MIZUNUMA Tatsuo

Né le 25 avril 1892 dans le département de Tochigi ; mort le 15 avril 1965. Anarchiste. Dirigeant des syndicats des ouvriers de l’imprimerie.

Originaire d’Imaichi-machi, district de Kamitsuga, dans le département de Tochigi, MIZUNUMA Tatsuo termina à l’âge de douze ans ses études à l’École primaire supérieure et entra aussitôt à l’imprimerie Shūeisha (la future Dainippon insatsu) en tant qu’apprenti logé sur place. Après son adhésion trois ans plus tard, en 1907, à l’Amicale des ouvriers compositeurs de caractères occidentaux connue sous l’appellation elliptique Ōyūkai (Société des amis de l’Europe ; les caractères d’imprimerie occidentaux étaient alors appelés « caractères européens »), il déploya une grande activité militante au sein de cette association pour finalement devenir en 1913, le responsable de la publication de son organe de presse Ōyū (Amis de l’Europe), puis secrétaire général de l’organisation. Celle-ci devait se transformer, en mars 1918, en Société des vrais amis — Syndicat japonais des ouvriers de l’imprimerie (Nihon insatsukō kumai shin’yū kai) et son évolution devait se confirmer après la fusion avec la Société de franchise et confiance — Syndicat des ouvriers compositeurs de journaux (Shinbun seihankō kumiai seishin kai) par la constitution, en 1924, du Syndicat des ouvriers de l’imprimerie de Tōkyō (Tōkyō insatsukō kumiai). Tout au long de cette évolution, MIZUNUMA Tatsuo ne cessa de jouer un rôle prépondérant à la tête du mouvement à travers ces réorganisations successives. Il était entré en contact avec ŌSUGI Sakae et SAKAI Toshihiko lors de la formation de la Société des vrais amis (Shin’yū kai) et, préservant les liens qui l’unissaient à eux, il dirigea le Syndicat des ouvriers de l’imprimerie de Tōkyō et l’Union des syndicats de l’imprimerie (Insatsukō kumiai rengōkai) constituée la même année 1924, sur une ligne en opposition totale avec celle qui était suivie par le Syndicat des ouvriers de l’édition (Shuppan rōdō kumiai), proche du Parti communiste japonais (Nihon kyōsantō). Les étapes marquantes de la période où il assuma la direction du mouvement furent le combat pour les élections des représentants ouvriers au sein de l’O.I.T. (août-septembre 1919), les grèves pour la mise en vigueur du système des huit heures quotidiennes (octobre-novembre de la même année), la proposition et l’organisation effective de la première fête du Travail du Japon (mars-mai 1920), la constitution de la Fédération socialiste du Japon (Shakaishugi dōmei) à laquelle il collabora activement. Cependant, après avoir travaillé avec efficacité à l’organisation de l’Union générale des syndicats ouvriers du Japon (Nihon rōdōkumiai sōrengō), en tant que dirigeant représentant la tendance anarcho-syndicaliste, il prit peu à peu ses distances par rapport au mouvement ouvrier proprement dit et se consacra, à la suite du Grand tremblement de terre de 1923, à la gestion de sa propre imprimerie, où il s’occupait également de la formation des apprentis. Mais, quand la guerre du Pacifique eut éclaté, il cessa d’être un patron pour redevenir ouvrier jusqu’à la fin des hostilités. En 1946, MIZUNUMA Tatsuo entreprit d’organiser des syndicats au sein des petites et moyennes entreprises d’imprimerie ; c’est ainsi qu’il reconstitua l’Amicale des ouvriers compositeurs de caractères occidentaux (Ōyūkai). Il se consacra par ailleurs à la réorganisation de la Ligue anarchiste (Anakisuto renmei).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237409, notice MIZUNUMA Tatsuo, version mise en ligne le 29 juillet 2022, dernière modification le 20 juillet 2021.

ŒUVRE : Ōbun shokuji (La Composition avec des caractères occidentaux) et Bunsen ta shokuji (Choix de textes et composition typographique) ; ces deux ouvrages datent de 1949-1950. — Meiji Taishō jidai no insalsukō no rōdō undō (Le Mouvement ouvrier des travailleurs de l’imprimerie des ères Meiji et Taishō), ouvrage publié en feuilleton entre 1961 et 1963 dans une revue professionnelle de l’imprimerie ; l’auteur est mort avant d’avoir achevé la mise au point définitive de l’ouvrage pour sa publication en un volume.

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