BARSE Noëlly, Marceline, Anna [épouse CHASSAIGNE]

Par Eric Panthou

Née le 21 décembre 1922 à Saint-Angel (Puy-de-Dôme), morte le 28 décembre 2004 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; ouvrière textile ; militante communiste, membre de l’Union des Jeunes filles de France (UJFF) ; emprisonnée, internée.

Fille d’Élie, ouvrier Michelin et de Germaine, née Conchon, ouvrière d’usine, Noëlly Barses était célibataire et ouvrière à l’usine d’habillement Conchon-Quinette à Clermont-Ferrand. Elle habitait chez ses parents 82 Allée Traversière, cité Michelin de Loradou à Clermont-Ferrand. Emprisonnée à la Maison d’arrêt de Clermont-Ferrand, le préfet décida le 10 mars 1943 qu’à la suite de son emprisonnement elle devra rejoindre le centre de séjour surveillé de Brens (Tarn).
On lui reproche d’avoir été anciennement secrétaire du groupement Jeunes filles de France, section d’Aubière (Puy-de-Dôme) appartenant à la 3ème Internationale, d’avoir tenter de constituer un groupement de femmes sur le plan de l’organisation illégale du Parti communiste et d’avoir hébergé deux agents du Parti venus à Clermont-Ferrand pour y poursuivre une action clandestine.
Elle reconnut que c’est à l’initiative d’Émile Finck qu’elle avait accepté en 1940 de poursuivre son activité illégale en essayant de rallier quelques anciennes camarades qui avaient milité avec elles au parti communiste. Elle accepta et contacta les deux sœurs Cuoq dont le père et le fils furent bientôt arrêtés.
Elle a reconnu avoir hébergé deux hommes en 1940-1941 et d’avoir caché des documents grâce à son jeune frère en 1942. Elle a alors été inculpée de menées communistes. Sa mère fut également mise en cause dans cette enquête qui estime que cette activité communiste s’est réalisée sur un plan restreint.
Lors de la perquisition chez elle, on trouva plusieurs brochures communistes datant d’avant septembre 1939 et une feuille manuscrite avec divers noms. C’est son père, prisonnier de guerre en Allemagne, qui aurait caché ces brochures avant son départ aux armées. C’est un jeune dénommé "Pierre" qui lui aurait demandé fin 1940 ou début 1941 de reconstituer un groupe de jeunes filles, ce dernier étant hébergé par la famille Barse. N’ayant pas réussi à regrouper d’anciennes camarades, y compris les filles Cuoq, elle demanda qu’on lui donne une nouvelle tâche mais "Pierre" dut alors quitter Clermont-Ferrand et poursuivre son action clandestine ailleurs. Une certaine Éliane fut également hébergée par la famille, militante clandestine. Noëlly Barse fut écrouée à la suite de ces révélations et de l’enquête tandis que sa mère, considérée comme complice, fut laissée en liberté compte-tenu de sa situation de femme seule au foyer.
Elle fut condamnée à un an de prison et 100 francs d’amende le 10 septembre 1943 par la section spéciale pour menée communiste et fut transférée à l’issue de sa peine, le 26 février 1944, sur le camp de Brens. Un premier avis du Commissaire de Police le 8 mars 1944 se prononça contre sa libération. Le 23 mars 1944, le chef du secrétariat social de la Maison du prisonnier du Puy-de-Dôme sollicita sa mise en liberté auprès de l’Intendant régional de Police. Le 8 mai 1944, le commissaire de la Sûreté estima qu’on pouvait la libérer moyennant une assignation à résidence. Le 12 juin 1944, la libération de la jeune Barse n’était toujours pas effective.
Elle se maria le 18 août 1947 avec Henri Jean Chassaigne. Le couple eut un fils et une fille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235565, notice BARSE Noëlly, Marceline, Anna [épouse CHASSAIGNE] par Eric Panthou, version mise en ligne le 13 décembre 2020, dernière modification le 14 décembre 2020.

Par Eric Panthou

SOURCES : Arch. Dép. du Puy-de-Dôme, 900 W 84. dossier d’internement de Noëlly Barse. — Arch. Dép. du Puy-de-Dôme, 1296W80 commission rogatoire à l’encontre de Noèlie Barse, 7 mars 1943. — Filae.

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