BOUCHERIE François, Joseph, Julien, Gérard

Par Bernard Geay

Né le 25 janvier 1933 à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort le 19 juin 2011 à Nantes (Loire-Atlantique) ; employé municipal ; militant CFDT , secrétaire du syndicat CFDT des personnels municipaux puis du syndicat Interco 44.

Le père de François Boucherie, également prénommé François (1905-1969), fut cultivateur sur la commune de Châteaubriant. Sa mère, Marie-Joseph Aurain (1911-1989), aida son mari sur l’exploitation agricole. Ils eurent six enfants, trois filles et trois garçons, dont François était l’aîné. La famille était catholique pratiquante.

François Boucherie fréquenta l’école privée, primaire puis secondaire, et obtint son baccalauréat, ce qui à l’époque n’était pas fréquent. Ensuite, il travailla avec ses parents à la ferme, en attendant le service militaire qu’il effectua en 1953 en Algérie. En 1955, il fit partie des « rappelés » pour l’Algérie mais ne partit finalement pas pour raisons médicales.

Après l’armée, il retourna travailler à la ferme jusqu’à son mariage, célébré à Châteaubriant le 17 septembre 1957, avec Monique Hubert, née le 16 février 1938, assistante maternelle à domicile avec qui il eut deux enfants, Bruno né en 1967 et Myriam née en 1970. Le jeune couple s’installa à Nantes où François suivit une formation de technicien en béton armé. Mais, ne trouvant pas de travail dans ce domaine, il exerça divers emplois, dont celui d’employé de bureau à la biscuiterie Lefèvre-Utile.

En 1960, après avoir réussi le concours d’entrée, François Boucherie fut embauché comme employé de bureau à la Ville de Nantes. Rapidement, il se syndiqua à la CFTC. En 1964, il fut favorable à l’évolution vers la CFDT, alors qu’un fort courant inverse existait dans la section syndicale qui perdit alors près de la moitié de ses adhérents.

Entouré d’une équipe solide, composée de Georges Leclair, Alphonse Pouvreau, Léa Laurent, Raymond Guinel, René Fougère, Léon David et Emilien Bahuaud, François Boucherie devint, dès 1965, le secrétaire du syndicat CFDT des personnels Municipaux, regroupant les Villes de Nantes, Saint-Nazaire et Saint-Herblain et comptant alors une soixantaine d’adhérents à Nantes. À ce titre, il siégea au conseil de l’Union départementale CFDT de Loire-Atlantique.

En 1965, André Morice réputé proche de Force Ouvrière alors majoritaire dans les services municipaux nantais, avec probablement plus de six cents adhérents, fut élu maire de Nantes. De son côté, la CGT en comptait presqu’autant. A la fin de 1966, la CFDT des Municipaux avait encore moins de deux cents adhérents mais commençait à gagner du terrain. Ainsi, en 1967, la CFDT fit une centaine d’adhérents au service du nettoiement de la ville de Nantes, suite à des dissensions internes dans la CGT. D’autre part, l’Office d’HLM fut rattaché aux Municipaux
En mai 1968, les Municipaux de Nantes furent en grève comme les autres secteurs. La CFDT fut très présente dans le mouvement et participa au comité de grève A partir de 1969, à l’initiative de François Boucherie, la CFDT mena une action obstinée pour la reconnaissance du travail des femmes de service dans les écoles et les collèges de la ville. Leur titularisation fut acquise ainsi qu’une revalorisation salariale. Cela déboucha sur l’adhésion à la CFDT de plus d’une centaine de femmes de service. En 1971, les élections professionnelles à la Ville de Nantes donnèrent 24 % des voix à la CFDT. C’est à ce moment-là que François Boucherie devint semi-permanent à la CFDT des Municipaux.

Dans les années suivantes, la progression de la CFDT se poursuivit à la Ville de Nantes, en particulier grâce au travail de formation syndicale et de structuration mené par François Boucherie. Le périmètre du syndicat des Municipaux s’étendit aux services d’action sociale, aux crèches, aux sapeurs-pompiers, à l’Opéra et, en 1973, aux abattoirs municipaux, jusque-là rattachés au syndicat CFDT de l’Alimentation.

De 1971 à 1975, le secrétariat de la section CFDT de la ville de Nantes prit en charge celui du syndicat départemental. Mauricette Bernier, Annick Lebreton et Marie-Claude Morino, semi-permanentes successives, assumèrent cette tâche. La CFDT des Municipaux s’implanta dans de nombreuses autres communes et doubla ses effectifs, atteignant huit-cent quatre-vingt quatre adhérents en 1975.

Au congrès fédéral extraordinaire, qui se tint du 24 au 24 mai 1974 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), fut décidée la constitution de la nouvelle fédération Interco CFDT (Intérieur et Collectivités locales). En Loire-Atlantique, Interco se construisit à partir du syndicat CFDT des Municipaux et du syndicat CFDT de la préfecture et agents départementaux, dont la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales). S’y ajoutèrent une section de la police nationale et une section du service des eaux. En amont de ce congrès fédéral et à l’initiative de François Boucherie, un rapprochement s’effectua entre le syndicat CFDT des Municipaux et le syndicat CFDT de la préfecture et agents départementaux avec un travail en commun. Alain Viaud, secrétaire du syndicat de la préfecture et des agents départementaux, siégea durant deux ans comme observateur au conseil des Municipaux. En juin 1975, un conflit au musée départemental aboutit à l’alignement des acquis sociaux avec ceux du musée municipal de Nantes. Ce conflit servit de référence au niveau national pour souligner l’intérêt du syndicat Interco, mettant les « patrons-élus » devant leurs contradictions quand ils cumulaient un mandat municipal avec un mandat départemental.

Longuement préparé à l’initiative de François Boucherie et Alain Viaud, secrétaires de chacun des deux syndicats, autour de la question « Interco, pour quoi faire ? », le congrès constitutif du syndicat Interco CFDT de Loire-Atlantique se tint en juin 1976. Le rapport d’orientation s’appuya sur les réponses qu’apporterait Interco pour une meilleure connaissance de la réalité des uns et des autres, le soutien aux revendications, la solidarité des moyens notamment en direction des petites communes, l’organisation interne… Sur les finances du syndicat, le congrès décida d’une trésorerie commune ; ce qui fut là-aussi une référence pour le national qui n’avait pas encore réussi à mettre en place un budget fédéral. Le syndicat de Loire-Atlantique fut ainsi le premier syndicat Interco constitué dans la fédération. Cela eut un impact fort sur le développement de la jeune fédération Interco CFDT.

François Boucherie fut le premier secrétaire-général du syndicat Interco de Loire-Atlantique et Alain Viaud, le secrétaire-adjoint. Au deuxième congrès fédéral d’Autrans (Isère), en mars 1977, Alain Viaud fut élu au secrétariat national d’Interco et partit pour Paris. Il fut remplacé, dans ses fonctions de secrétaire-adjoint, par Patrick Forgeau alors semi-permanent à la DDASS.
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Au second congrès du syndicat Interco Loire-Atlantique, le 29 novembre 1977, Alain Dubreuil devint secrétaire-général du syndicat, succédant à François Boucherie qui réintégra alors un poste dans les services techniques de la Ville de Nantes, tout en continuant à participer à la vie de la section CFDT et du syndicat. Il siégea ainsi au Comité des Œuvres Sociales (COS) de la ville.

François Boucherie partit en retraite en 1993 et milita avec les Retraités CFDT, en constituant une section des retraités Interco. À partir de 1994, il prit des responsabilités à l’Union locale des Retraités CFDT de Nantes dont il fut le secrétaire de 1996 à 2001. En parallèle, il s’investit aussi au CEFRES (Centre de formation et de recherche éducative et sociale), association d’insertion professionnelle (service à la personne et restauration), dont il fut président.

À partir de 2001 et jusqu’à son décès, François Boucherie fut atteint de la maladie d’Alzheimer. Ses obsèques eurent lieu le 23 juin 2011 en l’église Sainte-Thérèse de Nantes où ses camarades d’Interco CFDT lui rendirent hommage.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236067, notice BOUCHERIE François, Joseph, Julien, Gérard par Bernard Geay, version mise en ligne le 1er janvier 2021, dernière modification le 1er janvier 2021.

Par Bernard Geay

SOURCES : Arch. de la section CFDT Mairie de Nantes et du syndicat Interco Loire-Atlantique, Centre d’Histoire du Travail, Nantes. — Articles « C’est notre histoire » rédigés par François Boucherie et publiés dans « Multiple », journal de la section CFDT Mairie de Nantes en novembre 1992 et en mai 1993. — Entretien avec Mme Monique Boucherie, veuve de François Boucherie, en octobre 2020. — Entretien avec Alain Viaud en novembre 2020.

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