EMORI Moriya

Né le 18 août 1903 à Tōkyō ; mort le 5 avril 1960. Écrivain. Militant anarchiste puis communiste.

EMORI Moriya naquit à Tōkyō dans l’arrondissement de Koishikawa (aujourd’hui arrondissement de Bunkyō). Au cours de ses études secondaires, il fit la connaissance de MURAKI Genjirō, anarchiste grâce auquel il eut, vers 1920, ses entrées chez ŌSUGI Sakae. Alors qu’il avait l’intention de participer au congrès inaugural de la Fédération socialiste du Japon (Nihon shakaishugi dōmei) eu décembre 1920, il fut arrêté par la police. Il entra ensuite à l’académie du Kansai, mais interrompit ses études pour devenir ouvrier dans la même région. C’est au cours de cette période qu’il fut arrêté pour avoir apporté son soutien à la grève des chantiers navals Kawasaki. Il revint à Tōkyō vers 1924 et publia des poèmes dans diverses revues poétiques d’orientation anarchiste, dont Genshi (Origines). Il participa ensuite à la fondation de la revue Bungei kaihō (Libération littéraire), liée au mouvement littéraire anarchiste, et y collabora. Il fut alors attiré par le marxisme et fonda eu février 1928 la Fédération artistique de gauche (Sayoku geijutsu dōmei). Il adhéra eu outre à la N.A.P.F. (Ligue pan-japonaise d’art prolétarien). A partir de ce moment, EMORI Moriya travailla au bureau du Musansha shimbun (Journal du prolétaire). Il fut arrêté eu avril 1929, fut relâché et dirigea la section d’organisation du journal. En mai de la même année, il entra au Parti communiste (Kyōsan tō). Après que le Musansha shimbun eut cessé de paraître eu août 1929, EMORI Moriya entra immédiatement au Daini musansha shimbun (Deuxième journal du prolétaire). Arrêté en octobre 1929, il fut libéré sous caution en août 1932 et reprit ses activités littéraires, publiant entre autres des livres pour enfants. A la fin de l’année 1935, il fonda le Club Sancho, organisation dont le but était l’étude et la critique du fascisme. EMORI Moriya s’était fixé pour objectif de trouver une ligne commune au Parti socialiste populaire (Shakai taishū tō) et aux intellectuels. C’est dans ce but qu’il consacra ses efforts, en juillet 1937, à la création de l’Association des intellectuels japonais (Nihon bunkajiu kyōkai). En septembre 1938, il publia Shakai seisaku (Politique sociale), l’un des trois volumes de l’Encyclopédie Mikasa. Il publia également des ouvrages éducatifs sous le pseudonyme littéraire de SŌMA Jūkichi. Sa participation au mouvement pour la réorganisation du Parti communiste (Kyōsan tō) lui valut d’être arrêté en septembre 1941 en compagnie de KAZAHAYA Yasoji. Il ne fut libéré, sous caution, qu’en l’été 1943.
Après la défaite, en septembre 1945, EMORI Moriya participa à la mise sur pied de la Société de libre discussion des groupements culturels du Front unifié (Tōitsu sensenteki bunka dantai jiyū konwakai), dont il assuma la présidence. Il entra ensuite au Parti communiste (Kyōsan tō) puis occupa successivement les fonctions de rédacteur en chef du Jinmin shimbun (Le Journal du peuple), de secrétaire général de la Ligue de la culture démocratique du Japon (Nihon minshushugi bunka renmei), de rédacteur en chef du Bunka taimuzu (Le « Times » culturel), organe de la Ligue etc. En juillet 1950, EMORI Moriya devint rédacteur en chef de Heiwa to dokuritsu (Paix et indépendance), journal qui remplaça Akahata (Drapeau rouge) pendant la période d’interdiction de publication dont ce dernier fut frappé, mais il se retira bientôt de la vie publique. Il y revint cependant en 1955 pour occuper, entre autres fonctions, celles de chef du service culturel à Akahata (Drapeau rouge). Par ailleurs, il assura, au moment de sa fondation, la direction de la maison d’éditions Shin-nippon, mais il démissionna par la suite. On lui doit un recueil de poèmes, Watashi wa kaze ni mukatte utau (Je chante face au vent).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237060, notice EMORI Moriya, version mise en ligne le 29 juillet 2022, dernière modification le 3 mars 2021.

ŒUVRE : Shakai seisaku (Politique sociale), 1938. — Shijin no sei to shi ni tsuite (Vie et mort d’un poète), 1959.

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