ROUSSEAU Jean-Baptiste.

Par Mathieu Houle-Courcelles

Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 1865 – Montréal (Québec, Canada), 18 mai 1896. Membre de l’Union des peintres (Chevaliers du travail) à Montréal, militant socialiste.

Jean-Baptiste Rousseau, dans La Presse, 18 mais 1896, p. 1.
Jean-Baptiste Rousseau, dans La Presse, 18 mais 1896, p. 1.

Époux de Léonide Girard depuis 1887, Jean-Baptiste Rousseau s’établit à Montréal vers 1895, accompagné de sa femme et de sa fille âgée de huit ans. Il prend la parole le 26 février 1896 dans une assemblée organisée par l’Association coopérative des cordonniers affiliée aux Chevaliers du travail. D’après le journal La Presse, Rousseau « est un Français [sic] nouvellement arrivé au pays et qui connait parfaitement les questions ouvrières telles qu’elles sont comprises de l’autre côté de l’océan. M. Rousseau a fait l’histoire des sociétés ouvrières en Angleterre ; il a raconté les incidents de la grève de Carmaux en France, puis M. Rousseau nous a démontré tout ce que pouvaient les ouvriers lorsqu’ils étaient unis en nous racontant l’histoire des syndicats coopératifs en Belgique ».

Jean-Baptiste Rousseau prend de nouveau la parole le 18 mars 1896 dans une assemblée syndicale visant à former une union de plâtriers, puis, le 8 avril 1896, dans une assemblée de tailleurs de cuir à laquelle participent près de 150 personnes.

Après s’être séparé de sa femme, Jean-Baptiste Rousseau est tué par son beau-frère le 18 mai 1896 à la suite d’une violente dispute familiale dont il est l’instigateur. Les journaux le dépeignent comme un militant radical et anticlérical qui « partageait les idées du socialisme le plus avancé ». Le comité exécutif du Parti socialiste ouvrier du Canada – dont il est membre – adopte une résolution exprimant « le chagrin que causait à l’association la mort d’un bon socialiste et d’un aimable compagnon dans de si tristes circonstances ».

« Étant donné les opinions politiques et religieuses du défunt », Jean-Baptiste Rousseau est inhumé le 20 mai 1896 sans cérémonie religieuse au cimetière des enfants morts sans baptême de Montréal. Une dizaine de ses compagnons sont présents à ses funérailles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236201, notice ROUSSEAU Jean-Baptiste. par Mathieu Houle-Courcelles, version mise en ligne le 4 janvier 2021, dernière modification le 7 avril 2021.

Par Mathieu Houle-Courcelles

Jean-Baptiste Rousseau, dans La Presse, 18 mais 1896, p. 1.
Jean-Baptiste Rousseau, dans La Presse, 18 mais 1896, p. 1.

SOURCES : « Nouvelles ouvrières », La Presse, 27 février 1896, p. 1 – « Nouvelles ouvrières », La Presse, 19 mars 1896, p. 1 – « Nouvelles ouvrières », La Presse, 9 avril 1896, p. 1 – « En légitime défense », La Presse, 20 mai 1896, p. 1 – « Le socialiste Rousseau », La Presse, 26 mai 1896, p. 1.

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