GRAVIER Annet Marie Alphonse

Par Gauthier Langlois

Né le 7 janvier 1808 à Bordeaux (Gironde), propriétaire à La Réole (Gironde), sous-préfet quarante-huitard, proscrit réfugié à Jersey suite au coup d’État du 2 décembre 1851.

Fils d’Antoine Gravier et de Marie-Josèphe Charlotte Lemasson, il avait en partie été élevée par Caroline d’Escures. Il épousa, le 29 mai 1833 à Cadillac (Gironde), Mathilde Élisabeth Caduc, née en 1814 à Bordeaux d’Arnaud Caduc (1763-1841) et de Louise Odissio (1786-1831). Ses beaux-parents, anciens planteurs sur l’île de Saint-Lucie aux Antilles, s’étaient installés comme propriétaires viticulteurs dans le bordelais. C’est lui qui se chargea, en mars 1838, de la vente du Château d’Ories à Ladaux, propriété de ses beaux-parents. Il demeurait alors à Frimont sur la commune de La Réole. Le couple eut trois filles, toutes nées à La Réole : Marie-Caroline en 1835, Rose en 1836, Marie Élisabeth Blanche en 1837.

Dès cette époque il se lia, tout comme son beau-frère l’avocat Armand Caduc, avec les principaux membres du parti démocratique dans la Gironde, dont Ernest Royer. Suite à la révolution de février 1848 il fut nommé, par le gouvernement provisoire, sous-commissaire de la République de son arrondissement et adjoint au maire de sa ville puis confirmé comme sous-préfet le 23 juillet. Adversaire de la politique du prince-président Louis-Napoléon, il devança l’arrêt de sa révocation et en démissionna en avril 1849.

Dans le collimateur des autorités il fut poursuivi pour formation de réunion politique sans autorisation mais bénéficia d’un non lieu. Poursuivi suite au coup d’État du 2 décembre 1851, il réussit, avec son beau-frère, à échapper à l’arrestation. Prenant acte de sa fuite, la commission mixte de la Gironde le condamna à l’expulsion. Sa décision était motivée par le commentaire suivant : « Ancien sous commissaire du Gouvernement provisoire dans l’arrondissement. Homme sans portée, mais auquel sa position de fortune donne une certaine influence qu’il met au service de son parti. Instrument plutôt que chef, il s’est trouvé mêlé à toutes les intrigues dont La Réole a été le théâtre. Il a pris la fuite depuis le 2 décembre avec son beau-frère Caduc, l’un des hommes les plus dangereux du département dont il suit docilement les inspirations. »

Avec son beau-frère il quitta la France et s’installa Guernesey où ils furent rejoint par Ernest Royer. Un mois plus tard tous les trois s’installèrent à Jersey où Alphonse se lia notamment avec le jersiais Philippe Asplet, l’un des principaux soutiens des proscrits dans l’île. Après le départ de son beau-frère pour l’Espagne, en 1853, Alphonse quitta l’île à son tour pour le rejoindre. Avant son départ il fit ses adieux à Philippe Asplet et lui laissa dans son album photo la dédicace suivante : « Souvenir d’un proscrit à Mr Philippe Asplet, Jersey 3 avril 1854 ».

Rentré en France à une date inconnue, il s’installa à Paris comme teneur de livres. Il obtint une pension suite à la loi de réparation de 1881.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235249, notice GRAVIER Annet Marie Alphonse par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 11 décembre 2020, dernière modification le 8 janvier 2021.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Archives nationales, Fb1/I/161/8 Dossier de Gravier, sous-préfet de La Réole. — Maison de Victor Hugo-Hauteville House à Guernesey, Album Philippe Asplet folio 2. — Christiane Lamoussière, Patrick Laharie, « GRAVIER (Annet, Marie, Alphonse) », Le personnel de l’administration préfectorale, 1800-1880 : répertoire nominatif : répertoire territorial et introduction, Paris : Centre historique des Archives nationales, 1998. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Gravier - Alphonse », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — La Gironde, 6 mai 1886. — Consulté en vain : tables décennales décès La Réole.

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