HEULHARD Arthur [né Octave Louis HEULHARD]

Par Anne Lorain

Né le 11 mai 1849 à Lormes (Nièvre), mort le 2 janvier 1920 à Troyes (Aube) ; homme de lettres et journaliste ; auteur des onze volumes du Mensonge chrétien.

Orphelin à l’âge de douze ans, Arthur obtiet son émancipation deux ans plus tard et part étudier à Paris où il est pensionnaire au Lycée Saint-Louis.
Après un échec au baccalauréat, il s’inscrivit à la faculté de Médecine mais là encore il échoua rapidement et se tourna définitivement vers le journalisme il avait alors à peine 20 ans.
Il publia dès 1869 des chroniques politiques quotidiennes au Courrier Français jusqu’en 1870, date à laquelle le quotidien cesse de paraître au moment de l’investissement de la capitale par l’armée allemande.
En 1870 il fut engagé au journal La Réforme en tant que rédacteur.

Parallèlement il mena une carrière de critique musical et dramatique et publia dans de nombreux journaux :L’Art musical, le Courrier de Paris, le Courrier de l’Art, l’Art, le Voltaire, l’Événement, La Vérité, Le Télégraphe, le Beaumarchais, le Matin etc. Il devint grand reporter au Figaro du temps de Chincholle.
Il publia également dans de nombreux journaux de province des critiques artistiques mais également des contes littéraires.

En 1873, Arthur Heulhard fonda et dirigea La Chronique musicale, première revue musicale qui regroupait les premiers musicologues ; elle parut jusqu’en 1876. Arthur Pougin qualifiait La Chronique musicale de « revue publiée dans des conditions littéraires et artistiques qui en faisaient un recueil jusqu’ici unique dans le monde. »
Avec Jules Noriac, il créa en 1878, le Moniteur du Bibliophile, gazette littéraire, dont il était le rédacteur en chef.
« Les collaborateurs sont recrutés parmi les esprits les plus éminents de notre époque, écrit le Dr de Montfumat. Il faut citer entre autres Théodore de Banville, Paul de Saint-Victor, Charles Monselet, Barbey d’Aurevilly… »

Heulhard consacra plus de dix ans de sa vie à travailler sur Rabelais, il écrivit plusieurs ouvrages ainsi que des articles et participa à la fondation de la Revue des Études Rabelaisiennes.

Passionné depuis fort longtemps par l’histoire de Paris, il s’était lancé dès 1895 dans un projet grandiose en vue de l’Exposition Universelle 1900 à Paris. Il souhaitait reconstituer le Pont-au-Change. Finalement il donna naissance au « Vieux-Paris », qu’il réalisa avec la collaboration de l’illustrateur Albert Robida. Cette « attraction » de l’Exposition fut une de celles qui obtint un très grand succès.

À partir de 1900, il s’investit totalement dans ce qui fut l’œuvre de sa vie. Il travaillait depuis déjà de nombreuses années sur l’origine du christianisme. Il publia 11 volumes consacrés au Mensonge chrétien publiés à compte d’auteur entre 1908 et 1910.
Le Mensonge chrétien est une œuvre révolutionnaire, unique en son genre. Irrévérencieuse et innovante, elle ne pouvait pas être appréciée par les spécialistes de la matière en raison de son style polémique plus encore que de son contenu. Cependant, pour ceux qui ont suivi l’auteur nivernais avec persévérance au cours de ce long périple et ont lu toute l’œuvre, il est impossible de la qualifier simplement « d’oeuvre d’amateur ». Arthur Heulhard a réussi par ce travail à donner une explication époustouflante mais rationnelle à l’un des plus grands et influents mystères de l’histoire humaine tout en la justifiant par une connaissance des sources anciennes tellement extraordinaire qu’il semble incroyable que cette oeuvre ait pu être réalisée par une seule personne, même exceptionnellement érudite.

N’étant pas publié par un éditeur, comme ce fut le cas pour tous ses autres ouvrages, il dut assumer seul, aidé par son secrétaire, toute la promotion et la distribution de ces publications dans le monde entier.
Son grand ami, Raoul de Saint-Arroman, Directeur des Missions au Ministère de l’Instruction Publique, franc-maçon, organisa une série de trois conférences en mars et avril 1909 au siège du Grand Orient de France à Paris. Assistèrent à ces conférences plus de 1500 personnes.
En 1914 Heulhard publia son dernier volume : La Sainte Famille, Barabbas et les siens dans les mythes grecs de Psyché et d’Apollonius et dans les Ecritures juives

Arthur Heulhard travaillait au « Constantin de l’Àglise » (inédit) lorsqu’il décéda brutalement à Troyes au début de l’année 1920.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236200, notice HEULHARD Arthur [né Octave Louis HEULHARD] par Anne Lorain, version mise en ligne le 5 janvier 2021, dernière modification le 7 janvier 2021.

Par Anne Lorain

SOURCES : Notes d’Anne Lorain.

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