Dès novembre 1942, Jean Bocq rejoignit le groupe franc "Combat", relevant de l’A.S-O.R.A.
Parallèlement aux nombreuses actions et coups de main qu’il effectua avec le groupe franc, il entreprit un important travail de noyautage de la police grenobloise.
Passant dans la clandestinité, il fit exploser, avec son groupe, plus de deux-cents bombes dans l’agglomération grenobloise entre juillet et septembre 1943.
Jean Bocq, dit « Jimmy », et son chef Paul Gariboldy, que tout Grenoble connaissait sous son pseudonyme, Paul Vallier, furent arrêtés le 24 octobre 1943 par un capitaine de gendarmerie et incarcérés à la prison Saint Joseph de Grenoble.
Le 26 octobre 1943, ils furent libérés par un groupe de policiers résistants appartenant au N.A.P. et reprirent le combat.
En novembre 1943, il tenta de passer en Espagne pour rejoindre les Forces françaises libres en Afrique du Nord mais ne réussit pas à franchir les Pyrénées.
Il revint alors dans la région grenobloise.
Le 9 mars 1944, Jean Bocq et Paul Gariboldy s’emparèrent de 6 millions de francs à la Poste centrale de Grenoble. Leur tête fut alors mise à prix.
Le 24 mars 1944, trahis, Jean Bocq et Paul Gariboldy tombèrent dans un guet-apens alors qu’ils revenaient à Fontaine (Isère) pour cacher leur automobile, une Traction noire immatriculée 1365 HK 5, au garage Achard, avenue Aristide Briand. Une vingtaine de miliciens et de Waffen-SS français, dont Guy Éclache, ayant cerné le garage, une fusillade éclata dès l’arrivée des résistants.
Jean Bocq fut blessé mais Paul Gariboldy détourna l’attention des assaillants et couvrit sa retraite, lui permettant de fuir. Paul Gariboldy le paya de sa vie.
Le 26 mars 1944, avec plusieurs camarades, dont Henri Tarze, dit Bob, ils prirent en chasse une automobile dans laquelle se trouvaient plusieurs officiers allemands.
Il est probable qu’ils voulaient venger la mort de Paul Gariboldy.
Les deux véhicules prirent la route de Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère).
Arrivés dans ce village, les Allemands qui avaient manifestement repéré qu’ils étaient suivis, s’arrêtèrent et ordonnèrent à des soldats qui se trouvaient là de prendre à partie leurs suiveurs.
Deux soldats allemands se postèrent aux fenêtres du deuxième étage de l’hôtel Pollicand et ouvrirent le feu quand la voiture où se trouvaient Jean Bocq et Henri Tarze arriva. Ils ripostèrent mais trois résistants furent atteints.
Jean Bocq, touché au bas-ventre par une rafale de mitraillette, mourut presque immédiatement.
Henri Tarze mourut quelques minutes plus tard dans la voiture qui l’emmenait chez un médecin.
Les corps de Jean Bocq et d’Henri Tarze furent emportés par un groupe de résistants du corps franc de Villard-de-Lans (Isère) et ils furent secrètement inhumés à Méaudre (aujourd’hui, Autrans-Méaudre-en-Vercors, Isère).
C’est dans cette commune que furent établis les actes de décès, après la Libération.
L’enterrement de Jean Bocq au cimetière de La Poya à Fontaine fut suivi par une foule innombrable.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué résistant, membre des Forces françaises combattantes, réseau N.A.P., agent P1 du 1er novembre 1942 au 28 octobre 19143, agent P2 de cette date à sa mort, chargé de mission de 3ème classe, lieutenant des Forces françaises de l’Intérieur.
Il fut décoré de la médaille militaire, de la croix de Guerre et de médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume.
Son nom figure sur le monument aux morts de 1939-1945 de Fontaine, sur le mémorial au maquis de l’Oisans à Livet-et-Gavet (Isère), et sur le monument commémoratif de la Police Nationale au nouveau cimetière de Loyasse à Lyon, Vème arr. (Métropole de Lyon).
Une rue à Grenoble et une à Fontaine portent son nom.


Notice provisoire


Voir : Saint-Nizier-du Moucherotte

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235004, notice BOCQ Jean [Pseudonymes dans le Résistance : Robert Thierry ; Jimmy] par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 2 décembre 2020, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Jean-Luc Marquer

Jean BOCQ
Jean BOCQ
Photo : André Lanvin-Lespiau, Mémorial GenWeb, sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

SOURCES : Arch. dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 406, 421 et 620 — SHD Vincennes, GR 16 P 66256 ; GR 19 P 38/3 — AVCC Caen, AC 21 P 25147 (à consulter) — Le Pionnier du Vercors, n°99, nouvelle série, mai 1999 — Mémoire des hommes — Mémorial GenWeb — Geneanet — http://www.maquisdeloisans.frhttps://www.chemin-de-memoire-parachutistes.org

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