GÉRAULD de NOLHAC Aimé Jean Baptiste

Par Gauthier Langlois

Né le 19 décembre 1814 à Pontoise (Oise), mort le 2 avril 1862 à Plainpalais (canton de Genève) ; médecin à Le Donjon (Allier), opposant au Coup d’État du 2 décembre 1851 condamné à mort par contumace, réfugié à Jersey puis à Mexico et enfin à Genève.

Aimé de Nolhac. Photo prise à Mexico vers 1853-1856
Aimé de Nolhac. Photo prise à Mexico vers 1853-1856
(Source : Martine Hédou, Un grand oncle oublié ou ignoré, Aimé de Nolhac, Famille de Nolhac)

Il était fils d’Annet Girauld de Nolhac (1788-1860), receveur des contributions directes et de Marie Court (1791-1868). Suivant les sources il est appelé Gérauld de Nolhac, Giraud de Nolhac ou Girauld de Nolhac, ou simplement de Nolhac.

Il fit des études de médecine à Paris où il soutint sa thèse en 1840, puis revint s’installer au pays. Il y épousa, le 30 août 1840 à Chauriat (Puy-de-Dôme), Catherine Cécile Virginie Giraud, âgée de 19 ans, fille et héritière d’un couple de propriétaires d’Olliergues (Puy-de-Dôme).

Il aurait participé à la révolution de février 1848 puis aurait été un des chefs de l’insurrection du Donjon et de Lapalisse, en décembre 1851 avec Louis Pourçain Gobert, Antoine Auboyer, Gilbert Billard, Dr Joseph Hector Chaumet.

Pour cette raison le général Eynard, commandant l’État de siège de l’Allier, ordonna, le 18 décembre, la séquestration de ses biens et de celles des dix-huit autres inculpés, et fit paraître cet arrêté dans la presse :

« Le général de brigade commandant l’état de siège de l’Allier,
Considérant que les nommés Giraud de Nolhac (Jean) ; Terrier (Claude-Marie-Adolphe) ; Préveraud (Bernard-Honoré) ; Pelassy (Jean-Claude-François) ; Fagot (Benoît), propriétaire ; Gallay (Georges), id. ; Préveraud (Léon), id. ; Préveraud (Jules), id. ; Préveraud (Ernest) ; Terrier (Félix) ; Bonnet (Philibert), ex-agent-voyer ; Bourrachot (François-Marie) ; Raquin (gendre Buisson) ; Treille (Louis), cordonnier ; Blettery (Pierre), boucher, tous demeurant dans le canton du Donjon ; Chomet, médecin à Jalligny ; Meusnier (Alfred), ex-pharmacien à Cheveroches ; Billart (Gilbert), cultivateur, à Saint-Léon ; Auboyer (Antony), propriétaire, au Breuil, ont pris la part la plus active à l’insurrection qui a éclaté dans le département de l’Allier, les 3 et 4 décembre 1851 :
Qu’ils ont dirigé, comme chefs, les pillards du Donjon et les assassins de La Palisse ;
Que l’instruction ne laisse aucun doute à cet égard ;
Arrête :
Art. 1er. — Les biens de tous les inculpés, ci-dessus mentionnés, sont mis sous séquestre.
Art. 2. — Le directeur des Domaines pour le département de Allier, est chargé de l’exécution du présent arrêté.
Moulins, le 18 décembre 1851.
Général AYNARD. »

Le deuxième conseil de guerre de Moulins le condamna à mort par contumace, le 21 mai 1852. La commission mixte de l’Allier justifia cette décision par le commentaire suivant : « Chef politique du canton. Principal chef et démoralisateur du canton par son influence et sa fortune. Commande les bandes qui envahissent La Palisse et assassinent la brigade de gendarmerie. »

Il s’était réfugié à Jersey où il fit, selon le témoignage d’Adèle Hugo fille du poète, la connaissance de Victor Hugo et de sa famille. Mais, sans doute parce que le travail manquait (il y avait pléthore de médecins parmi les proscrits), il partit de l’île en 1853 ou 1854. Selon Adèle Hugo « Il traversa la Suisse, gagna la Belgique, puis s’embarqua pour New-York, mais n’y trouvant pas les ressources nécessaires, il descendit au Mexique. Mais là, d’autres difficultés : il ignorait la langue. Eh bien, en deux mois M. de Nolhac sut l’espagnol, se fit recevoir médecin en chef de l’hôpital et eut bientôt une position magnifique et gagna beaucoup d’argent ». Mais le malheur voulu que Nolhac se trouvait comme médecin en chef de l’hôpital en rapport forcé avec M. Levasseur, président honoraire, autrefois républicain et désormais rallié au bonapartisme. Suite à un duel entre les deux hommes et parce que, selon Amédée Saint-Ferréol, le mal du pays le poussa à se rapprocher de sa patrie, il émigra en Suisse. Il s’y trouvait en 1856, et faisait partie des intimes d’Alphonse Bianchi, résidant alors à Carouge.

Jusqu’à son décès, en 1862, il vivait dans la banlieue de Genève, 526, boulevard des Tranchées à Plainpalais. Selon Amédée Saint-Ferréol il y mourut des suites « d’un cancer de la langue, gardant jusqu’au bout, au milieu des plus cruelles douleurs, son courage comme sa foi politique. » Son acte de décès fut signé par deux de ses amis proscrits, Pierre Malardier et Jean-Baptiste Dupleix.

Son acte de décès précise qu’il était marié à Catherine Giraud. Mais pendant son exil à Jersey il avait noué une relation amoureuse avec une jeune jersiaise, Elizabeth Le Masurier (ou Lemazurier), née vers 1835 à Saint-Hélier. Il l’avait emmené dans son exil américain et celle-ci avait donné naissance, le 17 novembre 1854 à Mexico, à une fille nommée Louise Aimée de Nolhac. Peut-être l’épousa-t-il au Mexique car Élizabeth a porté jusqu’à sa mort le nom de Madame de Nolhac et c’est sous ce nom qu’elle entretenait une correspondance avec sa belle famille. Mais comme on ne trouve aucune trace du décès de sa première épouse, Aimé fut peut-être bigame.

Après la mort de son époux, Elizabeth revint avec sa fille sur sa terre natale. Selon le recensement de 1871, la mère, professeur de français et la fille, gouvernante, vivaient à Saint-Hélier sur l’île de Jersey. Selon les recensements de 1901 et 1911 la mère, toujours professeur de français et la fille, professeur de musique, vivaient à Bedford (Royaume-Uni). C’est là qu’Eliza de Nolhac mourut en 1916. Louise y mourut à son tour, le 3 octobre 1932.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235371, notice GÉRAULD de NOLHAC Aimé Jean Baptiste par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 27 décembre 2020, dernière modification le 27 décembre 2020.

Par Gauthier Langlois

Aimé de Nolhac. Photo prise à Mexico vers 1853-1856
Aimé de Nolhac. Photo prise à Mexico vers 1853-1856
(Source : Martine Hédou, Un grand oncle oublié ou ignoré, Aimé de Nolhac, Famille de Nolhac)
Madame Elisa de Nolhac. Photographie Bertin, Cannon Place, Brighton, vers 1877
Madame Elisa de Nolhac. Photographie Bertin, Cannon Place, Brighton, vers 1877
(Source : Martine Hédou, Un grand oncle oublié ou ignoré, Aimé de Nolhac, Famille de Nolhac)

SOURCES : Bnf, Notice autorité. — Archives du Puy-de-Dôme, Acte de mariage. — Archives de l’État de Genève, Acte de décès. — Amédée Saint-Ferréol, Les proscrits français en Belgique, ou La Belgique contemporaine vue à travers l’exil, Bruxelles, Librairie européenne, 1870, p. 32. — Frances Vernor-Guille, Le journal d’Adèle Hugo, Paris : Lettres modernes-Minard, 1968-2002, 2e volume, 1853, p. 79, 101-105, 196, 491 ; 4e volume, 1855, p. 116, 265, 338. — Martine Hédou, Un grand oncle oublié ou ignoré, Aimé de Nolhac, Famille de Nolhac, consultée le 11 décembre 2020. — Sandrine Février, Généalogie d’Aimé Girauld de Nolhac, Geneanet, consultée le 11 décembre 2020. — Bnf, Fichier Bossu. — La Presse, 24 décembre 1851.— Adolphe Robert, Statistique pour servir à l’histoire du 2 décembre 1851 : Paris et les départements, Paris, à la Librairie de la Renaissance, 1869, p. 32. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Giraud de Nolhac - Aimé Jean Baptiste », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Consulté en vain : naissances et décès à Le Donjon ; naissances, mariages et décès à Jersey 1852-1862 ; décès à Chauriat 1840-1922.

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