FERRY Marcel, Jules, Philippe

Par Jacques Girault

Né le 24 octobre 1911 à Gien (Loiret), mort le 17 octobre 1994 à Gien ; instituteur ; militant communiste du Loiret ; conseiller municipal de Lorris (Loiret) ; président national de l’Union nationale des retraités et personnes âgées.

Fils de Cyprien Ferry, préposé à l’abattoir de la ville de Gien, trésorier de la section du Parti radical-socialiste, et de Charlotte Quiry, sans profession, Marcel Ferry, frère cadet de Jules Ferry, futur inspecteur primaire, ne reçut aucun sacrement religieux. Elève du cours complémentaire, il entra à l’École normale d’instituteurs d’Orléans (Loiret) en 1928 et y suivit la préparation militaire supérieure. À partir de 1931, instituteur, il exerça dans divers postes du département (Vésines-Chalette où vivaient des ouvriers de l’usine Hutchinson, Châtillon-sur-Loire, Saint-Germain-des-Prés, Courtemaux où il était secrétaire de mairie, Ouzouer-des-Champs). Il avait obtenu un certificat d’aptitude à l’enseignement de la gymnastique en 1931. En 1951, il obtint le certificat d’aptitude à l’enseignement agricole. Il pratiqua certaines techniques Freinet dont l’imprimerie à l’école. En poste à Lorris (Loiret) à partir de 1949, il termina sa carrière en 1969 comme directeur de l’école de garçons.

Marcel Ferry se maria en septembre 1933 à Montargis avec une institutrice qui décéda en 1939 après un long séjour en sanatorium. Le couple eut un enfant. Remarié en août 1940 à Courtemaux (Loiret) avec André Delaveau, à nouveau veuf en 1953, il se remaria en juin 1956 à Lorris avec Gilberte Dupuis.

Membre du Syndicat national depuis 1931, Ferry adhéra aussi au syndicat de la Fédération unitaire de l’enseignement et fut le trésorier de sa section départementale en 1934-1935, où il fusionna avec le SNI. Il pratiqua certaines méthodes préconisées par Freinet*. Sous le Front populaire, il profita des initiatives suggérées par Jean Zay pour développer l’enseignement de l’éducation physique dans son école, le Loiret étant un département-pilote.

Militant du Mouvement des combattants de la paix depuis 1932, qui éditait un mensuel La Paix de Montargis, membre de la Libre-Pensée, membre du mouvement Amsterdam-Pleyel, Ferry s’engagea dans les luttes antifascistes sous le Front populaire en créant plusieurs comités antifascistes dans des villages de cantons de Châteaurenard et de Courtenay. Il fut gréviste le 30 novembre 1938 en dépit de l’annulation donnée par les responsables départementaux du SNI,

Mobilisé, puis réformé le 30 avril 1940, Ferry fut dénoncé par le maire de Courtemaux à l’arrivée des Allemands pour ses activités. Il dut changer de poste. Secrétaire de mairie d’Ouzouer-les-Champs de 1940 à 1949, affilié en 1942 à un mouvement de Résistance, Ferry aida fortement les résistants (faux papiers, cartes d’alimentation volées avec son accord, aide aux réfractaires du Service du travail obligatoire, hébergement d’évadés).

En 1947, une « affaire » Ferry éclata. En novembre 1942, un parent d’une élève d’Ouzouer-les-Champs avait accusé l’instituteur de viol. L’affaire fut classée après examen médical. Faute d’avoir obtenu la mise à l’écart de l’enseignant laïque, des parents d’élèves portèrent plainte pour « attouchements » contre l’instituteur qui venait de créer une société laïque, « La Concorde ». Le principal animateur des accusations était l’ancien adjoint au maire qui avait été battu aux élections municipales de mai 1945 alors que l’épouse de Ferry était élue conseillère municipale, élection prolongée en novembre 1946 par sa désignation comme déléguée pour l’élection du Conseil de la République, sa liste devançant celle du maire MRP. Le 7 mars, il fut arrêté. Une campagne de défense démarra dans la région où toutes les forces de la gauche laïque participèrent. Le Secours populaire prit en charge les frais. Un comité de défense, comprenant une trentaine d’organisations, se constitua en mai pour « arracher Ferry au déshonneur ». Des réunions publiques s’organisèrent, des pétitions circulèrent. Le parallèle fut établi avec les accusations portées contre l’instituteur Marlin* en 1935. La libération de Ferry fut obtenue à la fin de juin 1947.

Marcel Ferry participa au conseil syndical de la section départementale du SNI de 1953 à 1962, Membre du Parti communiste français depuis 1944, secrétaire de la section communiste de Lorris, il fut candidat au Conseil général dans le canton en 1961, obtint 425 voix (deuxième position) sur 3 677 inscrits, ce qui n’empêcha pas la réélection, dès le premier tout, du conseiller général de droite sortant.

Conseiller municipal de Lorris depuis 1959, adjoint au maire en 1959, Marcel Ferry conduisait les listes communistes aux élections municipales de 1965, 1971 et de 1977. Il fut régulièrement élu. Il eut de nombreuses activités péri-scolaires (gymnastique, théâtre, groupe culturel Guillaume de Lorris) et sportives (création de l’Union sportive de Lorris en 1952, club de football qu’il présida jusqu’en 1983. Il se présenta pour le Conseil général en 1967, puis en 1972. Cette année-là, il arriva en deuxième position avec 882 voix, à nouveau battu par le candidat de droite. Il se retira à Gien en 1980.

Marcel Ferry s’occupait depuis 1964 de l’Union des vieux de France. Secrétaire départemental de l’organisation de 1976 à 1987, délégué régional à l’aide sociale, il présida cette fédération de 1987 à son décès en 1994. Il faisait partie du bureau national à partir de 1966. Il présidait, sur le plan national, de 1981 à 1987, cette organisation devenue Union nationale des retraités et personnes âgées.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23681, notice FERRY Marcel, Jules, Philippe par Jacques Girault, version mise en ligne le 19 novembre 2008, dernière modification le 10 décembre 2008.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé et l’UNRPA. — État civil de Gien.

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