LAFONTAINE Charles, Henri

Par Eric Panthou

Né le 18 décembre 1919 à Dilligen (Sarre), militant des Jeunesses communistes (JC) dans le Doubs ; interné sous l’Occupation.

Fils de Jean, ouvrier d’usine, mouleur, et de Marie, née Ory, Charles Lafontaine était titulaire d’un BE au niveau scolaire. La famille s’installa dans le Doubs après le plébiscite de la Sarre en janvier 1935.
Il se marie le 25 septembre 1941 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) avec Lucienne Parent.
Avant-guerre, il fut secrétaire de la section des Jeunesses communistes (JC) de Colombier-Fontaine (Doubs), considéré par la police comme un propagandiste communiste du secteur de Montbéliard. Son père, Jean, avait lui-même été militant communiste avant d’être exclu en 1938.
Charles Lafontaine était manoeuvre, sans profession au moment où il fut arrêté en janvier 1943 à Clermont-Ferrand. Il habitait cette ville, 5 rue de Blanzat. Le couple eut trois filles.
Le 9 janvier 1943, la police locale perquisitionna chez lui, trouvant une petite imprimante portable ainsi qu’une dizaine de papillons avec la mention suivante : L’Humanité clermontois n°1. Français, ayez confiance en Staline et son Armée Rouge.
Il a été écroué à la Maison d’arrêt de Clermont-Ferrand le 14 janvier 1943 et le préfet de région a pris le 5 mars 1943 un arrêté ordonnant sa mise en centre de séjour surveillé de Saint-Paul d’Eyjeaux (Haute-Vienne) dès que devait prendre fin sa détention à Clermont-Ferrand. Le motif de proposition d’internement est le suivant : A depuis septembre 1942 confectionné de nombreuses fausses pièces d’identité qu’il remettait moyennant versement de sommes plus ou moins fortes, aux Israélites désireux de se soustraire à la législation les concernant.

Lafontaine reconnut avoir confectionné les papillons en novembre 1942 et en avoir placardé une quarantaine en ville. Il avoua avoir en décembre 1939 avoir voulu éviter d’être inquiété par la police, en tant que militant communiste, en dénonçant le secrétaire du Parti dans le Doubs, Jacquemart.
Lafontaine s’est ensuite réfugié à Clermont-Ferrand. C’est après le débarquement américain en Afrique du Nord en novembre 1942 qu’il prit peur face à un possible retournement de situation, décidant alors de laisser une trace de son activité communiste par le biais de ses papillons, gardés chez lui pour prouver plus tard le maintien de ses convictions communistes au cas où ses anciens camarades l’avaient accusé de délation. Il crut atténuer sa culpabilité en dénonçant deux anciens militants communistes du Doubs, horlogers, installés à Ardes-sur-Couze (Puy-de-Dôme). Ceux-ci purent prouver qu’il n’exerçait plus la moindre activité politique.
Après vérifications, la police reconnut que la version avancées par Lafontaine pour justifier son action de propagande locale était vraisemblable bien que surprenante. Il n’était lié à aucun réseau local et avait agi seul.
Son arrestation et ses aveux entraînèrent la proposition d’internement de 13 israélites présentés comme étrangers.

A la Libération, il retourna vivre dans le Doubs et fut condamné en octobre 1946 pour une affaire de droit commun à 5 ans de prison. A sa libération au bout de 4 ans, il retrouva un emploi de chef du service expédition dans une imprimerie bisontine. Début avril 1952, il fut de nouveau inculpé pour escroquerie et faux chèques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235899, notice LAFONTAINE Charles, Henri par Eric Panthou, version mise en ligne le 24 décembre 2020, dernière modification le 24 décembre 2020.

Par Eric Panthou

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 900 W 88, dossier d’internement de Charles Lafontaine. — La Bourgogne républicaine, 7 avril 1952. — Généanet.

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