BRÉARD Pierre, Albert

Par Daniel Grason

Né le 2 mai 1921 à Vezin-le-Coquet arrondissement de Rennes (Ille-et-Vilaine), mort le 30 avril 1972 à Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) ; tourneur sur métaux ; déporté.

Pierre Albert Bréard (Arch. PPo. GB 143 D.R.)
Pierre Albert Bréard (Arch. PPo. GB 143 D.R.)

Fils de Prosper et de Françoise Deleusme, Pierre Bréard obtint à l’issue de l’école primaire le CEP. Il travaillait à l’usine Électro-Mécanique, avenue Jean Jaurès au Bourget. Le 23 juillet 1942 à 20 heures, deux inspecteurs de la Brigade spéciale n° 1 se présentèrent à son domicile au 35 avenue Esther à Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis), où il vivait avec sa mère. La perquisition fut infructueuse, Pierre Bréard était inconnu de la police, il avait été condamné le 23 juin 1942 à trois mois de prison par le Tribunal correctionnel de Pontoise pour avoir utilisé des faux tickets de pain, il avait fait appel.
Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de Police pour y être interrogé, il déclara « Je n’ai jamais appartenu au Parti communiste avant la guerre. Je n’ai jamais adhéré aux autres organisations relevant de la IIIe Internationale. »
« Depuis la guerre, je n’ai jamais été sollicité par quiconque. […] Je n’ai jamais eu de tracts en ma possession. »
Pierre Bréard ignorait qu’il avait été filé. Les 7 et 13 juillet il avait été vu en compagnie de Maurice Bougon et Maurice Favre. Un policier lui demanda « Expliquez-vous sur la nature de vos relations avec ces individus et sur les motifs de ces deux rencontres avec eux. » Il répondit qu’il connaissait Maurice Bougon « parce que je travaille avec lui. » Quant à l’autre homme, il s’agissait de Maurice Favre, il ne le connaissait pas.
Il affirma : « Jamais Bougon, pas plus que ses amis, d’ailleurs, ne m’a sollicité dans un but de propagande communiste. Nous ne sommes en rapports que dans un but de stricte camaraderie. »
Au moment de sortir du bureau du commissaire, il se ravisa, demanda à être de nouveau entendu. Il déclara qu’un nommé Paul d’origine espagnole essaya « à plusieurs reprises de m’entraîner et de me faire accepter de participer à l’activité communiste clandestine. » Il refusa, mais rencontra cependant Maurice Favre.
En juin, Bonnet discuta avec lui argumenta sur le fait qu’il n’avait pas été augmenté pour lui proposer de faire partie de l’organisation communiste clandestine. Pierre Bréard lui opposa un refus poli. Quant à Maurice Bougon, jamais il ne le sollicita.
Il fut envoyé au Dépôt le 27 juin 1942 pour infraction du Décret-loi du 26 septembre 1939. Incarcéré, il était en décembre 1943, il était dans un convoi de 75 hommes qui partit de la gare de l’Est à destination de l’Allemagne. Tous étaient étiquetés « NN » Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard), ce qui signifiait condamnés à disparaître sans laisser de traces. Cette expression avait été empruntée par Hitler au livret de L’Or du Rhin de Richard Wagner.
Pierre Bréard a été condamné à une peine de travaux forcés par un tribunal militaire allemand, il a été incarcéré à la prison de Karlsruhe, puis Rheinbach au sud-ouest de Bonn, ensuite à Sonneburg près de Francfort-sur-Oder, enfin à Ebrach. Au début de l’année 1945, les détenus Nuit et Brouillard furent envoyés au camp de Flossenbürg. Pierre Bréard a été affecté au kommando de travail de Sall-an-der-Donau au sud de Ratisbonne, les détenus creusaient des galeries destinées à abriter des usines de l’avionneur Messerschmitt.
Pierre Bréard fut libéré le 23 avril 1945.
Il mourut le 30 avril 1972 à l’âge de cinquante-et-un ans, au Blanc-Mesnil.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236066, notice BRÉARD Pierre, Albert par Daniel Grason, version mise en ligne le 31 décembre 2020, dernière modification le 31 décembre 2020.

Par Daniel Grason

Pierre Albert Bréard (Arch. PPo. GB 143 D.R.)
Pierre Albert Bréard (Arch. PPo. GB 143 D.R.)

SOURCES : AN Z/4/80 dossier 536. – Arch. PPo. Activités communistes rapport du Préfet de police du 3 août 1942, 77 W 3114-298689. – Bureau Résistance (pas de dossier). – Livre Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site internet Match ID.

Photographie : Arch. PPo. GB 143 (D.R.)

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