ROUSSEL Albert, Charles, Paul, Marie

Par Gilles Pichavant

Né le 5 avril 1869 à Tourcoing (Nord), mort le 23 août 1937 à Royan (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) ; compositeur ; président de la Fédération musicale populaire (1937).

Albert Roussel dans l’Humanité du 25 août 1937

Membre d’une famille de la bourgeoisie industrielle tourquennoise, dans laquelle on comptait plusieurs artistes amateurs de bon niveau, Albert Roussel fit ses études secondaires à l’Institution libre du Sacré-Cœur de Tourcoing. Orphelin à l’âge de sept ans, il fut recueilli par son grand-père, maire de Tourcoing, puis par sa tante maternelle. Il intégra le collège Stanislas de Paris, où il découvrit Bach, Beethoven et Mozart.

La lecture des romans de Jules Verne le décidèrent à devenir marin. Après avoir servi quelques années dans la marine (il avait été admis à l’École navale en 1887), il décida en 1894 de se consacrer entièrement à la musique.

Il reçut des leçons d’harmonie à Roubaix du grand près d’Henri Dutilleux qui l’encouragea à se rendre à Paris pour étudier le contrepoint et la fugue. Il s’inscrivit en 1898 à la Schola Cantorum. Il y enseigna lui-même le contrepoint entre 1902 et 1913, comptant parmi ses élèves de futurs compositeurs qui firent de brillantes carrières comme Erik Satie ou Edgard Varèse.

Dès 1898 il avait écrit ses premières pièces de musique de chambre, auxquelles vinrent s’ajouter des symphonies comme sa symphonie n°1 Le poème de la Forêt. On lui doit aussi des ballets comme Le festin de l’araignée (1912-1913) et des opéras comme Le testament de la Tante Caroline (1932-1933). Son œuvre musicale très variée s’inspira d’un exotisme puisé lors de ses nombreux voyages et fit preuve d’une grande originalité.

En tant qu’ancien officier de marine, il rempila à 45 ans pendant la Première Guerre mondiale. Après la démobilisation, il continua d’enseigner la musique, et à composer.

Est-ce son expérience de la Première guerre mondiale, puis la montée du nazisme en Allemagne qui le conduisirent à se rapprocher de la gauche et du Front populaire ? Toujours est-il qu’en juin 1937, dans le cadre du 2e congrès de la Fédération musicale populaire, en présence notamment de Paul Vaillant-Couturier, Jean-Richard Bloch, et Louis Aragon, il fut désigné président d’honneur de la Fédération musicale populaire, fondée le 22 juin 1935, sous le patronage de Romain Rolland. Au cours de la période de montée du Front populaire, il n’avait en effet cessé de témoigner sa sympathie à l’effort d’éducation musicale populaire auquel il s’intéressait avec une ardeur dont les jeunes musiciens comme Georges Auric, Roger Désormières, Darius Milhaud, Arthur Honnegger, Henri Sauveplane, et avec eux tous les membres des chorales et harmonies adhérentes à la FMP gardèrent précieusement le souvenir.

Albert Roussel vécut au n° 2 du square Gabriel-Fauré dans le XVIIe arrondissement de Paris, de 1929 à sa mort en 1937. Mais, il passait l’été à composer dans une propriété qu’il avait acquise en 1920 dans le hameau de Vastérival à Varengeville-sur-mer, à proximité de Dieppe (Seine-Maritime), qu’il transforma en paradis.

Le 23 août 1937, il mourut à Royan des suites d’un malaise cardiaque. Le 28 août, il fut enterré dans le petit cimetière marin de Varengeville-sur-Mer, en présence d’une délégation du Comité central du Parti communiste Français conduite par Gaston Monmousseau. Il repose avec son épouse Blanche Preisach (15 mars 1880 - 6 février 1962) dans son tombeau du cimetière marin, sculpté par Marcel Gaumont qui porte l’inscription suivante : « C’est en face de la mer que nous finirons nos existences et que nous irons dormir pour entendre au loin son éternel murmure (A. Roussel) ». La bibliothèque-musée de l’Opéra de Paris conserve son portrait peint par Claude-René Martin. Un timbre à son effigie a été émis par la Poste française pour le centenaire de sa naissance en 1969.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236656, notice ROUSSEL Albert, Charles, Paul, Marie par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 17 janvier 2021, dernière modification le 18 janvier 2021.

Par Gilles Pichavant

Albert Roussel dans l’Humanité du 25 août 1937

SOURCES : Ce Soir, 30 août 1937. — L’Humanité, 25 août 1937, 28 août 1937l’Avenir Normand, 10 septembre 1937 — Biographie d’Albert Roussel dans Wikipedia. — Philippe Clochepin, Des nouvelles de Varengeville, Paul Plume Éditions, mai 2020.

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