JACQ Marie [née KERRIEN Marie]

Par Christian Bougeard

Née le 28 juillet 1919 à Henvic (Finistère) ; employée ; militante socialiste SFIO, PSU puis PS ; maire PSU de Henvic (1965), députée PS de Morlaix (Finistère, 1978-1993).

Marie Jacq
Marie Jacq
Assemblée nationale, Notices et portraits.

Marie Kerrien dont le père était dans la Marine marchande fit des études à l’école des Gobelins au Havre où elle obtint le brevet supérieur. Elle fut employée dans une entreprise familiale du bâtiment comme secrétaire puis considérée comme ménagère (aux élections de 1956). Mariée à Henvic en août 1938 à Marcel Jacq, dont elle eut deux enfants, elle milita au sein de la SFIO du Finistère après la guerre.

Lors du congrès fédéral de Quimper de mars 1946, Marie Jacq siégeait au bureau et à celui de Landerneau en août 1946, elle fut élue au comité fédéral, chargée de la responsabilité des femmes, succédant à ce poste à Mme Planquette, professeur au lycée de Quimper qui avait été candidate en 3e position sur la liste SFIO du Finistère le 2 juin 1946. Marie Jacq s’investit dans cette fonction et devint membre de la commission féminine nationale de la SFIO dans les années 1950 (en 1950, 1953-1956, 1958-1960). Elle fut la candidate femme de la SFIO en 1951 et 1956, sur les listes conduites par Tanguy Prigent, figurant en 4e puis en 8e position (sur 10 sièges). En juin 1951, elle obtint 59 860 voix, puis 65 083 en janvier 1956 sur une liste recueillant 16,1 puis 16,6 % des suffrages exprimés.

Proche de Tanguy Prigent, Marie Jacq ne le suivit pas immédiatement au PSA en octobre 1959. Il semble qu’elle n’adhéra au PSU qu’en octobre 1961. Secrétaire de la section PSU de Henvic, elle fut élue maire en mars 1965 lorsque la commune bascula à gauche à un siège prés, réélue par la suite. Après sa rupture avec Roger Prat*, son successeur à la députation dans la circonscription de Morlaix en 1967-1968, Tanguy Prigent dans une lettre à Marie Jacq du 19 avril 1969 soutint sa candidature à la candidature au sein du parti pour les échéances à venir. Marie Jacq rejoignit bientôt le nouveau PS qu’elle représenta aux élections législatives de mars 1973. Contre le député de droite sortant Pierre Lelong (UDR), elle arriva en tête à gauche avec 23,3 % des voix en devançant l’ancien député du PCF Auguste Penven*, 16,7 % et surtout Roger Prat (11,3 %) resté au PSU. La gauche rassemblait 51,4 % des voix mais au second tour Marie Jacq, sa candidate unique, échoua de peu (49,85 %) dans cette circonscription très disputée depuis 1958, battue de 144 voix seulement. Le Monde attribuait la réélection du député sortant à la visite d’Edgar Faure qui aurait fait basculer certains électeurs centristes.

En mars 1978, Marie Jacq affronta le suppléant de Pierre Lelong, Jean-Claude Rohel (PR) qui avait occupé son siège au Palais-Bourbon, quand il avait été nommé secrétaire d’État aux postes et télécommunications. Cette fois elle l’emporta au second tour avec 50,46 % des suffrages et 511 voix d’avance, un an après la victoire de la liste d’union de la gauche dans la ville de Morlaix. Avec Louis Le Pensec, réélu à Quimperlé, Marie Jacq devenait la deuxième députée PS du Finistère et l’une des 7 élus de ce parti en Bretagne (avec la Loire-Atlantique). Le 10 mai 1981, François Mitterrand obtint 54,8 % des voix dans la circonscription de Morlaix et Marie Jacq (45,8 % au 1er tour) fut réélue députée avec 60 % des voix contre Jean-Claude Rohel, le PS raflant 6 des 8 sièges finistériens. Le 3 juillet 1981 Marie Jacq accéda au fauteuil de vice-présidente de l’Assemblée nationale et présida douze séances, siégeant à la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales où elle intervenait régulièrement sur l’exode rural, la Sécurité sociale, le statut du conjoint artisan ou commerçant, l’IVG… Étant en seconde position sur la liste du PS conduite par Louis Le Pensec (38 % des voix, 4 sièges), Marie Jacq fut réélue député de Morlaix le 16 mars 1986. Le 12 juin 1988, au second tour et dans une circonscription redécoupée par Charles Pasqua en direction du Léon votant davantage à droite que le Trégor, Marie Jacq conserva son siège avec 53,8 % des suffrages. En mars 1993, elle se retira au profit de son assistante parlementaire Marylise Lebranchu battue au second tour par Arnaud Cazin d’Honincthun (UDF-CDS). Mais devenue maire de Morlaix en 1995, Marylise Lebranchu reprit en juin 1997 ce siège détenu par les socialistes Tanguy Prigent (1936-1958 et 1962-1967), Roger Prat (1967-1968) puis Marie Jacq (1978-1993) et entra au gouvernement de Lionel Jospin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23616, notice JACQ Marie [née KERRIEN Marie] par Christian Bougeard, version mise en ligne le 3 novembre 2008, dernière modification le 23 août 2010.

Par Christian Bougeard

Marie Jacq
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SOURCES : Le Breton socialiste, 1944-1959. — Fichier Gilles Morin. — Le Monde, 1973, 1978, 1981, 1986, 1988, 1993. — Jean Pascal, Les femmes députés de 1945 à 1988 , Paris, édité par l’auteur, 1990, p. 209-210. — Michel Nicolas, Jean Pihan, Les Bretons et la politique. 30 ans de scrutins en Bretagne 1958-1988, Rennes, PUR, 1988. — Christian Bougeard, Tanguy Prigent, paysan ministre, Rennes, PUR, 2002. — État civil.

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