LECCIA Jean, Mathieu

Par Jean-Marie Guillon

Né le 16 février 1907 à Oletta (Corse, Haute-Corse), mort le 23 mai 1944 à la Centrale d’Eysses, commune de Villeneuve-sur-Lot (Lot et Garonne) ; ouvrier SNCF ; militant communiste ; résistant FTPF.

Fils de Pierre et de Laurence Leccia, Jean Leccia était ajusteur mécanicien aux ateliers de la SNCF à Marseille (Bouches-du-Rhône). Marié le 30 avril 1930 à Marseille, avec "Baptistine" Émilie Reynaud, il était père de deux enfants.
Militant communiste, secrétaire de cellule, Jean Leccia était aussi secrétaire adjoint de la 5e section du PC avant guerre. Il participait à la reconstitution clandestine du parti lorsqu’il fut l’objet d’une perquisition le 24 janvier 1941. Il dit avoir été sollicité après sa démobilisation dans l’été 1940 par Henri Auzias qui lui passa des tracts à faire diffuser dans son secteur. Celui-ci recouvrait divers quartiers populaires du centre ville (le boulevard National, le quartier Saint-Lazare, le boulevard de Strasbourg, la Belle-de-Mai). L’un de ses diffuseurs était Marcel Ricaud qu’il avait sollicité en octobre 1940 pour s’occuper de la Belle-de-Mai. Il collectait aussi les cotisations de dix à quinze francs destinées aux internés (et aux clandestins) et reversées à Auzias. La police trouva chez lui deux textes manuscrits sur l’organisation du parti à la Belle-de-Mai, quatre-vingt-dix-huit numéros de L’Humanité, édition spéciale de janvier 1941, quatre-vingt-huit numéros de L’Humanité du 12 janvier 1941, six tracts « 20e anniversaire du parti communiste » et deux chemises avec des circulaires de la SNCF, des conventions collectives, etc. Il fut déféré devant la justice militaire avec Auzias et Ricaud et inculpé pour infraction au décret de dissolution des organisations communistes. Il fut condamné le 21 mars 1941 avec ses cinq camarades par le tribunal militaire de la XVe région à quatre ans de prison et 3 400 francs d’amende. Sans doute fut-il d’abord incarcéré à la prison Saint-Pierre à Marseille avant d’être dans une maison centrale. Il était en 1943 à la centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne) où il fut enregistré avec matricule 2462. Il fit partie de l’organisation communiste clandestine et participa aux événements qui marquèrent la centrale entre décembre 1943 et la « révolte » du 19 février 1944. Son ami le jeune cheminot Jean Chauvet de Nîmes fit partie des douze condamnés à mort et fusillés à la suite de ce mouvement. Jean Leccia mourut des suites de sa détention à l’hôpital d’Eysses le 26 mai 1944.
Son nom figure sur le monument du cimetière Sainte-Catherine à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), érigé en 1946 et inauguré en 1947, avec ceux des douze fusillés, celui de Louis Aulagne, mort lors du combat et quatre autres détenus morts comme lui en détention. Il fut inhumé à Villeneuve-sur-Lot, puis ses restes furent transférés le 23 février 1945 au cimetière Saint-Pierre à Marseille,
Il fut reconnu comme interné résistant. Le 23 juillet 1945, son nom fut donné au boulevard Amayen du 2e arrondissement de Marseille, où il résidait. Une plaque commémorative y fut apposée : « Les anciens FTPF à Leccia Jean 1907-1944 au service de la France. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237508, notice LECCIA Jean, Mathieu par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 27 janvier 2021, dernière modification le 30 mars 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, 76 W 111. — site Mémoire des hommes SHD Caen AC 21 P 588643 et Vincennes GR 16 P 348911nc).- site museedelaresistanceenligne.org. — Le Petit Marseillais, 5 février 1941 et 20 mars 1941. — Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille, Marseille, Éditions Jeanne Laffitte, 2002, p. 264.

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