BERTHELON Claude

Par Jean-Jacques Doré

Né en 1893 ; tourneur ; membre de la commission administrative du syndicat général CGT des Métaux du Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) en 1918.

Mobilisé en août 1914, Claude Berthelon fut affecté comme tourneur sur métaux à l’usine Schneider d’Harfleur près du Havre en 1915.

En 1915-1916, les usines métallurgiques de l’agglomération havraise tournaient à plein régime avec le concours de nombreux affectés spéciaux mis à dispostion par les autorités militaires. Le syndicat CGT des Métaux du Havre réactivé en août 1916, était dirigé par un bureau favorable à l’Union sacrée où dominait la personnalité de Charles Le Chapelain : Bouty était secrétaire, Le Chapelain secrétaire adjoint et Abel Viandier trésorier.

Le syndicat connut une croissance continue, 2 000 adhérents en janvier 1917 puis 4 500 (8 000 selon Hélène Rannou) un an plus tard, renforçant d’autant la tendance minoritaire hostile à la guerre qui avait, dès 1917, prit le contrôle de la section d’Harfleur où militaient les ouvriers de chez Schneider. Lors de l’assemblée générale du 3 février 1918, présidée par Claude Berthelon, le bureau sortant fut mis en minorité et la nouvelle équipe qui prit la direction était composée de Gaston Patout (secrétaire), Louis Legrain (secrétaire adjoint) et Marcel Boulard (trésorier). Elle était assistée d’une Commission administrative de neuf membres dont Claude Berthelon, Georges Souday et Gaston Hansen le secrétaire de la section d’Harfleur. Le nouveau bureau fit adopter un ordre du jour qui prévoyait "la lutte par tous les moyens à employer pour arriver à la satisfaction complète et totale au sujet des salaires et à la fin de la guerre". Il annonçait, en outre, la décision d’adhérer au Comité de défense syndicaliste (CDS).

En avril 1916, s’était fondé à la Bourse du Travail de Paris le CDS ouvert aux syndicats opposés à la guerre. Dirigé par Aimé Rey puis Raymond Péricat, il reçut l’adhésion de plusieurs syndicats du Bâtiment et de la Métallurgie de la Seine et de la Loire en 1917.

Le rapport du contrôleur local de la main d’oeuvre militaire en date du 5 février ajoutait ; "j’ai fait venir les nommés Berthelon et Souday pour savoir qui était à l’origine de l’ordre du jour lu par Berthelon. J’ai demandé à Souday s’il en acceptait la paternité, il ne l’a pas accepté. En fait Monsieur Laroze, commissaire de police qui assistait à la réunion, déclare formellement qu’il a vu Souday sortir de sa poche l’ordre du jour et le remettre à Berthelon. Son impression très nette est que Souday plus encore que Berthelon est le promoteur du mouvement".

L’application de l’ordre du jour du 3 février culmina le 17 mai 1918 lorsque le syndicat organisa des rassemblement en plein air dans la cour des usines Schneider, Westinghouse et Forges et Chantiers de la Méditerranée. Environ 3 000 ouvriers se mirent en grève et tentèrent de bloquer d"autres usines. Le mouvement fit long feu et cessa le lendemain.

Les autorités réagirent aussitôt, Souday et Berthelon furent arrêtés pour "excitation à la grève" et 21 meneurs furent déplacés. Après leur libération, Berthelon fut affecté à Frouard (Meurthe-et-Moselle) et Souday à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235800, notice BERTHELON Claude par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 19 décembre 2020, dernière modification le 7 janvier 2021.

Par Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Maritime série R Réunions syndicales 1918-1919, 10 MP 1333 grèves 1917-1919.— Notes d’Hélène Rannou et Guillaume Davranche. — Inspection des Forges de Paris, rapport du sous-lieutenant d’artillerie Chardenal, contrôleur local de la main d’oeuvre militaire en date du 5 février 1918.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément