GOJON Jean, Joseph

Par Jean-Luc Marquer

Né le 16 octobre 1913 à Lhuis (Ain), tué à La Folatière (aujourd’hui, Le-Pont-de-Beauvoisin, Isère) ; gendarme ; résistant de l’Armée secrète, homologué Forces françaises de l’intérieur et interné résistant (D.I.R.)

Jean GOJON
Jean GOJON
Photo : Dominique Le Dortz, Mémorial GenWeb, sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

Jean, Joseph Gojon était le fils de Louis, Joseph et de Marie, Louise Tétaz.
Il épousa Marthe Druet.
Il était gendarme et, en 1944, était affecté à la brigade de Gendarmerie de La-Tour-du-Pin (Isère).
Le 11 juin 1944 à 5h30, les militaires de la brigade de gendarmerie de La-Tour-du-Pin, sous les ordres de l’Adjudant Lucien Combet, quittèrent l’unité à bord d’un fourgon pour rejoindre une formation de l’AS Isère, secteur Chartreuse, à laquelle ils allaient apporter leur expérience. Ils devaient s’installer dans une grange à La Folatière, commune du Pont-de-Beauvoisin (Isère).
À 7h00, alors qu’ils étaient occupés à aménager le cantonnement, des hommes de la Feldgendarmerie de Bourgoin (Isère) firent irruption dans la bâtisse et ouvrirent immédiatement le feu avec des armes automatiques, tuant neuf hommes, dont sept gendarmes, l’adjudant Combet, le maréchal des logis-chef René Arnaud, les gendarmes Maurice Bernard, Marcel Castex, André Defaix, Jean Gojon, Victor Pagès et deux autres résistants, Marcel Carré-Pierrat et Jean-Louis Salavin, qui se trouvaient sur place.
Les gendarmes Bon (blessé à une main) et Fournier parvinrent à s’enfuir ainsi que trois patriotes. Les gendarmes Chaboudet et Genevey étaient absents (corvée de paille dans une ferme).
Les gendarmes avaient été manifestement trahis car les Allemands furent alertés en temps réel du départ des militaires. A La Folatière, ils se rendirent directement vers la ferme isolée dans les bois. Cyniquement, les tueurs passèrent à la brigade de La-Tour-du-Pin où ils demandèrent des nouvelles de ceux qu’ils venaient de tuer aux épouses qui ignoraient tout des faits. Les gendarmes présents, Baures, Constant, Marteau (Brigade de Virieu-sur-Bourbre, Isère) et Sarda, Marchi et Balfin (brigade de Bourgoin, Isère) furent arrêtés et conduits à la prison du fort Montluc à Lyon (Rhône).
Le 13 juin 1944, malgré la réticence des certains fonctionnaires collaborateurs et l’interdiction d’avis de décès dans la presse, de très nombreux habitants assistèrent aux obsèques.
Jean Gojon obtint la mention "Mort pour la France", fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur, et interné résistant (D.I.R.).
Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume.
Son nom figure sur le monument commémoratif érigé au hameau de Reculfort au Pont-de-Beauvoisin, sur les monuments aux morts de Lhuis (Ain) et de Groslée-Saint-Benoit (Ain), sur la plaque commémorative apposée dans l’église de Saint-Benoit à Groslée-Sant-Benoit et sur la stèle commémorative de la 8e Légion de Gendarmerie à Morestel (Isère) avec cette inscription : "A la mémoire des Gendarmes de la 8e Légion ter lâchement assassinés par les Allemands et la milice".
En 1982, la 64e promotion de la Gendarmerie de Montluçon a choisi le nom de la Tour-du-Pin.


Voir : La Folatière, 11 juin 1944


Notice provisoire

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235667, notice GOJON Jean, Joseph par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 16 décembre 2020, dernière modification le 18 avril 2021.

Par Jean-Luc Marquer

Jean GOJON
Jean GOJON
Photo : Dominique Le Dortz, Mémorial GenWeb, sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 261662 (à consulter) ; GR 19 P 38/7— AVCC Caen, AC 21 P 195677 et AC 21 P 616766 (à consulter) — Mémoire des hommes — Mémorial GenWeb

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