LACROIX François, Camille, Julien

Par André Balent

Né le 21 décembre 1911 à Montesquieu-Volvestre (Haute-Garonne), mort le 16 juillet 1944 à Esplas-de-Sérou (Ariège) ; domicilié à Carbonne (Haute-Garonne) ; résistant ; victime d’une « bavure » du maquis du col de la Crouzette (Ariège), exécuté sommairement après un « procès » expéditif

Camille Lacroix était le fils d’Éliacin, Jean Lacroix, gendarme, maréchal des logis en résidence à Grenade (Haute-Garonne) né le 17 novembre 1872 à Rimont (Ariège) et de Cecilia Ebra, âgée de vingt-huit ans. Celle-ci résidait, lors de la naissance de son fils au Moulin d’Ebra, commune de Montesquieu-Volvestre. Le père d’Éliacin, François était aussi gendarme. Il avait trente-quatre ans en 1872. Il avait épousé Léandre Dedieu, âgée de vingt-neuf ans.
Domicilié à Carbonne (Haute-Garonne) Camille Lacroix était, en 1944, résistant. Au mois de juillet 1944, il se trouvait à Rimont (Ariège) en visite chez son père. Claude Delpla (op. cit. , p. 459) qui signale que Camille Lacroix était un résistant, indique que son père, gendarme retraité, était un « collaborateur ». Il avait dû être dénoncé comme tel aux maquisards du col de la Crouzette (commune d’Esplas-de-Sérou, Ariège)

Le 15 juillet 1944, des hommes de main de la Sipo-SD de Saint-Girons affiliés au PPF (Parti populaire français) massacrèrent sauvagement deux notables qui aidaient les maquis des FTPF et de l’AGE de la Crouzette, Paul Laffont, ancien député et ministre et Charles Labro, médecin. René Plaisant, chef des FTPF de la Crouzette, réagit en impulsant la création d’un « tribunal du peuple » destinés à punir les traîtres et les collaborationnistes. L’historien ariégeois de la Deuxième Guerre mondiale, Claude Delpla estima qu’il exerça une justice qu’il qualifia de « militaire ». Les guérilleros de l’AGE et le maquis (Armée secrète) de Labastide-de-Sérou furent associés à l’exercice de cette justice. Quatorze personnes furent exécutées au col de Rille (938 m), entre Rimont et le col de la Crouzette, à la suite d’expéditions punitives qui aboutirent à l’exécution de collaborationnistes coupables d’actions contre les maquis ou de dénonciations mais qui donnèrent lieu à des « bavures » : des innocents confondus avec des collaborationnistes ou mis en cause sur la base d’informations erronées furent fusillés ou abattues par erreur, comme Joseph Pédoya de Montseron tué chez lui, confondu avec la victime désignée, un collaborationniste du village. En plus de Pédoya, quatorze hommes, vrais collaborationnistes, innocents ou même, parfois, résistants, furent « jugés » à proximité d’un autre col du massif de l’Arize, celui de Rille (938 m), puis exécutés. Leurs corps, furent en règle générale inhumés près du col de la Crouzette, sur le territoire d’Esplas-de-Sérou. Pour sa part, Camille Lacroix demanda à suivre son père lorsque les hommes du maqiuis de la Crouzette vinrent le chercher. Or, de la Crouzette, ceux qui montaient avaient la réputation de ne plus redescendre.

Les cadavres furent retrouvés après la Libération à partir de l’automne 1944 jusqu’au printemps de 1945. Claude et Isabelle Delpla (op. cit., 2019, p. 458-459) les ont signalés dans leur livre sans indiquer leurs noms. Élérika Leroy, à la suite de son travail universitaire (op. cit., 1998 p. 53-57) nous a communiqué (4 décembre 2020) une liste nominative de dix-huit noms (Pédoya inclus). Dans les deux cas, Camille Lacroix est du nombre. Il fut fusillé à tort comme collaborationniste vers le 15 juillet 1944 par les maquisards au col de la Crouzette après le procès sommaire du col de la Rille. Comme celui de son père Éliacin, le cadavre de Camille Lacroix fut retrouvé et identifié le 25 septembre 1944, a midi. L’acte de décès fut inscrit sur le registre de l’état civil d’Esplas-de-Sérou.

Camille Lacroix fut réhabilité. Il existe un dossier à son nom à Vincennes (Service historique de la Défense, 16 P 327849) non consulté.

Voir Esplas-de-Sérou (Ariège), col de la Crouzette (1244 m) et col de Rille (938 m) ; Castelnau-Durban (Ariège), Rivèrenert (Ariège), 19 juin-21 juillet 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236358, notice LACROIX François, Camille, Julien par André Balent, version mise en ligne le 8 janvier 2021, dernière modification le 19 juillet 2021.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Haute-Garonne, 1 E 46, état civil de Montesquieu-Volvestre registre de l’état-cvil1910-1912, acte de naissance de Camille Lacroix.. — Arch. dép. Ariège, 5 Mi 266, registre des naissances, Rimont, 1867-1881. — Claude Delpla, La libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’oiseau, 2019, 514 p. [p. 134, 458-459]. — Élérika Leroy, Les résistants et l’épuration. Aspects de la répression contre les collaborateurs dans le Midi toulousain 1943-1953, Mémoire de maîtrise, dir. Pierre Laborie, université de Toulouse-Le Mirail, 1998, 200 p. [p. 52-57]. — Notes communiquées, 4 décembre 2020, par Élérika Leroy (liste nominative des personnes exécutées par le maquis de la Crouzette en juillet 1944). — Site Mémoire des Hommes, consulté le 7 janvier 2021. — Site MemorialGenWeb, consulté infructueusement le 7 janvier 2021.

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