DEBUYGER Charles.

Par Jean Puissant

Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 10 avril 1828 – Bruxelles 4 février 1884. Mécanicien, militant de l’Association internationale des travailleurs, socialiste révolutionnaire-anarchiste (…), père de Marie-Élisabeth Debuyger, beau-père de Désiré Brismée.

Charles Debuyger dont le nom est parfois orthographié De Buyger, De Buygher, Debuge .., mécanicien, travaille longtemps à Paris, sa fille Marie-Élisabeth y est née en 1852. Il est parfois cité comme « Communard », mais rien ne permet de le confirmer. Il est plutôt revenu à Bruxelles au moment du siège, à l’automne 1870. Il n’est pas cité dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (DBMOF). Il commence probablement son activité militante après son retour à Bruxelles.

La première mention de Charles Debuyger par la police bruxelloise remonte à juin 1874, où lors d ‘une réunion de l’Association internationale des travailleurs (AIT), il se porte garant de Henri Joineaux ou Joinaux, internationaliste et communard exilé à Bruxelles, qu’il a connu à Paris. De Buyger fréquente et soutient les milieux de proscrits français, notamment au Prêt mutuel, à l’Égalité, où il prend la parole lors des commémorations de la Commune. Membre de l’AIT de Bruxelles, il participe activement à ses activités, au Congrès international de Bruxelles de septembre 1874, puis au Congrès national de Verviers (pr. Liège, arr. Verviers) en décembre de la même année. Il s’en prend vivement au Conseil général de l’AIT, dominé par les centralistes, et plaide en faveur de l’autonomie des fédérations nationales. Il devient membre du comité de la section bruxelloise de l’AIT en janvier 1875. Il est chargé, avec Désiré Brismée, Kiestemaekers, de rédiger un manifeste aux ouvriers mineurs les incitant à s’associer (31 janvier), lors de meetings dans le Borinage notamment.
Charles Debuyger préside régulièrement les réunions hebdomadaires de l’AIT. Il en est devenu l’un des principaux militants, donne de nombreux meetings. Il participe au Congrès révolutionnaire de Verviers en 1880. Il adhère aux Cosmopolitains, créés au début 1874. Ceux-ci donnent leur appui à L’Ami du peuple de Liège, plus radical, ce qui l’écarte des positions de Brismée. Il préside régulièrement les réunions des Cosmopolitains. Il les représente à divers congrès rationalistes régionaux et nationaux.
Charles Debuyger participe à la Ligue collectiviste anarchiste de Bruxelles avec Hubert Delsaute* et Jan Pellering* en 1879-1880, à la création d’un nouvel organe, Le Drapeau rouge qui ne connaît pas de suite en mars 1880, à L’Union révolutionnaire belge avec Charles Delfosse, Eugène Steens et Laurent Verrycken en 1880-1881. Avec les mêmes, il crée, en juillet 1881, un hebdomadaire La Justice sociale qui connaît une demi-douzaine de numéros, puis à la fin de 1881, La Ligue républicaine socialiste.
Debuyger fréquente les réunions des Cercles réunis de Emmanuel Chauvière.

Associé désormais aux éléments les plus radicaux du milieu bruxellois qui ne parviennent pas à créer une organisation pérenne, tiraillés entre la vieille AIT, les socialistes révolutionnaires et les anarchistes, Charles Debuyger participe aux activités des milieux socialistes dans l’espoir de les radicaliser, en particulier dans leur opposition commune contre les expulsions de militants étrangers, notamment celles de Hartmann et Johan Most avec qui il reste en contact. À Paris, il rencontre Égide Spilleux* et Léonard Dupaix. Il participe activement aux activités du Parti socialiste brabançon depuis 1879, adhère au Cercle démocratique qui réunit surtout des non-ouvriers, étudiants notamment (1879-1880), malgré l’opposition de Louis Bertrand. Il fait partie du comité provisoire de l’Union démocratique (1882) qui cherche à réunir bourgeois et ouvriers en faveur du suffrage universel. Il est un des militants les plus actifs de 1875 à 1882, mais symbolise l’échec d’un pôle socialiste radical, en place ou aux côtés de la social-démocratie qui se renforce jusqu’à la création du Parti ouvrier belge (POB) en 1885.
Charles Debuyger déclare à un meeting du Parti socialiste brabançon en février 1878 : « Si l’on n’arrive pas à la solution par des moyens pacifiques, on l’obtiendra par la force », puis en octobre 1879 : « La révolution sanglante, voilà ce qu’il nous faut ». Il est possible de multiplier les exemples de ses affirmations péremptoires collectées par les observateurs de la police.

Sa fille Marie-Élisabeth épouse Désiré Brismée à Londres le 23 octobre 1883. Elle succèdera à son défunt époux à la tête de l’imprimerie familiale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236275, notice DEBUYGER Charles. par Jean Puissant, version mise en ligne le 5 janvier 2021, dernière modification le 5 janvier 2021.

Par Jean Puissant

SOURCE : WOUTERS H., Documenten betreffende de geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), delen I-III, Leuven-Paris, 1970-1971 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 60).

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