ITŌ Ken’ichi

Né en janvier 1912 en Corée. Dirigeant communiste ; député de 1949 à 1950.

Fils aîné d’un gendarme de l’armée de terre, ITŌ Ken’ichi naquit en Corée. A la mort de son père, il quitta l’école primaire en cours d’études et travailla, dès janvier 1925, dans l’usine de Kameido de la compagnie textile Tōkyō mosurin comme apprenti mécanicien. Deux ans plus tard, il adhéra à la section locale de la Fédération générale (japonaise) du travail (Sōdōmei ou Nihon rōdō sōdōmei) qui s’était formée dans la compagnie Tōkyō mosurin. En 1926, après avoir vécu l’expérience d’une grève, ITŌ Ken’ichi suivit, en septembre, les cours publics organisés par le centre d’entraide sociale des étudiants de l’Université impériale de Tōkyō. C’est là qu’il étudia le matérialisme historique et l’économie marxiste et qu’il fit la connaissance de nombreux militants de gauche. Lors de la deuxième scission, en décembre de la même année, de la Fédération générale japonaise du travail (Sōdōmei), il choisit d’adhérer à la Fédération des syndicats ouvriers du Japon (Nihon rōdō kumiai dōmei) et s’affilia dans le courant du même mois à la Ligue pan-­japonaise des jeunesses prolétariennes (Zennihon musan seinen dōmei). Dès lors, ITŌ Ken’ichi se montra très actif aussi bien dans le mouvement ouvrier adulte que dans le mouvement des jeunes.
Nommé secrétaire de la section des grèves du comité local de Tōkyō mosurin de la Fédération des syndicats ouvriers du Japon (Nihon rōdō kumiai dōmei), il participa activement à la grève de la fabrique d’instruments de musique Nihon gakki et à celle de l’usine de sauce de soja Noda. En 1927, ITŌ Ken’ichi devint membre de la fraction centriste de la Fédération des syndicats ouvriers du Japon (Nihon rōdō kumiai dōmei) et fut élu secrétaire de l’escouade de Kameido de la Troupe d’avant-garde des jeunesses du Kantō (Kantō seinen zen’ei tai). Avec YAMATO Shōsuke, chef de cette Troupe, ITŌ Ken’ichi dirigea la lutte contre la réduction des primes des ouvrières de Tōkyō mosurin qui débuta en juillet de la même année et, après avoir organisé une grande réunion de deux mille ouvrières, il réussit à obtenir l’annulation de cette mesure. Ensuite, il prit la direction, en août 1928, de la grève pour une augmentation des salaires et pour une amélioration des conditions de travail dans la même compagnie et fit aboutir ces revendications. Mais, « pour avoir provoqué et dirigé la grève sans tenir compte des avis des responsables » de la Fédération des syndicats ouvriers du Japon (Nihon rōdō kumiai dōmei), ITŌ Ken’ichi en fut expulsé en même temps que YAMATO Shōsuke, et, le lendemain de l’annonce de son expulsion, il fut licencié de la compagnie Tōkyō mosurin. Le même mois en août, il adhéra à la Fédération des jeunesses communistes japonaises (Nihon kyōsan seinen dōmei) et fut nommé organisateur de la section locale de Minami-katsushika (Naukatsu).
Président du comité local de Nankatsu chargé de réorganiser la Fédération pan-japonaise des jeunesses prolétariennes (Zennihon musan seinen dōmei) et directeur du bureau local de Nankatsu du journal Musan seinen (Jeunesse prolétarienne), ITŌ Ken’ichi déploya aussi son activité dans le mouvement ouvrier de gauche légal. Alors qu’il militait comme membre du Comité central de la Fédération des jeunesses communistes japonaises (Nihon kyōsan seinen dōmei), il fut arrêté, eu juillet 1929, pour contravention à la Loi sur le maintien de l’ordre et condamné, en 1933, à quatre ans et six mois de travaux forcés.
ITŌ Ken’ichi fut libéré à l’expiration de sa peine, en janvier 1936, sans avoir renié ses convictions ; Avec KASUGA Shōichi, il essaya de reconstituer le Parti communiste japonais, dont le noyau avait été anéanti l’année précédente, à partir de l’organisation des ouvriers dans les usines. Mais, atteint de tuberculose, il ne put rester longtemps dans les différentes usines métallurgiques qui l’employèrent. Après avoir craché du sang, il dut passer deux ans en sanatorium à partir de 1939. Il devint ensuite employé de bureau dans une usine et, en 1943, il entra à l’entreprise métallurgique Ishii où il travailla jusqu’à la défaite. En octobre 1945, ITŌ Ken’ichi participa à la réorganisation du Parti communiste japonais et fut chargé de la préparation du nouveau lancement de son organe Akahata (Drapeau rouge). Lorsque le Parti communiste fut officiellement reconstitué, il devint membre du comité de Tōkyō et déploya son activité au Comité central dans la section des problèmes du travail et la section d’information et de propagande. Dans le courant du même mois, il forma la Fédération pour la réintégration des ouvriers licenciés de l’usine métallurgique Ishii (Ishii tekkō fukushoku dōmei), qui devint plus tard le Syndicat des employés de l’usine métallurgique Ishii (Ishii tekkō jūgyōin kumiai). En qualité de président de ce syndicat, ITŌ Ken’ichi prit la direction de la grève pour une augmentation de cinq cent pour cent des salaires et pour une amélioration des conditions de travail. Il milita d’autre part pour organiser des syndicats dans le secteur de Jōnan de Tōkyō, et assuma, en janvier 1946, les présidences de l’Association du travail de Jōnan (Jōnan rōkyō) et de l’Association du travail du Kantō (Kantō rōkyō). C’est ainsi que ITŌ Ken’ichi travailla activement à la reconstruction du mouvement syndical ouvrier de l’après-guerre.
Devenu membre du comité chargé de la préparation du Congrès pan­japonais des syndicats d’industrie (Sanbetsu kaigi), ITŌ Ken’ichi joua un rôle important dans les travaux de ce Congrès. La même année 1946, lors du Ve congrès du Parti communiste japonais, il fut élu membre du Comité central et réélu l’année suivante, au VIe congrès. Il avait également exercé les fonctions de dirigeant de la section de Tōkyō, de président de la Fédération régionale du Kantō du Parti communiste japonais et, en janvier 1946, il était devenu membre de la Commission municipale du travail de la région de Tōkyō, poste qu’il occupa de nouveau en avril 1947.
ITŌ Ken’ichi fut élu député à la Chambre des représentants en janvier 1949, mais, le 6 juin de l’année suivante, il fut exclu de la fonction publique selon le décret des forces d’occupation américaines. Ayant recouvré ses droits civiques en 1952, il devint, en 1957, membre du comité de préparation du congrès du Parti communiste. Puis, lors du VIIe congrès du Parti, l’année suivante, il entra au comité chargé de l’élaboration des directives et des règlements. Mais, tombé malade et hospitalisé de 1959 à 1961, il fut libéré de ses fonctions au Comité central. En avril 1963, ITŌ Ken’ichi fut élu conseiller de l’arrondissement d’Ōta de Tōkyō, et il demeure toujours actif à la tête du groupe communiste des conseillers d’arrondissement (1972).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237200, notice ITŌ Ken'ichi, version mise en ligne le 29 juillet 2022, dernière modification le 31 mars 2021.

ŒUVRE : Rōdōsha shokun ni uttau (J’en appelle à vous, ouvriers), 1946. — Nihon kyōsan tō (Le Parti communiste japonais), 1948. — Tō to kumiai (Le parti communiste et les syndicats), 1948. — Rōgoku no seishun (Jeunesse en prison), 1949. — « Tōbyō zatsudan » (Bavardage sur ma lutte contre la maladie), paru en feuilleton dans la revue traitant de problèmes médicaux Kenkō kaigi (Conférences sur la santé), décembre 1971-mars 1973.

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