MISSOTTE Marcel

Par Audrey Galicy

Né le 7 octobre 1922 à Saint-Justin (Landes), exécuté sommairement le 6 juillet 1944 au Pont-Long à Pau (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) ; cultivateur ; résistant du Corps Franc Pommiès (CFP), Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Fils de Denis, cantonnier des ponts et chaussées et de Albanie Barcieugues, Marcel Missotte résidait à Arouille dans les Landes. Son père, vétéran de la Grande Guerre, obtint la médaille interalliée dite de la victoire.
Marcel s’engagea dans la Résistance probablement pour échapper au STO. Il rejoignit la Brigade De Milleret ("Carnot").
En juin 1944, cette brigade, composée 180 hommes, anciens militaires ou hommes recrutés dans le secteur Landes-Gers-Béarn se trouvait à Portet (Basses-Pyrénées). Le chef du détachement, Jean Milleret (« Carnot »), chef FFI des Landes, s’était installé dans la région avec son état-major et fut rejoint par la section de commandement, la section destructions de Robert Vaxelaire, la section d’Emile Dupuy, la compagnie Maulvaux et la section auto. Chaque groupe était indépendant et avait son propre chef.
A Portet, les hommes logeaient dans les granges, les maisons, les hangars. Selon les témoignages de Pierre Langlade, frère d’un jeune résistant et d’Albert Sturni, jeune alsacien de la brigade, l’indiscipline et le désordre régnaient au sein du groupe Carnot. La plupart des hommes étaient jeunes et sans formation militaire.
Fin juin, De Milleret fut informé d’une attaque possible des troupes allemandes. Il lui fut alors fortement conseillé de changer de cantonnement et de répartir ses hommes, trop nombreux à Portet. Malgré ces avertissements, la décision de quitter le cantonnement fut prise le 2 juillet au soir, hélas trop tard.
Le lundi 3 juillet 1944, à 4h00 du matin, un important détachement allemand lourdement armé et parfaitement renseigné, encercla et isola le village. A 6h00, les allemands lancèrent l’attaque. Pour les maquisards, aucune solution de repli n’était possible. Certains s’enfuirent ou se cachèrent dans les bois, les granges, d’autres ripostèrent. L’attaque fut violente et le bilan matériel et humain particulièrement lourd. Neuf maisons furent incendiées, 14 résistants furent tués au combat, 5 habitants du village furent abattus. Les Allemands emportèrent un important matériel, camions, voitures ambulances, armement ainsi que du bétail.
Marcel Missotte fut capturé avec 38 de ses compagnons. Ils furent transportés, enfermés et torturés dans les prisons de la caserne Bernadotte à Pau. Le 6 juillet, le commandant allemand prit la décision d’exécuter les prisonniers. Emmenés au champ de tir du Pont-Long, au nord de Pau, ils furent exécutés sommairement à la mitraillette et leur corps jeté dans des fosse. M. Larquier, agriculteur au Pont-Long témoigna : « Le 6 juillet 1944, 2 ou 3 camions arrivent au champ de tir vers midi. Des prisonniers français en descendent. Je fauchais du foin aidé par ma femme. Un officier allemand s’avance vers nous et nous ordonne de rentrer dans notre maison et d’y rester jusqu’à 15 :00. Ce que nous faisons. Nous avons entendu des rafales de mitrailleuses à cadence assez lente. Elles ont duré longtemps. »
Les fosses furent découvertes le 25 août 1944, les corps furent déterrés par des prisonniers allemands et des miliciens ayant participé au massacre.
Reconnu « Mort pour la France », Marcel Missotte a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF) et Déporté interné résistant (DIR). Son nom est inscrit sur le mémorial du CFP à Castelnau-Magnoac, le Monument commémoratif de Portet qui compte 62 victimes et sur le monument aux morts de Saint-Justin dans les Landes. Enfin, son nom figure sur une plaque installée à Pau, à l’endroit du charnier.


Voir Pau (Basses-Pyrénées, actuellement Pyrénées-Atlantiques), champ de tir du Pont-Long, 6 juillet - août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236469, notice MISSOTTE Marcel par Audrey Galicy, version mise en ligne le 11 janvier 2021, dernière modification le 11 janvier 2021.

Par Audrey Galicy

SOURCES : Archives des Landes. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — CERONI, Marcel. Corps Franc Pommiès. Tome 1-2 ; La lutte ouverte. Amicale du Franc Pommiès, 2007. — Archives de l’Association « Les Basses Pyrénées dans la Seconde Guerre Mondiale ».

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