LEGROS Jean Célestin

Par Gauthier Langlois

Menuisier en bâtiment à Paris, délégué au comité permanent de la Commission du Luxembourg en 1848, employé au journal Le Conseiller du peuple, proscrit réfugié à Jersey suite au coup d’État du 2 décembre 1851

Tirage au sort des délégués permanents de la Commission du Luxembourg
Tirage au sort des délégués permanents de la Commission du Luxembourg
L’image est fidèle aux descriptions. À la tribune Louis Blanc, écouté dans le calme. Dans les rangs les délégués employés des différentes professions, certains en tenue bourgeoise avec leur haut de forme posé sur la table, d’autres en tenue d’ouvrier avec leur casquette ou béret posé sur la table. Un huissier passe avec une urne pour recueillir les noms des participants qui vont être ensuite tirés au sort.
(Source : L’Illustration, 18 mars 1848)

Les archives des commissions militaires chargées de la répression des opposants au coup d’État du 2 décembre 1851 ne nous indiquent ni l’âge, ni l’origine, ni la situation matrimoniale de Jean Célestin Legros. Celui-ci ne figure pas dans l’État civil parisien conservé et aucune demande de pension n’a été faite en son nom suite à la loi de réparation nationale de 1881. Par conséquent son état-civil n’a pu être précisé.

En 1848 il était menuisier en bâtiment et résidait 5, rue de Bellefond (IIe arr. ancien, IXe arr. actuel).

Il fut l’un des trois délégués élus de sa profession pour participer, au palais du Luxembourg, à la Commission du Luxembourg, présidée par Louis Blanc. Cette commission avait été chargée, par le gouvernement provisoire, de réfléchir et de proposer une nouvelle organisation du travail afin d’améliorer le sort des travailleurs. Lors de la séance du 10 mars il fut choisit par tirage au sort pour être l’un des dix délégués employés au comité permanent de cette commission.

Tirage au sort des délégués permanents de la Commission du Luxembourg
L’image est fidèle aux descriptions. À la tribune Louis Blanc, écouté dans le calme. Dans les rangs les délégués employés des différentes professions, certains en tenue bourgeoise avec leur haut de forme posé sur la table, d’autres en tenue d’ouvrier avec leur casquette ou béret posé sur la table. Un huissier passe avec une urne pour recueillir les noms des participants qui vont être ensuite tirés au sort.
(Source : L’Illustration, 18 mars 1848)

En 1851 il résidait au 15, rue de Montholon dans le quartier du Faubourg-Montmartre (IIe arr. ancien, IXe actuel). Il cumulait son travail de menuisier avec un emploi au journal libéral Le Conseiller du peuple, créé par Lamartine.

Suite au Coup d’État du 2 décembre 1851, il fut condamné, par la Commission de révision de Paris, à « Algérie plus », c’est à dire à la déportation dans un bagne algérien, sur le motif suivant : « Conspirateur actif et dangereux. Connu pour professer des opinions démagogiques fort exaltées. Assistait le 4 décembre à un conciliabule d’où partaient des émissaires. »

Ayant sans doute pris la fuite, il s’exila à Jersey. Il bénéficia, le 8 juin 1853, d’une grâce accordée par le chef de l’État.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235373, notice LEGROS Jean Célestin par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 3 janvier 2021, dernière modification le 3 janvier 2021.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Archives nationales, F/7/*/2592 (liste générale), BB/22/167/1 (dossier de grâce). — Service historique de la Défense, 7 J 26 (dossiers des commissions militaires de Paris). — Annales de la science et du droit commercial et maritime, 1848, p. 102. — L’Illustration, Samedi 18 mars 1848, p. 34. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Legros - Jean Célestin », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Consulté en vain : État-civil Paris 1800-1882.

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