DUTRIAUX Marius, Laurent

Par Jean-Pierre Besse

Né le 5 février 1916 à Beauvais (Oise), exécuté le 1er février 1944 à Rougemontiers (Eure) ; ouvrier ; militant communiste et syndicaliste de l’Oise ; résistant dans le Calvados ; membre du triangle de direction du PC (été 1943-janvier 1944).

Marius Cocquerelle naquit à Beauvais. Ses parents Albert, Georges Cocquerel, journalier, et Léonce, Arthémise Merlette son épouse, journalière, étaient domiciliés à Coivrel (Oise). Le "père" obtint par jugement le 28 août 1917 que Marius ne soit plus reconnu comme son fils et qu’il ne porte plus son nom. Marius Merlette vivait en 1921, avec sa mère, à Coivrel chez ses grands parents, journaliers. Il fut reconnu par la mariage de sa mère le 31 mai 1921 à Coivrel avec Jules Emile Dutriaux, ouvrier grainetier à Maignelay (Oise).
Installé à Tricot (Oise), Marius Dutriaux était ouvrier agricole. Il adhéra au Parti communiste en 1936 et en fut l’un des dirigeants de la région de Maignelay. Il anima les grèves des ouvriers agricoles en 1937-1938. Le 10 juin 1938, il réussit à mettre en grève 109 ouvriers agricoles (dont 34 étrangers) employés dans les quatre fermes de Tricot mais les agriculteurs firent appel à de la main-d’œuvre extérieure et le 29 juin la grève prenait fin avec le licenciement de 54 des grévistes dont Marius Dutriaux.

Il s’installa alors à La Croix-Saint-Ouen où il travailla dans les différentes usines de bois de la commune. Il aurait travaillé chez Huygen jusqu’en décembre 1941.
Le Travailleur Somme-Oise annonça, le 20 mai 1939, l’exclusion de Marius Dutriaux du Parti communiste, sans donner plus de renseignements.

Il fut arrêté le 4 mars 1942 à 20 heures, par la Feldgendarmerie allemande. Le rapport de la gendarmerie française signalait que depuis son départ de chez Huygen, il se rendait régulièrement à Compiègne. Le même rapport rappelait qu’il avait « organisé des grèves et fait preuve d’une activité extrémiste ». S’agit-il de la grève qui avait eu lieu pour marquer le 11 novembre 1941 à Lacroix-Saint-Ouen et chez Huygen en particulier ? Il fut libéré le lendemain.

Marius Dutriaux fut arrêté une nouvelle fois en septembre 1942 lors du démantèlement de l’Organisation spéciale dans la région de Compiègne et dans toute la vallée de l’Oise mais il réussit à s’évader de la maison d’arrêt de Compiègne dans la nuit du 29 au 30 juin 1943. Il fut condamné, par défaut, par la section spéciale de la cour d’Amiens le 13 juillet 1943. Il avait été envoyé dans le Calvados pour participer au triangle de direction de la résistance communiste avec André Louvel* et Oscar Dassonville*.

Arrêté le 11 décembre 1943 dans une souricière tendue par les Allemands au café Guérin près de la gare de Caen, il tenta de s’enfuir, mais fut repris et torturé. Lors de son transfert vers Rouen, il fut exécuté à Rougemontiers avec un autre résistant Emmanuel Robineau.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23571, notice DUTRIAUX Marius, Laurent par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : Arch. Dép. Oise, séries M et 1 232 W 259. — Arch. Dép. des Yvelines, SRPJ 1 369 W 39. — Arch. de la Gendarmerie nationale, compagnie de Compiègne, 015309. — Centre de recherche d’histoire quantitative, Livre mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados, Conseil général du Calvados, Arch. Dép., 2004. — État civil.

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