SHIMONAKA Yasaburō

Né le 21 juin 1878 dans le département de Hyōgo ; mort le 21 février 1961. Fondateur du mouvement syndicaliste des enseignants.

SHIMONAKA Yasaburō naquit dans le village d’Imada, district de Taki, département de Hyōgo. Il perdit son père à l’âge de deux ans et dut interrompre ses études en troisième année de l’École primaire pour aider au commerce familial de céramique. Il continua cependant de s’instruire seul et réussit à accéder au titre de maître pour les écoles du primaire et du secondaire. Ayant enseigné à partir de 1898 dans des écoles primaires du département de Hyōgo, il donna quatre ans plus tard sa démission afin de se rendre dans la capitale où, s’occupant de la rédaction du Jidō shimbun (Journal des enfants) et du Fujo shimbun (Journal des femmes), il rencontra SHIMANAKA Yūzō qui devait rester son ami toute sa vie. Il eut, entre 1911 et 1918, un poste d’enseignant à l’école normale du département de Saitama tout en fondant, en 1914, la maison d’édition Heibonsha, dont il s’occupera jusqu’à sa mort. C’est à cette époque qu’il commença à militer dans le mouvement pour des réformes sociales. Ayant adhéré, en août 1919, à la Société des hommes mûrs (Rōsōkai), SHIMONAKA Yasaburō y fit la connaissance de MITSUKAWA Kametarō ; le même mois se tint la cérémonie inaugurale de la Société du lever du jour (Keimeikai), dont les membres étaient d’anciens élèves sortis depuis peu de l’école normale de Saitama : c’était le premier syndicat d’enseignants du Japon. Son développement devait être fortement influencé par le rôle prépondérant qu’y joua son fondateur SHIMONAKA Yasaburō ; c’est ainsi que cette formation, qui s’occupa essentiellement des problèmes d’éducation, se transforma peu à peu en un syndicat authentique surtout après qu’elle eut établi dès l’année suivante le contact avec le mouvement ouvrier en participant à la première fête du Travail du Japon. SHIMONAKA Yasaburō prenait part, de son côté, à la constitution d’un organisme de liaison syndicaliste, la Confédération des syndicats ouvriers (Rōdō kumiai dōmeikai) immédiatement après cette manifestation et, quatre mois plus tard, le nom de l’organisation était changé en Société du lever du jour — syndicat des enseignants (Kyōin kumiai keimeikai). SHIMONAKA Yasaburō collabora à la rédaction du Rōdō shūhō (Hedomadaire du travail) du premier numéro au dernier et quand la Société fraternelle (Yūaikai) cessa d’être affiliée à la Confédération des syndicats ouvriers (Rōdō kumiai dōmeikai), en juin 1921, il offrit sa maison pour y installer les bureaux de cette dernière et milita alors activement dans le cadre du Comité de secours aux victimes de la famine en Russie d’une part et, d’autre part, dans le mouvement pour la réalisation d’une union générale des syndicats.
La Société du lever du jour (Keimeikai) ne devait cependant pas tarder à quitter à son tour la Confédération des syndicats ouvriers (septembre 1922) pour se consacrer exclusivement au mouvement éducatif et SHIMONAKA Yasaburō se détacha lui-même du mouvement ouvrier après l’échec des efforts faits en vue de la réalisation d’une union générale du front syndical. En 1924, en dépit des conseils de SHIMANAKA Yūzō, il n’adhéra pas au Groupe d’études sur la politique (Seiji kankyūkai) car il était opposé à un parti prolétarien reconnaissant le jeu parlementaire et il se fit le défenseur du « non partisanisme ».·En décembre 1925, SHIMONAKA Yasaburō organisa, de concert avec ISHIKAWA Sanshirō la Société autonome des paysans (Nōmin jichikai) dont l’objectif était l’amélioration des conditions de vie des paysans au moyen d’une association qui n’aurait pas le caractère d’un parti politique et jouirait de l’autonomie.
A partir de 1930, SHIMONAKA Yasaburō s’efforça de développer le socialisme national ; nommé conseiller du Parti du travail patriotique (Aikoku kinrōtō), il offrit, en mars, ses bons offices pour l’unification du front des partis prolétariens prônée notamment par SAKAI Toshihiko, mais, en décembre 1932, il eut le sentiment d’avoir fait fausse route. II avait fondé, en juin 1930, avec SASAI Kazuaki et MITSUKAWA Kametarō, le Groupe d’études sur les problèmes économiques (Keizai mondai kenkyūkai). Après l’Incident de Mandchourie (1931), qui marquait l’entrée en guerre du Japon, le mouvement pour la constitution d’un nouveau parti de socialisme national connut un soudain développement et le Groupe, dont SHIMONAKA Yasaburō était devenu président, lança, en janvier 1932, le Comité pour la préparation d’un parti national-socialiste japonais ; ce comité fusionna en avril avec le Parti du socialisme d’Etat (Kokka shakaitō) d’AKAMATSU Katsumarō afin de constituer, le 19 mai suivant, le Parti national japonais (Kokumin nihon tō) ; ce projet ne put aboutir car le jour même prévu pour la réalisation de ce projet, les deux formations reprirent leur originalité. Le lendemain, SHIMONAKA Yasaburō fut promu président de la Fédération du peuple du Nouveau Japon (Shin nihon kokumin dōmei) fonction dont il se démit en novembre 1932. Occupant alors des postes importants à l’Association de la Grande Asie (Dai ajiya kyōkai) et à la Ligue nationale pour la construction de l’Asie orientale (Tōa kensetsu kokumin renmei), SHIMONAKA Yasaburō entretint avec le pouvoir militaire des relations de plus en plus étroites ; c’est ainsi qu’il collabora de manière très active au développement des nouveaux groupements nationalistes comme l’Association pour le soutien au régime impérial (Taisei yokusankai) et à celui de l’Association patriotique de l’édition (Shuppan hōkoku kai).
Après la guerre, il fut exclu de la fonction publique de 1948 à 1951 pour son activité pendant la guerre ; après avoir été amnistié, il participa au mouvement fédéraliste mondial et aux activités du « Comité des sept » (il s’agit de sept intellectuels japonais prônant le renoncement à la guerre atomique principalement) pour la paix dans le monde.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237598, notice SHIMONAKA Yasaburō, version mise en ligne le 29 juillet 2022, dernière modification le 8 avril 2022.

ŒUVRE : Kyōiku saizō (Remaniement de l’éducation), 1910. — Hiseito dōmei no shuchō (La Doctrine de la fédération non partisane), 1925. — Ishin wo kataru (A propos de Rénovation), 1934.

SOURCE : Comité de rédaction, SHIMONAKA Yasaburō jiten (Dictionnaire sur SHIMONAKA Yasaburō), 1965.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable