GOSSET Hélène

Par Anne Mathieu

Née le 26 juillet 1879 à Paris, morte le 25 décembre 1963 à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine) ; journaliste, rédactrice à L’Œuvre et collaboratrice à de nombreux périodiques ; féministe ; secrétaire générale de la Ligue des droits de l’enfant ; membre du Comité Mondial des femmes contre la guerre et le fascisme (CMF).

Hélène Gosset se maria en 1901 avec Jacques Vaillant, docteur en médecine, fils d’Edouard Vaillant, député de la Seine.

En 1925-1926, Hélène Gosset fut envoyée spéciale du quotidien Excelsior en URSS, où le VOKS supervisa son accueil. Lors du premier reportage qu’elle publia le 6 mars 1926, « Ce qu’une Française a vu en Russie », le chapô indiquait qu’elle « v[enait] de passer cinq mois en Russie, où elle a[avait] étudié plus particulièrement la condition des femmes et des enfants, l’instruction publique et la vie chez soi. » Parallèlement elle publia dans La Dépêche de l’Aube un reportage « Ce qu’une femme de la bourgeoisie a vu en Russie ». De retour en France, elle dispensa des conférences, notamment une le 27 mars 1926, sur « Le travail des femmes et l’éducation des enfants en Russie soviétique » au Collège libre des Sciences sociales, 28, rue Serpente à Paris. Le 7 juin, elle participa à un débat organisé par le Club du Faubourg sur « France et Russie », où figuraient également Francis Delaisi et Darius Milhaud.
Son séjour en Russie donna lieu à d’autres collaborations. En juillet 1926, elle publia dans Le Siècle une série de reportages intitulée « Une française en Russie », dans laquelle elle raconta notamment ses entrevues avec Léon Trotsky ou la femme et la sœur de Lénine. Ce même mois de juillet, elle livra une série « Le théâtre en Russie » dans Cœmedia. Le 22, l’Humanité lui consacra un article « Encore une réplique à Henri Béraud ! – Une femme de la bourgeoisie rentrant de Moscou nous dit quelle est la vie des ouvrières en URSS ». En août, on retrouve sa signature dans Evolution pour « La vie des enfants en Russie soviétique » – périodique auquel elle collabora à d’autres reprises. En octobre, elle publia un nouveau reportage surtitré « Dans la Russie rouge », dans La Dépêche.
Son expérience soviétique semble avoir inauguré son intervention sur le poste de radio, en l’occurrence Radio Tour-Eifel, sur laquelle le 10 septembre 1926, elle relata « l’aspect des rues de Moscou ».
Elle continua à participer aux débats du Club du Faubourg avec par exemple une conférence en octobre 1926 sur « Les femmes en Russie » ou en janvier 1927, sur « Ce que j’ai vu en Russie. Comment les femmes sont traitées ». Elle y participa également à des débats, en mars 1927 sur l’armée rouge, en avril sur la Russie et l’amour, en octobre 1927 sur « Dix ans après. La révolution russe devant l’opinion. Quelle doit être l’attitude de la France à l’égard de la République des Soviets ? »
Entre-temps, en août 1927, elle avait collaboré à La Lumière, avec un article « Une affreuse tragédie : il y a près de 500.000 enfants abandonnés en Russie soviétique ».
En 1929, elle publia un essai intitulé Nitchevo ! L’amour en Russie soviétique, et donna des conférences ou participa à des débats à cette occasion, notamment au Club du Faubourg. En quelques années, Hélène Gosset s’était donc imposée, dans le paysage intellectuel et culturel de l’époque, comme une journaliste spécialiste de l’URSS.

Mais ce ne fut pas le seul sujet sur lequel elle imprima sa marque. Dans ses conférences et ses articles sur la Russie se dessine une volonté de traiter de la question des femmes, laquelle se révéla une de ses préoccupations majeures des années à venir.
Une préoccupation empreinte de multiples aspects ainsi qu’en témoigne sa collaboration en décembre 1927, à La Femme de France, avec un article « La palette d’une brodeuse ». Elle devait collaborer à ce périodique de façon aléatoire les années postérieures. Ainsi qu’en témoigne, également, sa participation à une « association de gastronomes féminins, sous le titre de la Belle Perdrix, […], une réplique à l’égoïsme de certains clubs où les femmes ne sont point admises » (Le Figaro, 20 janvier 1928), créée en janvier 1928 par Maria Croci. Le premier dîner réunit Gabrielle Reval, Edmée Chérau, Lucie Paul-Margueritte, Eve Paul-Margueritte, Hélène Gosset, Yvonne Lenoir, Anna Levertin. Comœdia publia en mars la liste des premières adhérentes de l’association : outre les noms ci-avant cités, le journal mentionna : Huguette Garnier, Marion Gilbert, Lydie Henri-Lacaze, Yvonne Lenoir, Lucie Delarue-Mardrus, Matza Daffis de Mirecourt, Marcelle Tinayre (fille de Victoire Tinayre, Andrée Viollis (Comœdia, 23 mars 1928). Une association où Hélène Gosset poussait même la chansonnette lors de ses dîners, relayés par la presse (Paris-Soir, 6 janvier 1929, 17 mars 1929). Les « belles perdrix » créèrent par la suite un prix littéraire, dit « Prix des Muses ».
Cette préoccupation pour la cause féminine devait s’illustrer ultérieurement à L’Œuvre dont elle intégra la rédaction (Cf. infra).

En 1930, le Comité d’Entr’aide aux femmes de professions libérales, lors de la distribution de ses trois prix annuels, attribua, en plus de ceux-ci, une médaille à Hélène Gosset pour son « talent » (Le Petit journal, 21 décembre 1930).

La question politique en général l’intéressait aussi vivement, on l’aura compris, et on la retrouva à Rome, en juin 1931 pour Le Petit journal, pour interviewer Mussolini : « Ce que le Duce pense des femmes italiennes et françaises ».
En décembre 1931, elle inaugura sa collaboration à L’Œuvre, avec une série intitulée « Misère » et un portrait de Gandhi à Paris. Elle y devint rédactrice. Reportrice, elle livra par exemple une série sur « La jeunesse frelatée » (mars 1932), ou sur « L’enfance dévoyée » (mai 1932) ou sur « Les stupéfiants fléaux modernes » (juin-juillet 1932). Elle se rendit en Tchécoslovaquie, à Brno, fin septembre-début octobre 1932, pour couvrir le cinquième congrès international de la Ligue mondiale pour la réforme sexuelle, où elle assista notamment au discours de [Bertie ]Albrecht->9821. Intervieweuse, elle rapporta les propos de diverses personnalités, dont par exemple Thomas Mann (20 février 1933) ou Karin Michaelis (1er juillet 1935) venue à Paris pour le Congrès International des écrivains pour la défense de la culture.

Sa préoccupation pour la question féminine trouva un tangible infléchissement dans L’Œuvre, où, à partir du second semestre 1933, elle tint une rubrique « Femmes d’ailleurs ». Elle y publia par exemple un article sur la députée (alors) socialiste Margarita Nelken (2 janvier 1935). Elle collabora aussi à la page « L’Œuvre des femmes », y livrant par exemple un article « L’œuvre des femmes françaises au Maroc » (23 septembre 1933). Cette page devint ensuite « L’Œuvre féministe », avec notamment une rubrique « Les femmes au travail » à laquelle elle collabora assidûment (en fut-elle responsable ?). Elle y livra par exemple un article sur l’École des Chartes, assorti d’une photo d’Édith Thomas par Roger Parry (2 mai 1934) ou sur la librairie et l’édition, assorti de deux photos dont l’une d’Adrienne Monnier (16 mai 1934) ; sur les surintendantes d’usine (19 décembre 1934) ou sur Sonja Branting-Westerstahl, fille du leader socialiste suédois Branting (5 mai 1935) ; sur Irène Joliot-Curie (21 août 1935).
En novembre 1933, elle obtint des voix lors du vote pour l’attribution du Prix Albert-Londres, décerné cette année-là à Émile Condroyer.

Le 20 juin 1933, elle publia en première page de L’Œuvre une lettre-ouverte aux jurés ayant condamné l’assassin d’un petit enfant du nom de Nys – en l’occurrence sa propre mère – à cinq ans de réclusion, « au nom de mères de famille et de femmes, révoltées par la trop infime condamnation […] ». Cette lettre-ouverte attestait d’un intérêt pour l’enfance, qui se traduisit par un engagement qui la fit lier journalisme et militantisme. Car le 16 septembre 1934, en première page de L’Œuvre fut annoncée la création d’une Ligue des droits de l’enfant par le quotidien, les envois étant à effectuer au nom d’Hélène Gosset qui en était la secrétaire générale.
À partir de cette date, et avec une accentuation remarquable au fil des mois, le quotidien accueillit un nombre important d’articles émanant de cette Ligue et signés par Gosset. Elle y traita avec récurrence des « châtiments corporels pour les bourreaux d’enfants » (16 juin 1935) et aussi des « bagnes d’enfants » (29 avril 1935). En juin 1936, eut lieu le premier congrès national sur l’enfance délinquante et sur les bagnes d’enfants, organisé sur l’initiative du Comité de lutte contre les bagnes d’enfants. Sarah Weill-Raynal présida la première séance. Hélène Gosset, en tant que secrétaire générale de la Ligue des droits de l’enfant, y relata sa visite à la colonie de Belle-Île, sur laquelle elle avait publié un reportage dans L’Œuvre en mai 1936. Avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Front populaire, les actions de la Ligue des droits de l’enfant se firent plus pressantes. Le 30 août 1936 dans le même quotidien, elle écrivit une Lettre-ouverte au ministre de la justice ; le 29 septembre 1936, un message intitulé « La Ligue des droits de l’enfant en appelle à la SDN » (paru aussi dans L’Éveil des peuples, le 4 octobre 1936). En novembre 1936, la fédération Ciné-Liberté créa une section spéciale consacrée au cinéma et l’enfance, dirigée par Léone Bourdet, Marie Lahy-Holebecque, Hélène Gosset, Jean Painlevé, André Malraux et Henri Wallon. Le 20 juin 1936, elle avait d’ailleurs publié dans Ciné-Liberté un article intitulé « L’enfance et le cinéma ».

Elle retourna en URSS, cette fois-ci comme envoyée spéciale de L’Œuvre, de novembre 1934 à janvier 1935. Signalons notamment son reportage « Au pays du féminisme réalisé – Le mariage en sept minutes et le divorce instantané » (9 janvier 1935). Ses reportages continuèrent d’être publiés jusqu’en août. À son retour, elle donna des conférences, notamment au Foyer-guide féminin boulevard-Montmartre, le 7 février 1935, sur la « Russie d’aujourd’hui », ou sur « La femme et l’enfant » en mars 1935 dans le cadre de l’association des Amis de l’URSS (AUS) de laquelle elle semble s’être alors rapprochée. Elle intervint d’ailleurs lors des Journées d’amitié franco-soviétiques organisées par cette association le 9 juin 1935.
Un rapprochement qui se traduisit aussi par sa proximité avec le parti communiste. Elle cotisa par exemple pour l’organisation des obsèques d’Henri Barbusse (l’Humanité, 7 septembre 1935). Elle participa à la célébration des soixante-dix ans de Romain Rollan, le 31 janvier 1936 à la Mutualité, où elle fut parmi les intellectuels figurant sur l’estrade, la célébration étant présidée par André Gide, assisté de Louis Aragon et d’André Malraux. Elle figura parmi les présidents de séance du congrès de la fédération parisienne des AUS les 28 et 29 mars 1937. Elle participa à la commémoration de l’anniversaire de la mort de Lénine, organisée par l’AUS le 21 janvier 1938. Elle faisait partie des personnalités ayant présidé l’événement, aux côtés par exemple de Jean Bruhat, Gabrielle Duchêne, Francis Jourdain, Pierre Scize, Andrée Viollis ou Jean Zyromski (l’Humanité, 22 janvier 1938).

Le conflit italo-éthiopien fut l’un de ses premiers engagements politiques publiques. Au nom de la Ligue des enfants, elle publia dans L’Œuvre du 9 octobre 1935 une lettre-ouverte à Mussolini pour le « supplie[r] » de « sursoir au massacre » généré par l’agression italienne contre l’Ethiopie (publiée aussi dans L’Eveil des peuples). C’est aussi ce sujet de l’enfance qui fut à l’origine de ses conférences sur le conflit italo-éthiopien : « Pitié pour les enfants éthiopiens ! », le 19 octobre au Club du Faubourg ; « La détresse des enfants éthiopiens », le 22 à la Ligue des Droits de l’Homme.
Entre-temps, le 9 octobre, elle avait pris la parole à un meeting du Comité Mondial des femmes contre la guerre et le fascisme (CMF) pour la « Défense de la paix ». Le meeting se tint sous la présidence de Victor Basch, et, parmi les intervenants, aux côtés d’Hélène Gosset, citons Bernadette Cattanéo, Gabrielle Duchêne, Jean Nocher, Mireille Osmin, Maria Rabaté ou Marc Sangnier.
En tant que journaliste de L’Œuvre, elle intervint le 19 octobre 1935 à un débat organisé par le Club du Faubourg, autour d’un témoignage de Marcel Griaule, « Comment Mussolini s’est servi de mon témoignage. La vérité sur la guerre en Ethiopie » et se joignit à un referendum du Petit journal « Pour la neutralité absolue, pour des mesures de pression ou des sanctions économiques. Pour les sanctions militaires ? » Elle participait aussi au Comité d’initiative d’assistance aux victimes innocentes de l’invasion fasciste en Éthiopie.

L’année 1935 fut également le moment où sa préoccupation pour la question des femmes s’accentua sensiblement. Elle couvrit en février 1935 le Congrès d’études de l’Avenir français, organisé par l’Union nationale pour le vote des femmes. « Jamais autant qu’en ce moment le féminisme n’a été à l’ordre du jour, mais autant qu’au cours de ces dernières semaines les pouvoirs publics n’ont envisagé avec un maximum d’attention la question du vote féminin, mesure qui en demeure la consécration officielle », écrivit-elle dans un article de la page de « L’Œuvre féministe » le 13 février 1935.
L’avènement du Rassemblement populaire, puis l’arrivée au pouvoir du Front populaire la vit s’engager plus avant sur la question des femmes – comme sur celle des enfants. Elle participa fin mai 1936 à un débat intitulé « Tour d’horizon féministe » au Club George Sand. En outre, le 29 mai 1936, en tant que présidente de la Ligue des droits de l’enfant, elle fit partie de la délégation des femmes du Rassemblement populaire reçue par Léon Blum. Cette délégation demanda à ce dernier de « faire aboutir leurs revendications essentielles, notamment le vote des femmes, et […] son appui pour obtenir l’égalité des droits civils et politiques, le droit au travail et la constitution d’un comité consultatif des femmes ayant droit de regard sur les projets intéressant et le ministère du Travail et le ministère de la Santé Publique » (Le Petit journal, 30 mai 1936). Elle figura parmi les signataires de l’« Appel aux femmes françaises » dans l’Humanité du 5 juin 1936, aux côtés notamment de Gabrielle Duchêne, Magdeleine Pazou Andrée Viollis. Elle rendit hommage à Marguerite Durand, dans le cadre d’un article « Femmes du front populaire » le 11 juin 1936 dans L’Œuvre. Elle défila lors du 14 juillet 1936, dans le cortège du Comité Mondial des Femmes (CMF), derrière une pancarte « Les femmes veulent voter ».

Membre du CMF, son engagement bénéficia d’un tournant antifasciste dans le second mitan de la décennie 1930, déjà amorcé avec le conflit italo-éthiopien.
Elle fit partie de la délégation du CMF reçue à l’Ambassade d’Allemagne en décembre 1935 pour protester contre l’exécution de Rudolf Klaus, délégation qui s’insurgea également de l’emprisonnement d’Ernst Thaelmann ainsi que de l’emprisonnement de la veuve de Klaus. Elle fit aussi partie de la délégation reçue à la légation de Roumanie en janvier 1936 sur le cas d’Anna Pauker. Autre délégation dont elle fit partie, en octobre 1936 à l’Ambassade du Brésil, « pour sauver la femme de Carlos Prestes », activité de ce comité à laquelle elle continua de prendre part ensuite. Le 16 novembre 1936, elle interviewa dans L’Œuvre la veuve d’Edgar André.

En novembre 1936, l’Association française pour la défense des animaux lui décerna une médaille de vermeil. Elle se préoccupait en effet souvent dans L’Œuvrede la condition animale, depuis les débuts de sa collaboration au journal (citons notamment « Ne "perdez" pas les animaux », L’Œuvre, 25 février 1935).

La fin de la décennie la vit occuper par les mêmes préoccupations que précédemment.
Elle participa en janvier 1937 à la première réunion de la Commission de défense de l’enfance malheureuse, commission extra-ministérielle sous la présidence de Henri Sellier, ministre de la Santé publique et de Suzanne Lacorre, sous-secrétaire d’état à la protection de l’enfance. Le CMF étudia la question des bagnes d’enfants, lors d’une réunion le 3 mai 1937 où elle s’exprima. Le 26 mai 1937, elle donna une conférence sur « Les bagnes d’enfants » au 28, rue Serpente.
À partir du 15 mai 1937, elle tint une chronique mensuelle dans La Femme de France sur les réalisations des clubs de ce journal, s’étant fixé pour but d’adopter respectivement un ou une filleule, « enfant orphelin ou d’une famille extrêmement misérable » et qui recevait chaque mois « un colis composé d’aliments de première nécessité, d’une valeur de cinquante francs » (La Femme de France, 15 mai 1937).
Elle devint rapporteure au Conseil supérieur de l’enfance, dont la séance inaugurale eut lieu le 10 novembre 1937 (L’Œuvre, 11 novembre 1937). Elle fut nommée Chevalier de la Légion d’honneur en janvier 1938 (L’Œuvre, 26 janvier 1938).
Sa préoccupation pour la question des femmes s’illustra toujours, par la continuation de sa collaboration à Femmes, où elle s’occupa de « La littérature » en 1938 après s’être occupée des « lectures ».
Elle tint une « Chronique de la vie féminine » sur Radio Tour-Eiffel le 15 juin 1937, et une « Chronique féminine » sur Radio-Paris le 2 juillet 1937.

Une nouvelle préoccupation s’invita à son ordre du jour : celle de la guerre d’Espagne. Le 6 septembre 1936, elle publia un article dans L’Œuvre où elle s’interrogeait sur les capacités des femmes françaises à se battre comme les femmes espagnoles pour un monde meilleur. Le 29 septembre 1936, la secrétaire générale de la Ligue des droits de l’enfant en « appel[a] » à la SDN sur le sort des enfants espagnols dans une Espagne déchirée par la guerre ; appel renouvelé en novembre, mais d’une tout autre teneur, car adressé au « Chef de la chrétienté ». Ce même mois, elle participa à un meeting du CMF pour « protester contre le bombardement de Madrid et le massacre de la population civile ». Elle réalisa un reportage sur les enfants réfugiés à Compiègne, le 24 février 1937 dans L’Œuvre, écrivit un hommage à Gerda Taro le 28 juillet, et interviewa Margarita Nelken le 2 septembre. Elle se rendit en Espagne à la fin 1937, ainsi que l’indiqua un reportage de sa plume en novembre 1937 dans Femmes, où elle écrivit en « rev[enir] ». Le 9 juin 1938, elle prononça une conférence au CMF du IXe arrondissement de Paris : « Ce que j’ai vu en Espagne ».

En 1938, son engagement militant témoigna de la « montée des périls ». Elle parla de « Geneviève Masaryk et de l’action sociale en Tchécoslovaquie » sur Radio-Paris le 4 février 1938. Le 9 février 1938, elle participa à une réunion publique pour protester contre l’emprisonnement de Liselotte Hermann, condamnée à mort. Cette réunion publique se tint à l’occasion de l’exposition « Cinq années de régime hitlérien » 10, rue de Lancry à Paris et elle y prit la parole en tant que présidente de la Ligue des droits de l’enfant. Le 13 avril 1938 parut dans Ce soir une déclaration issue de la réunion d’une centaine d’intellectuels à la Mutualité à l’initiative de Jean-Richard Bloch, Paul Langevin, Marcel Prenant et Henri Wallon, déclaration qui s’inquiétait de la « sauvegarde de la France » et de celle de la « paix » : son nom figurait parmi les signataires.

La fin du front populaire n’interrompit pas ses engagements, et on la vit prononcer une conférence à la Maison des Spirites le 10 novembre 1938 : « La Correspondance Scolaire Internationale comme moyen de fraternité humaine ». Le 8 mars 1939, elle prit la parole lors d’un meeting de solidarité avec le peuple espagnol, organisé par le CMF du 15e arrondissement de Paris. Le 17 mars 1939, elle fit une conférence à la Mutualité, intitulée « Juventute. Correspondance scolaire internationale ». Enfin, signalons que le Secours populaire organisa début juin 1939 une grande journée nationale de solidarité en faveur de l’enfance malheureuse, sous le haut-patronage de plusieurs personnalités, dont Hélène Gosset, Georges Pitard, Edith Thomas, Maria Rabaté ou Henri Wallo.

Après la déclaration de guerre, elle continua à collaborer à L’Œuvre, s’en servant encore comme une tribune, par exemple le 23 septembre 1939, où la Ligue des droits de l’enfant y lança un appel à confectionner des lainages pour les soldats et aussi pour les enfants isolés.
Entre décembre 1939 et avril 1940, elle prononça des conférences au Club du Faubourg sur des ouvrages récemment parus.

Son nom figura parmi les signataires du « Manifeste des écrivains français » paru dans le numéro des Lettres françaises du 9 septembre 1944, le premier numéro non clandestin de ce journal.
Cette participation au CNE explique probablement sa fréquentation des réseaux communistes après la Libération, qu’elle connaissait déjà bien avant la guerre. Le 21 août 1946 eut lieu une conférence de la paix organisée par le Comité de la Fédération démocratique internationale des femmes, où elle prit la parole (l’Humanité, 22 août 1946). Elle collabora à Ce soir à partir de 1947. Elle donna des conférences à la Maison de la Pensée, dans le cadre des samedis du cercle de Paris. Le 30 octobre 1948, elle y parla de « L’éveil des aspirations féminines et les conquêtes réalisées ». Son engagement féministe n’avait donc pas faibli.
Elle était membre de l’association des Amis de la Commune, pour laquelle elle prit notamment la parole le 29 janvier 1949 lors de la cérémonie annuelle en l’honneur de Louise Michel et de Théophile Ferré au cimetière de Levallois. Elle collabora au numéro spécial de la revue Europe sur la Commune, en avril 1951.
Elle adapta plusieurs textes pour la radio, dont Histoire d’un crime de Victor Hugo, adaptation jouée par la compagnie Art et Travail (Ce soir, 9 mai 1952).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235388, notice GOSSET Hélène par Anne Mathieu, version mise en ligne le 9 janvier 2021, dernière modification le 9 janvier 2021.

Par Anne Mathieu

OEUVRE : Nitchevo ! L’amour en Russie soviétique, Paris, éditions de la « Revue mondiale », 1929
Sauvez Liselotte Hermann !, Paris, éditions universelles, 1938
« L’envoûtée : évocation radiophonique de la vie d’Isabelle Eberhardt », en 11 épisodes, Radiodiffusion française [ca 1956]

SOURCES : Journaux cités dans la biographie. — Anne Mathieu, « Ménagères et militantes. Les Femmes dans l’action mondiale », La Revue des revues, n° 64, « Femmes en revue », automne 2020, pp. 66. — Sophie Coeuré, La grande lueur à l’Est, Paris, Seuil, 1999, p. 63 ; 83

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