DUTRAIT Gustave, Jules, Alphonse

Par Alain Dalançon

Né le 19 décembre 1885 à Aiguebelle (Savoie), mort le 8 avril 1973 à Chambéry (Savoie) ; professeur de lettres ; secrétaire du Syndicat national des professeurs de collège, secrétaire de la section académique de Grenoble du SPES (1937-1940) puis du SNES (1945-1946).

Fils d ’Eugène, juge de paix devenu sous-préfet républicain, et de Julie Fantin, Gustave Dutrait fit ses études secondaires au lycée de garçons de Chambéry. Licencié en droit et licencié ès lettres, réformé en 1914, il devint professeur de lettres classiques au lycée de Mende (Lozère), au collège de Bonneville (Haute-Savoie), au collège François Ponsard de Vienne (Isère), où il effectua sa carrière de 1922 jusqu’en 1948 et où il laissa l’empreinte de son enseignement sur plusieurs générations d’élèves.

Dans les années 1930, Gustave Dutrait était secrétaire du Syndicat national des professeurs de collège qui fusionna dans le Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire, affilié à la Fédération générale de l’enseignement-CGT, à la fin 1937. Très populaire parmi les professeurs de collège, il fut un des deux élus du tout nouveau syndicat au Comité consultatif du second degré en 1937. À ce titre il fut un des rares syndicalistes à pouvoir défendre dans une instance officielle les intérêts de tous les personnels du second degré, ce dont il rendait compte dans L’Université syndicaliste et dans les instances syndicales avec beaucoup de vigueur. Il était également secrétaire de la section académique (S2) de Grenoble du SPES et membre suppléant de la commission exécutive nationale en 1939.

Gustave Dutrait manifesta son hostilité au Régime de Vichy. À la Libération, il fut un des principaux reconstructeurs du syndicalisme dans l’académie de Grenoble. Secrétaire de la section académique du nouveau Syndicat national de l’enseignement secondaire affilié à la FGE-CGT, il siégea à la commission exécutive nationale jusqu’à sa prise de retraite en 1948. Cette dernière année, il fut élu sur la liste des partisans du passage à la CGT-Force Ouvrière. En raison de sa popularité, il fut présenté et élu aux premières élections à la commission administrative nationale des certifiés en 1948.

D’opinion progressiste, Gustave Dutrait n’eut jamais d’affiliation politique et milita dans les années 1950 dans le mouvement « Citoyens du Monde ».

Il épousa en décembre 1919 à Chambéry Marie Paccard, professeur de chant. Le couple eut un fils, Jean, né en 1922, professeur, poète, un des principaux artisans de la naissance de la maison de la Culture de Chambéry, qui épousa une ancienne élève de son père également professeur, Henriette Dutrait, secrétaire de la section départementale du SNES de Savoie au début des années 1970.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23567, notice DUTRAIT Gustave, Jules, Alphonse par Alain Dalançon, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 30 décembre 2018.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. IRHSES (SPES, SNES, L’Univrsité syndicaliste). — Renseignements fournis par son fils. — Etat civil en ligne Arch. Dép. Savoie.

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