FUMÉ Georges [FUMÉ Jean, Georges]

Par Jacques Girault

Né le 12 mars 1908 à Saint-Ciers-sur-Gironde (Gironde), mort le 18 juillet 1994 à Bordeaux (Gironde) ; instituteur ; militant syndicaliste SNI de Gironde.

Fils d’un marchand, Georges Fumé (parfois orthographié Fumet), instituteur, s’était marié en avril 1930 à Bordeaux. Il était membre du conseil syndical de la section de la Gironde du Syndicat national des instituteurs après la Seconde Guerre mondiale. Il devint secrétaire de la section en 1955-1956.

À partir de 1947, délégué par sa section, il intervenait souvent dans les réunions des instances nationales du syndicat. Au congrès national, le 20 juillet 1947, son propos visait à exiger des auberges de jeunesse une attitude laïque. Lors du congrès de 1950, assesseur d’une séance, le 19 juillet, il s’élevait contre le trop large temps de parole accordé aux minoritaires. Lors des réunions du conseil national à partir de 1951, ses interventions portaient sur la question de la nationalisation de l’école, la défense de l’école laïque ou la défense des libertés. Il critiquait ouvertement ceux qu’il désignait comme « cégétistes ». Lors du congrès de 1951, à Saint-Malo, dans le débat sur les luttes laïques, il estimait qu’il fallait « l’autorité de l’État ne se réduise pas à un endoctrinement comme en RDA ».

Lors du congrès de Paris, le 17 juillet 1952, il refusait l’ouverture d’une tribune libre dans L’École libératrice au nom de « notre indépendance et de notre unité ». L’année suivante, le 18 juillet, à propos du régime scolaire en Alsace-Moselle, il reprochait aux communistes de soutenir le nationalisme régional et ainsi de prendre la défense du statut qui permettait des relations institutionnelles entre l’enseignement et les religions. Il présidait la commission du dépouillement, lors de la réunion du conseil national du SNI, le 26 décembre 1953, qui procéda à l’élection du nouveau bureau national. Au congrès national suivant, le 7 juillet 1954, il approuvait le rapport moral présenté par Denis Forestier tout en mettant en garde les majoritaires sur les possibles intentions des « ex-cégétistes » qui, en votant pour le rapport moral, pouvaient en attendre une intégration dans la direction du SNI.

Lors du congrès de juillet 1955, se tenant à Bordeaux, tout en remarquant que les « cégétistes » votaient le rapport moral, il se demandait s’il ne s’agissait pas d’une opération politique et souhaitait que le SNI « reste en dehors des bagarres partisanes ». Il intervint à nouveau dans le débat sur le rôle social de l’école laïque pour critiquer l’idée que le système scolaire ne luttait pas contre les différences sociales et affirmer que, seulement par sa nationalisation, l’enseignement pouvait lutter contre les inégalités. Un passage de son article dans le bulletin ayant été évoqué dans un article de Robert Ducol de L’École libératrice, il écrivit une mise au point dans la publication du SNI, le 25 janvier 1957, dans laquelle il se réclamait « d’un syndicalisme indépendant, objectif, scientifique », syndicalisme dont le communiste Ducol ne pouvait se réclamer selon lui. Au congrès national de Paris, en juillet 1957, il était membre de la commission des résolutions. Il intervint par la suite pour soutenir la majorité du SNI et critiquer les minoritaires, affirmant « la nécessité de défendre les libertés tout en respectant l’originalité des hommes, des organisations et des idées dans le respect nécessaire d’une conscience collective refusant la violence et la haine ». Il figura lors de l’élection du bureau national du SNI, à la fin de 1957, candidat sur la « Liste pour un syndicalisme indépendant, réaliste et constructif » en 17e position. Il arriva en 14e position et fut le dernier élu de la liste avec 1 265 voix lors de la réunion du conseil national, le 23 décembre 1957.

Lors de la réunion du conseil national du SNI à Carcassonne, le 15 avril 1957, Georges Fumé indiqua que le bureau national du SNI l’avait chargé d’aider l’instituteur de la Creuse Gaston Fanton, accusé d’entraves à la circulation de matériel militaire, lors de son procès au Tribunal militaire de Bordeaux.

Secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale au début des années 1950, Georges Fumé fut suppléant des élus de la liste « autonome » à la commission administrative nationale de la FEN en 1961-1962.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23676, notice FUMÉ Georges [FUMÉ Jean, Georges] par Jacques Girault, version mise en ligne le 18 novembre 2008, dernière modification le 29 juillet 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. mun. Bordeaux, 2 K 270. — Arch. FEN (L. Frajerman). — Presse syndicale (L’Ecole libératrice, L’Enseignement public).

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