LAILHACAR Albert, Jean, Julien alias Frison ou Frisou dans la résistance

Par Eric Panthou

Né le 6 avril 1925 à Bordeaux (Gironde), blessé grièvement le 11 juin 1944 au Mont-Mouchet, possiblement à Auvers (Haute-Loire), mort suite à ses blessures le 15 juin 1944 à Chaudes-Aigues (Cantal) ; maître d’internat ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Albert Lailhacar habitait Bègles (Gironde). Son père avait fait la 1ère guerre mondiale et était mort en 1937 des suites des conséquences des gazages subies durant ce conflit. Albert fut élève à l’école Berthelot à Bègles où il fut influencé par son instituteur, M. Pommade, grand blessé de la 1ère guerre qui lui aussi lui enseigna la haine de la guerre.
Sous l’Occupation il fut enfant de troupe à l’école militaire de Billom (Puy-de-Dôme). Il serait ensuite devenu maître d’internat au sein de cet établissement avant de rejoindre la résistance comme plusieurs autres enfants de troupes. Ces hommes répondirent à l’appel du Colonel Gaspard à rejoindre en masse le Mont-Mouchet pour bloquer les troupes allemandes devant remonter en Normandie. C’est en avril qu’ils quittèrent l’école, avec notamment le capitaine Grand.
C’est lors des combats des 10 et 11 juin 1944 qu’il fut blessé mortellement. Un doute sur le lieu exact où il fut blessé et où il mourut. Un document dactylographié sur son identification indique qu’il est mort la nuit du 11 au 12 juin à l’établissement thermal de Chaudes-Aigues. Il est précisé dans ce même document qu’il a initialement été placé dans un cercueil confectionné par la population de Maurines avant d’être enterré dans le champ de madame Brunel à côté du cimetière de Maurines. Il fut ensuite ramené à Chaudes-Aigues pour y être inhumé. Les communes de Maurines et Chaudes-Aigues n’ont pas d’acte de décès le concernant.

Il a reçu la Croix de Guerre avec palme.
Sur un monument il est signalé mort à Maurines (Cantal) alors que Jean Favier le signale mort le 15 juin 1944 à l’hospice de Chaudes-Aigues (Cantal) après avoir été blessé gravement au Mont-Mouchet c’est-à-dire probablement sur la commune d’Auvers (Haute-Loire) ou de Pinols (Haute-Loire). La date de sa blessure, le 11 juin, tendrait à confirmer que c’est lors des combats du Mont-Mouchet, dans le secteur d’Auvers (Haute-Loire), qu’il a été mortellement blessé. La base Mémoire des Hommes donne une date de décès le 13 juin, à Chaudes-Aigues. La mairie de Chaudes-Aigues n’a pas d’acte de décès à ce nom.

Sa mère ne put être présente pour venir l’identifier avant le 23 novembre 1944. Il est indiqué sur le document manuscrit faisant état de cette identification que son fils serait mort le 15 juin 1944 à Maurines lors des combats de la Margeride. Sa mère obtint d’un dénommé Jurquet qu’il accueille le cercueil dans le caveau familial et aida la mère dans ses différentes démarches. Les corps ne pouvant être réinhumés dans un rayon de plus de 50 kilomètres du lieu d’inhumation, sa mère s’arrangea avec la résistance locale du Cantal pour faire croire à un déplacement proche alors qu’elle voulait qu’il soit enterré auprès de son père. Il a été réinhumé le 15 juillet 1949 à Bègles. A cette occasion, sa mère fit paraître un avis indiquant qu’il avait été tué le 12 juin 1944 à Maurines (Cantal).

Il a été reconnu Mort pour la France.

Son nom est gravé sur les monuments aux Morts de Billom (Puy-de-Dôme) et Chaudes-Aigues ainsi que sur le monument "commémorant le sacrifice des enfants de troupe des écoles militaires préparatoires" à Clavières (Haute-Loire). Il est indiqué sur ce dernier monument : "Albert Lailhacar, mort à Maurines (Cantal) des suites de blessures reçues au Mont-Mouchet".
Son nom figure aussi à Montjoie-en-Couserans (Ariège) sur la Stèle commémorative des cadets du centre Bayard d’Audinac ainsi que sur le monument aux Morts de Bègles.
Depuis le 8 mai 1973, une rue Albert Laihacar a été inaugurée à Bègles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236739, notice LAILHACAR Albert, Jean, Julien alias Frison ou Frisou dans la résistance par Eric Panthou, version mise en ligne le 19 janvier 2021, dernière modification le 4 avril 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : Jean Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir. Cantal, 1940-1944, Aurillac, Association des Maquis et Cadets de la Résistance du Cantal, 2007. — Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008. — AVCC Caen, AC 21 P 68620, dossier Jean Ilhacar (nc). — Sud-Ouest, 14 juillet 1949. — Sud-Ouest. — Michel Slitinsky, La Résistance en Gironde, 1970. — Mémorialgenweb. — Correspondance entre Marie Lailhacar et M. Jurquet, 1944-1947, transmise par Jean Favier. — Fiche d’identification d’Albert Lailhacar, archives Jean Favier.

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