PAROLA Noël [pseudonyme dans la Résistance Maurice Durand]

Par Louis Botella, Jean-Marie Guillon

Né le 27 avril 1913 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; journalier, employé à l’hôpital psychiatrique ; militant communiste.

Fils de Louis Parola et de Marie Roth, marié à Ginette Quemeur le 19 mars 1937, père d’un enfant, Noël Parola occupa divers emplois dans le bâtiment avant guerre. Il était employé par l’hôpital psychiatrique d’Aix-en-Provence lorsqu’il fut arrêté en mars 1941 pour reconstitution du parti communiste avec plusieurs autres militants. En janvier 1937, il était le secrétaire du rayon d’Aix-en-Provence de la Jeunesse communiste. Il dit lors de ses interrogatoires au camp d’internement de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) avoir adhéré à la JC en 1936 et en avoir été le trésorier, mais il se serait s’occupé surtout de l’organisation des fêtes. Membre du syndicat du bâtiment du 1936 à 1939, il dit aussi n’avoir jamais fait grève. Il fut mobilisé du 2 septembre 1939 au 27 juillet 1940. Ayant perdu son emploi, il était employé comme journalier-terrassier sur les chantiers ouverts pour lutter contre le chômage en mars 1941. Pour la police spéciale, il joua un rôle de premier plan dans l’organisation du parti communiste clandestin à Aix, recevant de Marseille les stencils pour le tirage de L’Humanité. C’est lui qui mit le responsable du groupe, Noël Mareschi, en relations avec Jean-Louis Guillaume dit Paul*, le secrétaire régional de la JC. Il fut arrêté le 15 mars 1941 et déféré devant la justice militaire. Le principal inculpé dans cette affaire étant revenu sur ses déclarations et l’ayant mis hors de cause, il fut acquitté par le tribunal militaire de la XVe région en septembre 1941. Le commissaire dirigeant la police spéciale proposa alors son internement administratif le 29 septembre, compte tenu du rôle qu’il lui attribuait. Visé par l’arrêté du préfet régional du 7 octobre suivant, il fut transféré au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Plusieurs interventions eurent lieu en faveur de sa libération, dont celle de Jean Fontenaille, ingénieur au service vicinal des Bouches-du-Rhône, chargé de la circonscription de Peyrolles, qui l’avait employé comme journalier-terrassier en mars 1941 (membre du mouvement Combat, Jean Fontenaille mourra en camp de concentration en Allemagne). Interrogé par le commissaire du camp le 25 juin 1941, il nia avoir appartenu au parti communiste et se déclara en désaccord avec ses positions. Un avis défavorable à sa libération n’en fut pas moins donné. Interrogé à nouveau le 7 mai 1942, il confirma son hostilité au pacte germano-soviétique. Disposé à signer l’acte de loyalisme au pouvoir, il s’engagea à suivre le maréchal Pétain dans sa politique de Révolution nationale Il reçut un avis favorable pour sa libération, mais il n’était toujours pas libéré en janvier 1943. Il fit partie des quelques soixante-dix internés qui s’évadèrent en cours de transfert vers les chantiers de l’organisation Todt de Bayonne (Basses-Pyrénées/Pyrénées-Atlantiques), le 24 mars 1943. Il rejoignit la Résistance communiste (Front national) sous la fausse identité de Maurice Durand.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235329, notice PAROLA Noël [pseudonyme dans la Résistance Maurice Durand] par Louis Botella, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 13 décembre 2020, dernière modification le 12 janvier 2021.

Par Louis Botella, Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône 5 W 205 (dossier d’internement), 76 W 11 et 150 W 115. — Site mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 458695 (à consulter). — Rouge Midi, organe régional du Parti communiste, 12 janvier 1937 (BNF Gallica).

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