RAZZANTI Marius, Fortuné [pseudonymes dans la Résistance : Jo Georges]

Par Jean-Marie Guillon

Né le 4 mai 1911 à Marseille (Bouches-du-Rhône), tué le 22 août 1944 à La Bégude-de-Mazenc (Drôme) ; ouvrier peintre, militant communiste ; résistant Franc-tireur et partisan (FTP), homologué Forces françaises de l’Intérieur.

Fils de Martin Razzanti, savonnier, et d’Émilie Imbert, qui habitait le quartier de Menpenti, marié le 5 décembre 1931 avec Berthe Bruna, père d’un enfant, il était ouvrier peintre à l’entreprise Dupon-Boulivard à Marseille (Bouches-du-Rhône). Il avait adhéré à la Jeunesse communiste en 1934. Membre du Cercle des jeunesses du Rouet, responsable du comité du Rouet jusqu’en août 1939, il aurait dirigé le comité régional JC en 1936-1937 d’après la police. Appartenant à la classe 31, il avait fait son service militaire au 141e régiment d’infanterie alpine à Marseille. Il fut rappelé le 27 août 1939 au 363e régiment de la demi brigade d’infanterie alpine d’Orange (Vaucluse), qui fut détaché à Bonifacio (Corse-du-Sud). Il fut démobilisé le 22 août 1940 et reprit contact avec ses camarades en train de reconstituer le parti communiste dans la clandestinité. D’après la police, il était entré en contact avec Raymond Barbé qui le dirigeait. Interné administrativement au camp de Chibron (commune de Signes, Var) par un arrêté du 27 novembre 1940, il s’en évada le 13 février 1941. Il était classé sur une liste de « communistes dangereux », daté du 8 janvier 1941. Il fut condamné le 17 avril 1941 à quatre mois de prison par défaut par le tribunal correctionnel de Toulon (Var). Arrêté le 2 janvier 1942, il purgea sa peine, mais la police, considérant qu’il n’avait pas changé d’opinion, suggérait son internement à sa sortie de prison. C’est ce à quoi il fut contraint le 7 mai 1942. Interné au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) où il arriva le 13 mai 1942, il fut interrogé le 7 juillet 1942 suivant : reconnaissant avoir adhéré au syndicat CGT des métaux et au parti communiste en 1936, il affirma n’avoir pas fait grève et n’avoir eu aucune responsabilité politique ou syndicale. Il refusa de condamner le parti communiste et la IIIe Internationale ou de prendre position contre le pacte germano-soviétique sous prétexte de ne plus vouloir faire de politique. Il se déclara prêt à signer un acte de loyalisme à l’égard du régime et à suivre le Maréchal dans sa politique de Révolution nationale. Le commandant du camp donna un avis défavorable à sa libération, estimant qu’il se conformait au mot d’ordre de la cellule du camp. Il fit partie des quelque soixante-quinze internés qui, désignés pour aller travailler pour l’organisation Todt sur la côte atlantique, purent s’échapper en cours du transfert vers Bayonne (Basses-Pyrénées/Pyrénées-Atlantiques), le 24 mars 1943. Il intégra les FTP avec le pseudonyme de Jo Georges et rejoignit le maquis. Appartenant à la 9e compagnie du 3e Bataillon du 1er Régiment FTPF de la Drôme, il fut tué lors des combats de la Libération le 22 août 1944, quartier Lequin, à La Bégude-de-Mazenc (Drôme) sur la route d’Aleyrac (Drôme).
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur.
Son nom figure sur le monument aux morts, à La Bégude-de-Mazenc et sur le monument commémoratif départemental, à Mirmande-Saulce-sur-Rhône (Drôme).
Son nom a été donné à une place rénovée du quartier du Rouet à Marseille, inaugurée par Yves Moraine, maire LR des 6e et 8e arrondissements de Marseille, le 22 juin 2018.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235864, notice RAZZANTI Marius, Fortuné [pseudonymes dans la Résistance : Jo Georges] par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 22 décembre 2020, dernière modification le 9 novembre 2022.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : AVCC, Caen, Caen AC 21 P 140938 (nc). — SHD, Vincennes, GR 16 P 502154 (nc). — Arch. dép. Bouches-du-Rhône 5 W 209, 76 W 160. — Arch. Dép. Var, 4 M 291. — Arch. dép. Hautes-Pyrénées 20 W 18. — Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, Drôme-Isère, Lyon, 1973, p. 336. — Mémoire des hommes. — Geneanet.

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