ESPINADEL Thérèse, Isaure

Par Gilles Morin

Née le 27 août 1908 à La Chapelle-Aubareil (Dordogne), morte le 18 janvier 1997 à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) ; institutrice ; membre de l’Union départementale des syndicats CGT clandestins de Dordogne ; secrétaire de la fédération socialiste SFIO de la Dordogne (1943-1945).

Fille d’un cordonnier et d’une mère sans profession, Thérèse Espinadel, institutrice, militante active des Jeunesses socialistes, fonda le groupe de Thenon où elle enseignait au début des années 1930. Elle était par ailleurs membre de la commission exécutive de la fédération socialiste SFIO de la Dordogne avant 1939. Elle fut déléguée au congrès national de 1938. Déléguée fédérale de la motion « Redressement » en février 1939, elle était une pacifiste active, proche du PSOP. En 1938, elle devint secrétaire de rédaction de La Voix syndicale (du Syndicat national des institutrices et instituteurs de France et des colonies, imprimé à Périgueux). Les autorités policières la présentaient comme particulièrement à surveiller en décembre 1939.

Thérèse Espinadel devint résistante durant l’Occupation et elle fut à l’origine de la reconstitution de l’Union départementale des syndicats. Les responsables clandestins du parti socialiste du département étant arrêtés les uns après les autres, elle fut désignée en 1943 comme secrétaire de la fédération socialiste clandestine. Selon la presse fédérale, après la Libération, elle assurait les liaisons, transportait tracts et journaux, fabriquait des fausses cartes d’identité et s’occupait de maquis. Arrêtée le 4 mai 1944 au matin par la Gestapo à Terrasson, Thérèse Espinadel subit à Limoges un terrible interrogatoire mais n’aurait pas parlé. On l’interrogea sur son activité socialiste clandestine, sans connaître ses autres activités résistantes. Après avoir subi quatre mois de cellule, elle fut délivrée par les FFI lors de la Libération de Limoges, le 27 août. De retour à Périgueux, elle siégea au Comité départemental de Libération au titre du MLN.

Thérèse Espinadel fut confirmée à son poste de secrétaire fédérale SFIO le 4 décembre 1944. Elle l’occupa jusqu’au début de 1946, puis elle fut secrétaire fédérale administrative en février-août 1946. Urbain Martet lui succéda à la direction de la fédération.

Thérèse Espinadel siégea à la commission chargée d’étudier le cas des anciens parlementaires au congrès des fédérations socialistes reconstituées de la SFIO en novembre 1944. Elle fut élue membre de la commission féminine nationale en 1944-1946, et membre du comité national provisoire des femmes socialistes en décembre 1946. Au conseil national du 20 mai 1945, Thérèse Espinadel intervint au nom de la commission sur la place des femmes dans les élections. Elle présida par ailleurs une séance de la conférence des secrétaires fédéraux des 27-28 octobre 1945. On ne trouve plus trace de ses activités dans les archives concernant la SFIO par la suite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23605, notice ESPINADEL Thérèse, Isaure par Gilles Morin, version mise en ligne le 2 novembre 2008, dernière modification le 9 février 2011.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/7/15991/2 ; CAC, 20010216/94/2718. 72/AJ/252, dossier Haute-Vienne, témoignage. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1967. — Bulletin Intérieur, n° 22. — Arch. OURS, Correspondance Dordogne. — Archives D. Mayer, 3 MA 28. — La Voix Socialiste, 1944-1946. — Notes de Gilbert Beaubatie. — État civil de La Chapelle-Aubareil, pas de mention de mariage. — Bernard Dougnac, Suzanne Lacore. Biographie 1875-1975, Périgueux-Institut aquitain d’études sociales, Fanlac, 1996

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