SAKAMOTO Seima

Né le 4 juillet 1885 dans le département de Kōchi. Victime de l’Affaire du complot de lèse-majesté.

Fils puîné de SAKAMOTO Kōzaburō, SAKAMOTO Seima naquit à Muroto, dans le district d’Aki, département de Kōchi. Après avoir fréquenté l’école secondaire de Kōchi qu’il abandonna en cours d’études, il se rendit en juillet 1906 à Tōkyō, où il travailla à l’arsenal de l’artillerie. Lecteur du Heimin shimbun quotidien (Journal de l’homme du peuple), il s’intéressait au socialisme quand il fit la connaissance de KŌTOKU Shūsui, en avril de l’année suivante ; il commença alors à participer au mouvement socialiste et alla vivre, à partir de septembre, chez KŌTOKU. En mai 1908, invité à devenir journaliste de la revue Kumamoto hyōron (La Critique de Kumamoto), il alla s’installer à Kumamoto. Après l’Affaire des drapeaux rouges, il retourna à Tōkyō où il habita à nouveau chez KŌTOKU Shūsui, lui-­même de retour de son pays natal ; c’est ainsi qu’il collabora avec ce dernier à l’édition clandestine de la traduction japonaise de l’ouvrage de Kropotkine, Pan no ryakudatsu (La Conquête du pain). Étant cependant entré en désaccord avec son hôte, SAKAMOTO Seima le quitta à la fin de janvier 1909. Après avoir mené une vie errante dans l’île de Kyūshū, à Tōkyō et dans la région de Tōhoku, il revint finalement à Tōkyō ; il y travaillait dans une imprimerie quand il fut arrêté, le 26 juillet 1910, pour délit de vagabondage et accusé, le 9 août suivant, du crime de lèse-majesté. SAKAMOTO Seima fut condamné à la peine de mort, le 18 janvier 1911, mais cette peine fut commuée le lendemain en emprisonnement à vie ; sur les vingt-quatre inculpés, il fut l’un des douze à bénéficier de cette grâce.
II passa vingt-trois ans en prison et fut mis en liberté provisoire le 3 novembre 1934 ; après la fin de la guerre, il alla habiter à Nakamura, le village natal de KŌTOKU Shūsui. Ayant fait l’objet, en février 1947, en même temps qu’OKABAYASHI Toramatsu, d’une mesure de grâce lui restituant ses droits civiques, SAKAMOTO Seima devint conseiller municipal de son village, en mars 1951, et poursuivit pendant près d’un an ses activités politiques. II se consacra ensuite à un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps : la révision de son procès. II en fit la demande officielle le 18 janvier 1961, avec la sœur cadette de MORICHIKA Unpei, Hideko. Le 1er décembre 1965, leur requête était rejetée. Ils se pourvurent en cassation, mais ce fut en vain.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237568, notice SAKAMOTO Seima, version mise en ligne le 29 juillet 2022, dernière modification le 7 février 2022.

SOURCES : MORINAGA Eizaburō, Fusō gojū yonen (Plus de cinquante ans de privations), 1967. — Comité pour la publication des œuvres complètes de KŌTOKU Shūsui, Taigyaku jiken arubamu (Album de l’Affaire du complot de lèse-majesté), 1972.

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