Clés du dictionnaire

TRANSCRIPTION

Pour la transcription des titres de publications, des noms de personnes, de lieux ou d’organisations en japonais, nous avons adopté le système dit « de Hepburn » dont nous donnons ici une liste des principales particularités :
e : prononcé comme un « é »
u : prononcé comme un « ou » (le son « u » n’existe pas en japonais) ;
g : prononcé comme un « gu » devant « i » et « e » ;
ch : prononcé comme « tch » ;
sh : prononcé comme « ch » ;
s : toujours prononcé comme « ç » ;
h : toujours aspiré ;
n : prononcé comme en français, mais quand il précède « p », « b », « m », il est prononcé comme un « m », ce qui explique que nous ayons gardé la transcription imparfaite dans certains noms communs, déjà connus sous cette forme en Occident, par exemple : shimbun, « journal » et sambetsu (contraction de sangyōbetsu kumiai), « syndicat d’industrie » ; en finale toujours sonorisé ;
ō, ā, ē, ū : voyelles longues.
Pour tous les noms de personnes, nous avons suivi l’usage oriental : le nom de famille (ou de clan) précède le nom personnel, correspondant à notre prénom. Afin d’éviter toute ambiguïté, nous avons, de plus, décidé d’avoir recours aux caractères majuscules pour les noms de famille.

TRADUCTION

Le manuscrit de ce dictionnaire était rédigé en japonais ; en dehors des difficultés inhérentes à la simple traduction, nous nous sommes heurtés à deux sortes de problèmes. Le premier consista en l’élaboration d’un système cohérent de traduction, pour les noms d’organisations principalement ; ce problème fut rendu particulièrement complexe par la multiplicité des dénominations souvent très proches en japonais ; les solutions que nous avons retenues auront, à défaut de tout autre mérite, la qualité d’être « conséquentes » : c’est ainsi que, par exemple, nous avons décidé de traduire « dōmei » par « fédération » et « sōdōmei » par « fédération générale » parce qu’il existait également la dénomination « dōmei kaigi » pour laquelle il ne restait que le mot « confédération ». Nous sommes toujours partis du principe selon lequel la traduction devait respecter une différence dans la dénomination japonaise, par exemple : « rōdō kumiai zenkoku dōmei » et « zenkoku rōdōkumiai dōmei » ; seul l’ordre des mots diffère, ce que nous avons fait passer en français d’une manière semblable : « Fédération nationale des syndicats ouvriers » et « Fédération des syndicats ouvriers nationaux ».
Dans cette approche de la systématisation des traductions, nous avons ainsi résolu les problèmes de traduction de « zen nihon » en « pan-japonais » parce qu’il existait aussi « zenkoku » « national » ; « kokumin », « nation » et « jimuin », « peuple » ; « taishū », « populaire » et « minshū »,, « du peuple » (en particulier dans le cas de « Taishū shakai tō », « Parti socialiste populaire » et « Minshū shakai tō », « Parti socialiste du peuple » ; « kaiin », « gens de mer » et « sen’in », « marins » ; enfin « Minshu shakai tō » (1901) « Parti social-démocrate » et « Shakai minshu tō » (1960), « Parti démocrate socialiste » (il convient de signaler à propos de cette dénomination qu’il existe un certain « flottement » dans les traductions déjà existantes selon lesquelles il y aurait eu trois « Parti social-démocrate », fondés l’un en 1901, l’autre en 1926 et le dernier en 1960 ; il semble, en fait, y avoir eu une confusion terminologique ne résistant pas, soit à une analyse au niveau des caractères chinois utilisés dans l’appellation officielle de ces formations, soit à une mise en forme systématique à partir de l’ordre des mots en japonais).
Il nous fut difficile de trancher en ce qui concerne le « Kokka shakai tō », « Parti du socialisme national ou d’État » ; fondé en 1932, il s’agit bien d’un parti national-socialiste ; cependant, ses fondateurs n’ont pas retenu l’appellation officielle de l’homologue allemand traduit en japonais par « Kokka shakaishugi doitsu rōdō » ; nous en .déduisons, à tort peut-être, mais en tout cas dans la perspective définie plus haut d’une certaine cohérence dans les dénominations, qu’il est de notre devoir de maintenir cette distinction dans la traduction française au risque d’une légère opacité, mais dans le respect de la conception japonaise.
Dans le cadre du problème de mise en forme d’un système, il restait la question des « contractions », pratique consistant à ne retenir dans une succession de caractères chinois constituant la dénomination d’une organisation ou d’une institution que deux ou trois de ceux-ci dans un but d’allègement de l’énoncé (cf. les abréviations en russe : comintern, etc.) : par exemple, « Zen kaiha » pour « Zenkoku kaigiha » ou « Zenkyō » pour « Nihon rōdōkumiai zenkoku kyōgikai ».· Il est très fréquent, en japonais, d’avoir recours à de telles contractions (nous nous sommes efforcés de toujours les faire figurer en regard des dénominations officielles beaucoup plus longues). Il s’est trouvé cependant que de telles formes contractées correspondent, en fait, à l’appellation officielle d’une organisation. Nous l’avons dans ce cas rendu en français par la suppression des articles et l’introduction d’un tiret, par exemple : « Rōnō tō » « Parti ouvriers-paysans >>, car il s’agit de la contraction des mots « rōdōsha », « ouvriers » et « nōmin », « paysans >> avec « tō », « parti » (on n’a retenu que la première syllabe correspondant au premier idéogramme des deux premiers mots). En français, nous avons alors décidé de nous en tenir systématiquement à la traduction de la dénomination officielle de l’organisation considérée : en effet, « Rōnōtō » peut être soit la forme con­ tractée de « Rōdō nōmintō », parti fondé en 1926, soit l’appellation officielle d’un autre parti fondé en 1929 ; dans la perspective énoncée ci-dessus, nous avons baptisé la première formation « Parti des ouvriers et des paysans » et la seconde « Parti ouvriers-paysans ». La deuxième série de problèmes auxquels nous avons été confrontés provient de la différence des structures sociales, politiques, institutionnelles et organisationnelles entre la France et le Japon. Nous avons tenté de résoudre chaque question dans le respect de la structure japonaise, tout en ménageant des « ponts de compréhension » pour le lecteur francophone. A titre indicatif, nous donnons ici une liste des principaux termes en question :
- Meiji ishin : Rénovation de Meiji ; nous avons retenu cette traduction, d’abord pour éviter de prendre parti dans la controverse « Restauration/Révolution » ensuite parce que cette traduction est plus proche du sens du terme japonais.
- ken : département (la traduction « préfecture » retenue par certains ouvrages français ne correspond pas à la réalité administrative de ce terme en japonais).
- gun : district (dénué en japonais comme en français de définition administrative précise).
- nihonshugi : « japonisme » (néologisme peu employé en japonais).
- ho : loi (il peut s’agir de « décret » mais, employés en suffixes,
les deux termes sont confondus en japonais).
- zai : crime (il peut s’agir de « délit » mais les deux termes sont confondus en japonais).
- kokkai : Diète (correspond au Parlement en France ; terminologie des publications en français du gouvernement japonais).
- shügiin : Chambre des représentants (correspond à la Chambre des députés en France ; même remarque que ci-dessus).
- sangiin : Chambre des conseillers (correspond au Sénat en France ; même remarque que ci-dessus).
- jiyü rodosha : ouvriers « libres » ; il s’agit d’un mode de travail qui se développa pendant la période de l’entre-deux-guerres, ce ne sont pas des journaliers ; ce seraient plutôt des « contractuels » sans garantie d’emploi même pendant la durée du « contrat » ; il s’agit bien souvent d’une démarche personnelle de « contestation » du système économique.
- borushebiki : « bolshevik » (dénomination des communistes de la première époque).
- jouin chüo iin : permanent, membre du Comité central (différence de structure organisationnelle).
Enfin, pour les trois termes suivants, nous avons préféré conserver le mot japonais en regard de la traduction française :
- burakumin : hors-caste vivant dans des hameaux (« buraku ») discriminés.
- kosaku : petit fermier (on a parfois appelé dans des textes français les « kosaku » des métayers car ils payaient leur fermage en nature, mais il s’agit bien, en fait, d’une redevance dont le montant était fixe ; juridiquement, ils sont donc des fermiers, même si, écrasés par la lourdeur du fermage, ils ont un statut social plus proche de celui du métayer).
- jinushi : propriétaire foncier parasite possédant au moins trois hectares de terre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236697, notice Clés du dictionnaire, version mise en ligne le 29 juillet 2022, dernière modification le 18 janvier 2021.
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