BERNADAT Antoine

Par Jean-Noël Dutheil

Né le 20 octobre 1891 à Buxières-les-Mines (Allier), mort le 17 janvier 1963 à Buxières-les-Mines ; mineur-piqueur ; militant de la CGT ; communiste.

Fils d’un cultivateur, Antoine Bernadat, après avoir effectué son service militaire, fut appelé aux armées le 6 août 1914, libéré le 21 août 1919 avec le grade de caporal et la croix de guerre, étoile de bronze. Il se maria le 13 janvier 1923 avec Georgette Schvan, une domestique agricole dont il eut deux enfants dont André, né 3 novembre 1923, qui fut l’un des dirigeants du cercle de l’Union de la Jeunesse Républicaine de France (UJRF) de 1945 à 1950 ; avec 145 adhérents, le cercle de Buxières fut le plus important du département.
Antoine Bernadat adhéra au PCF en 1928, cellule au Méglin (Buxières-les-Mines, Allier), et était adhérent au syndicat unitaire des mineurs.
Il fut candidat aux élections municipales de Buxières en mai 1925 et en mai 1929 sur une liste du Bloc ouvrier-paysan.
Suite à la grève de décembre 1940 et à l’arrestation de Gilbert Lajarge, en signe de protestation, Antoine Bernadat n’envoya pas tout le charbon du poste (mine de Plamores). Le directeur menaça de le mettre à la porte et de le signaler à qui de droit. Le 18 août 1941, se produisit un nouvel arrêt de travail de 24 heures pour une revendication posée depuis des mois « l’eau des douches est infecte ». Satisfaction fut donnée sur la demande, mais le lendemain, à la sortie du travail, la gendarmerie, alertée par le directeur, mena l’enquête, un rapport fut adressé à la préfecture de l’Allier. Le 27 août, Antoine Bernadat, délégué mineur, et Henri Pontet, furent désignés comme meneurs, arrêtés, internés au camp de Nexon. Antoine Bernadat fut transféré à Saint-Paul-des-d’Eyjeaux (Haute-Vienne) où il passa dix-huit mois et demi auxquels s’ajoutèrent trois mois et demi de résidence assignée en dehors du département de l’Allier, à Sancoins, (Cher).
Le 23 septembre 1944, il fut à nouveau élu délégué mineur. À la Libération, les mineurs retrouvèrent leurs « anciens maîtres » toujours en place et demandèrent avec force leur éviction, de plus, ils considéraient qu’ils sabotaient la production. La direction, refusa de prendre position sur l’implication de l’ancien directeur dans son arrestation. Une grève de démonstration de deux heures fut votée afin d’obtenir la suspension du chef mineur. Le 19 mars, le sous-préfet de Montluçon proposa de soumettre le cas à la Commission Interprofessionnelle d’épuration de Clermont-Ferrand qui se prononça pour l’acquittement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article235968, notice BERNADAT Antoine par Jean-Noël Dutheil, version mise en ligne le 28 décembre 2020, dernière modification le 7 janvier 2021.

Par Jean-Noël Dutheil

SOURCES : Arch. Dép. Allier, 1218W5 1R857. — Arch. IHS CGT de l’Allier : fonds Cabanne ; carton mines. — André Sérézat, De Vichy à Valmy, 1995, Foyers Ruraux p.100-101. — État civil.

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