FRAGNE Andrée

Par Jocelyne George

Née le 20 avril 1923 à Lyon (Rhône), morte le 28 mars 2002 à Voiron (Isère) ; ouvrière en bonneterie ; syndicaliste CGT du Rhône puis au niveau national, secrétaire fédérale de la Fédération CGT du Textile, membre de la commission administrative confédérale de la CGT.

Le père d’Andrée Fragne, Claude Fragne, était ferronnier. Très tôt elle perdit sa mère, Jeanne Justin ; elle fut mise en pension chez des religieuses. Elle avait deux frères, l’un était métallurgiste, l’autre mourut prématurément. Andrée Fragne était sportive et pratiqua l’athlétisme. Elle travailla à Lyon dans la bonneterie comme surjeteuse.

À vingt-sept ans, en 1950, elle fut élue au secrétariat de la Fédération CGT du Textile (le secrétaire général étant Edouard Aubert) où elle demeura jusqu’en 1969. Elle quitta Lyon et s’installa à Paris. En mai 1951, lors du XXVIIIe congrès confédéral qui marqua la volonté de promouvoir des femmes dans les directions syndicales, elle fut aussi élue membre titulaire de la commission administrative confédérale ; elle y resta jusqu’en 1967. En août 1951, elle fut déléguée au Festival mondial de la jeunesse à Berlin.

En 1952, l’usine de la Viscose à Échirolles (Isère) fut occupée pendant quarante et un jours. Andrée Fragne s’engagea dans ce conflit. Les CRS intervinrent, elle fut arrêtée et condamnée à quinze jours de prison ferme mais grâce à diverses actions des travailleurs, elle fut libérée au bout de huit jours.

En juillet 1955, elle fut membre d’une délégation de travailleuse qui alla au Congrès des mères à Lausanne. En mai 1964, elle fut déléguée à la deuxième Conférence syndicale internationale des travailleuses à Bucarest.

Andrée Fragne resta permanente de la Fédération du Textile jusqu’en mai 1982 ainsi que membre du comité exécutif fédéral jusqu’en 1985. Après sa retraite elle continua à militer avec les retraités à l’Union locale de Voiron.

Sans doute de sensibilité catholique, elle avait adhéré au Parti communiste. « Tolérante, Andrée était une humaniste qui avait trouvé dans la CGT une seconde famille […] les salariés du textile, habillement, cuir perdent une amie, une combattante ». Ainsi se conclut la nécrologie que lui consacrèrent ses camarades.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23691, notice FRAGNE Andrée par Jocelyne George, version mise en ligne le 21 novembre 2008, dernière modification le 20 juin 2021.

Par Jocelyne George

SOURCES : Arch. Institut CGT d’histoire sociale, congrès de la fédération du textile, cartons main-d’œuvre féminine, notes de Slava Liszek. — Nécrologie dans Syndi.THC.CGT, mai 2002. — Témoignage d’Andrée Martin, secrétaire de la Fédération du textile.

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