LÉGER Charles, Joseph, Ferdinand [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 19 octobre 1877 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort au front le 17 août 1917 à Mont-Notre-Dame (Aisne) ; jardinier ; anarchiste des Vosges et de Varenne-Saint-Hilaire (actuellement Saint-Maur-des-Fossés, Val-de-Marne).

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Orphelin de bonne heure, Charles Léger fut recueilli par des parents de sa famille habitant Lyon, qui l’élevèrent. En 1893 il entrait à l’école d’agriculture de Mirecourt (Vosges) ; c’est là, d’après lui, que lui furent inculqués les premiers principes anarchistes par deux de ses jeunes condisciples.
En avril 1894, il s’échappa de l’Institut agricole et vint à la Varenne-Saint-Hilaire où il entra en qualité de jardinier chez un propriétaire, 26 rue Denfert-Rochereau.

Joseph Léger était un solitaire ; il ne parlait à personne, ne sortait jamais et son travail terminé se retirait dans sa chambre. Ses allures mystérieuses attirèrent l’attention des voisins et le 2 juillet il fut mis en état d’arrestation.
Au cours de la perquisition faite dans la chambre du jeune jardinier, M. Soullière, le commissaire de police de la circonscription de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), trouvaient une bombe en cours de fabrication. L’engin se composait d’une boîte cylindrique en fer-blanc, mesurant-vingt centimètres de hauteur et quinze centimètres de diamètre. Cette bombe devait être à renversement ; plusieurs tubes en verre renfermant de l’acide sulfurique ont été en effet découverts dans un vase. La charge se composait de poudre chloratée, de poudre noire et de grenaille de plomb. Le tiroir de l’unique table de la chambre renfermait un cahier sur lequel le jeune anarchiste inscrivait ses dépenses, ainsi que des formules d’explosifs. Le prix de revient de son engin est de deux francs. La bombe et les diverses substances avaient été envoyées au laboratoire municipal.

Le 3 juillet 1894, Joseph Léger était encore au commissariat de Joinville. Interrogé par le commissaire de police, il avouait ses idées anarchistes, mais déclarait qu’il ne voulait se servir de sa bombe que pour faire une simple expérience.
Il était envoyé au Dépôt tombait sous le coup de la loi du 18 décembre 1893, qui punissait les détenteurs et fabricants d’engins meurtriers de six mois à cinq ans de prison.
Charles Léger était photographié le 4 juillet 1894 au Service d’identité judiciaire de la Préfecture de police et inculpé pour fabrication d’engins explosifs.
On le retrouvait fiché sur la liste des anarchistes du Maine et Loire en 1894. Charles Léger avait été incarcéré à Fontevrault (Maine-et-Loire). A sa libération en 1896 il était parti pour Paris.

Le 29 décembre 1905, il se mariait à Saint-Bonnet-le-Troncy (Rhône) avec Marie, Émilie Schumacher, couturière.
Il mourut au front à Mont-Notre-Dame, durant la guerre contre l’Allemagne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235814, notice LÉGER Charles, Joseph, Ferdinand [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 19 décembre 2020, dernière modification le 27 septembre 2021.

Par Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York
Fiche photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

SOURCES : Notice Charles, Joseph Léger du Dictionnaire des militants anarchistes. — Le Petit Journal, 5 juillet 1894. — Archives départementales des Bouches-du-Rhône, État civil. — Arbre généalogique de Marina Saboya (Filae). — Archives départementales du Rhône, État civil.

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