CASANOVA Antoine [Bouches-du-Rhône]

Par Louis Botella, Jean-Marie Guillon

Syndicalistes CGT des Bouches-du-Rhône.

Plusieurs militants CGT des Bouches-du-Rhône s’appellent Casanova Antoine.

En mars 1933, Antoine Casanova était secrétaire adjoint du syndicat confédéré [CGT] du personnel civil des magasins administratifs du ministère de la Guerre à Marseille.

Un autre Antoine Casanova dont le deuxième prénom était François était monteur régleur d’avion à la base d’aviation maritime de Berre (Bouches-du-Rhône). Né le 20 janvier 1910 à Ampaza (aujourd’hui Azilone-Ampaza, Corse du sud), fils de Sébastien Casanova et de Pauline Pichetti, marié à Berre le 2 octobre 1937 avec Odette Arrobio, il était considéré par le commissaire de police de Berre en 1941 comme un des militants communistes « les plus dangereux du pays » (entendons de la localité). Résidant avec sa femme à Ampaza, il avait été rappelé le 2 septembre 1939 au dépôt d’aviation maritime de Berre et affecté spécial à Gnome & Rhône, toujours à Berre, le 1er décembre 1939. Il y avait été employé avant guerre puisqu’il faisait partie des sept membres du bureau du Syndicat des ouvriers de l’École de Pilotage Gnome & Rhône, à Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône) formé en vertu du Livre III du Code du travail’ (lettre du 27 juin 1936 au maire de Saint-Chamas, qui cite les sept responsables sous le secrétariat de Paul Suppo). Antoine Casanova y avait une ’’fonction ’’ de ’’Contrôle’’. Présenté comme « déterminé à tout » par le commissaire de police de Berre et trouvé en possession d’un revolver, il fut l’objet d’un arrêté d’internement administratif le 20 décembre 1941 et envoyé au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Protestant contre cet internement, il souligna que ses deux frères avaient été tués pendant la guerre de 1914-1918. Lui-même avait été engagé volontaire cinq ans dans l’aviation maritime à Rochefort (Charente-Maritime). Le commissaire de police de Berre donna un avis défavorable à sa libération le 30 mai 1942. Interrogé par le commissaire du camp le 31 juillet suivant, il reconnut avoir appartenu au syndicat de l’aviation entre 1936 et 1939, mais sans jamais avoir fait grève ; il nia avoir été communiste et condamnait le PC tout comme le pacte germano-soviétique ; il se disait disposé à signer « volontiers », selon la formule consacrée, l’engagement de loyalisme à l’égard du maréchal Pétain et de son gouvernement. L’avis du chef de camp pour sa libération fut favorable puisqu’il n’y avait rien à signaler quant à son attitude. Mais son arrêté de libération ne fit signé que le 3 mai 1943.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236238, notice CASANOVA Antoine [Bouches-du-Rhône] par Louis Botella, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 5 janvier 2021, dernière modification le 22 février 2021.

Par Louis Botella, Jean-Marie Guillon

SOURCES : pour le premier, Le Travailleur de l’État, organe de l’Union fédérative des travailleurs de l’État puis de la Fédération nationale des travailleurs de l’État, mars 1933 (BNF-Gallica). Pour Antoine François : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône 5 M 414 sous-pochette F7b1, 5 W 172 (dossier internement), 76 W 111 et 188. — notes de Michel Augier.

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