BERRIVIN Raymond, Louis

Par Sébastien Delage, Claude Pennetier

Né le 13 février 1917 à Lambézellec (Brest depuis 1945, Finistère), exécuté le 27 août 1944 à Cordimanche (Seine-et-Oise, Val d’Oise) ; mécanicien tourneur ; résistant FFI.

Fils de Noël Louis Berrivin, boulanger dans le quartier de Kerniou à Lambézellec au 6 rue de Penfeld, et de Amélie, Augustine Chrétient qui étaient parents de six fils dont Raymond le plus jeune et d’une fillette. Bon élève de l’école des frères de la Croix rouge, il obtint le certificat d’études à l’âge de onze ans avec la mention très bien, puis poursuivit ses études chez les Jésuites. Selon sa famille, la discipline très exigeante de cette école convenait mal à sa forte personnalité : "il n’hésitait à y chanter l’Internationale par provocation". Il avait "une espérance sincère de vouloir changer le monde". Syndicaliste CGT, sympathisant communiste (il n’y a pas de preuve formelle de son adhésion au Parti communiste dans ses archives, il participa activement aux mouvements sociaux qui marquèrent la ville en 1935 et 1936.
Mécanicien tourneur, il épousa, le 28 juin 1935, Yvonne Quiniou, sans profession, à l’église Saint-Martin, à Brest. Il y eut une cérémonie religieuse à la demande de la famille de la mariée, même s’il était anticlérical. Son épouse était née dans cette ville le 21 septembre 1916, fille d’un ouvrier. De leur union naquit Noëlle le 11 décembre 1935 à Brest qui mourut le 24 mars 1936 d’une septicémie. Suite aux grèves, il quitta la Bretagne avec sa famille et gagna Paris. Il obtint un emploi de régleur-outilleur chez un constructeur d’avions mais il travailla surtout comme chauffeur de poids lourds. Une autre fille naquit le 21 mars 1944 à Paris (XVe arr.) : Régine, Marie Berrivin. Ils habitaient 15 rue Séguier à Paris VIe arr.
Lorsque la guerre éclata, Raymond Kerrivin, classe 37, fut incorporé au 65e Régiment d’infanterie comme 2e classe réserviste sous le matricule 2499 au recrutement de Brest. Fait prisonnier à Condé-sur-Marne le 14 juin 1940, il fut interné au Stalag XII B, et travailla dans une ferme en octobre. Il fut libéré le 6 janvier 1942 et rapatrié au centre de Chalon-sur-Saône "en qualité de marin".
Entré dans les FFI le 1er juin 1944, il participa aux combats de la libération de Paris du 19 au 25 août 1944. Le 26 août, il était sur un camion des FFI derrière De Gaulle. Chargé du ravitaillement des Corps francs de l’Oise, Raymond Berrivin fut intercepté le 27 août par des soldats allemands en même temps que Claire Girard*, dans un bois, sur la commune de Courdimanche. Après un simulacre de décision de justice de la Kommandantur locale, il fut exécuté sommairement vers 18 h. Son cadavre fut découvert le lendemain, 28 août à 13 heures, un brassard FFI dans sa poche.
Il fut reconnu "Mort pour la France", homologué Interné résistant (DIR) et membre des Forces françaises combattantes (FFC) et FFI au titre de la Délégation générale.
D’abord inhumé à Courdimanche, il fut transféré en mars 1948 au cimetière de Kerfautras à Brest.
Son nom est gravé sur le monument aux morts de Courdimanche, ainsi que sur la stèle de la forêt de L’Hautil érigée sur le lieu de l’exécution, avec celui de Claire Girard*. Il a été décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance. Sa veuve, Yvonne, resta à Paris, 15 rue Séguier, et se mobilisa pour la mémoire de Raymond Berrivin ; elle était membre de l’Union des résistants de Pontoise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236165, notice BERRIVIN Raymond, Louis par Sébastien Delage, Claude Pennetier, version mise en ligne le 3 janvier 2021, dernière modification le 5 janvier 2021.

Par Sébastien Delage, Claude Pennetier

Raymond Berrivin prisonnier de guerre
Avec sa fille Régine en juin 1944.
Sa fille Régine devant le monument aux morts de Cordimanche.

SOURCES : SHD, Vincennes, GER 16 P 52862 (nc). — AVCC, Caen, 21 P 732711. — Dossier communiqué par Sébastien Delage et Régine Berrivin, que nous remercions. — Mémorial GenWeb.

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