TAZOE Tetsuji

Né le 24 juillet 1875, dans le département de Kumamoto ; mort le 19 mars 1908. Un des pionniers du socialisme.

TAZOE Tetsuji naquit dans le village de Nakamitori (actuellement Tenmei mura), dans le district de Hōtaku, département de Kumamoto. Il était le fils aîné de TAZOE Tarohiko. En 1892, alors qu’il était élève à l’école d’anglais de Kumamoto, il fut baptisé à l’église méthodiste de cette ville. Ayant étudié de 1893 à mars 1898 à la section de théologie de l’institut Chinsai de Nagasaki, il entra au mois d’octobre suivant à la Faculté de Théologie de l’université de Chicago où il suivit les cours de théologie et d’histoire des religions de R. Harper et de S. Matthews. Il fut fortement influencé par les cours de sociologie de A.W. Small et de R. Henderson qui lui fournirent les instruments d’une critique de la société contemporaine, si bien qu’il prit ses distances par rapport au christianisme. En 1900, il rentra au Japon où il épousa NAKAO Yukie, professeur d’art dans une école de filles. Il travailla comme rédacteur en chef du Nagasaki eiri shimbun (Journal illustré de Nagasaki) et du Chinsai nippō (Quotidien du Chinsai). Il y publia des études critiques sur la politique, l’économie, et les problèmes sociaux sous le régime féodal japonais, mettant en œuvre la vue des théories qu’il avait acquise à l’étranger. Ayant un penchant pour le nationalisme, il ne s’opposa pas contre le déclenchement de la guerre russo-japonaise. En décembre 1903, à la suite d’un remaniement du personnel, il quitta le Quotidien du Chinsai et, en mars 1904, partit pour Tōkyō où il se consacra à la rédaction d’une partie d’un essai sur la critique de la civilisation, Keizai shinka ron (L’Évolutionnisme économique), essai qu’il avait conçu alors qu’il fréquentait l’université de Chicago. En octobre de la même année, il le publia, par l’entremise de SAKAI Toshihiko, dans la collection Heimin bunko (Collection de l’homme du peuple). Cette publication lui ouvrit la voie du militantisme socialiste ; il fut, en effet, amené à faire un discours dans le hall de conférences de la Société de l’homme du peuple (Heiminsha). En février 1906, lors de la fondation du Parti socialiste, il fut élu conseiller. Dès lors, il progressa dans ses recherches sur la théorie socialiste. Dans sa série d’articles « Sekai heiwa no shinka » (L’Évolution de la paix mondiale) qui parut dans les numéros de janvier à novembre 1906 de la revue Shinkigen (Ère nouvelle) il écrivit des essais remarquables sur l’impérialisme, la guerre, l’État, la révolution et la paix.
Lorsque éclata la controverse à propos de la ligue politique du mouvement au cours du deuxième congrès du Parti ·socialiste de février 1907, TAZOE Tetsuji s’opposa à KŌTOKU Shūsui. Ce dernier soutenait la théorie de l’action directe tandis que TAZOE Tetsuji était partisan de la voie parlementaire au nom du pluralisme des moyens à offrir au mouvement révolutionnaire et de la nécessité de développer la conscience politique de la classe ouvrière. En juin 1907, après l’interdiction du Parti socialiste et du Heimin shimbun (Le Journal quotidien de l’homme du peuple) TAZOE Tetsuji fonda avec KATAYAMA Sen et NISHIKAWA Mitsujirō le Shakai shimbun (Le Journal social). Deux mois plus tard, ils organisèrent la Société des camarades socialistes (Shakaishugi dōshikai) et ils s’opposèrent à la Kin’yō kai (La Société du vendredi) et à l’Ōsaka heimin shimbun (Le Journal de l’homme du peuple d’Ōsaka) qui s’étaient ralliés aux conceptions de KŌTOKU Shūsui en présentant des analyses percutantes sur les problèmes de la diplomatie, des finances et du travail tant industriel qu’agricole. Ils contribuèrent à propager le socialisme, en poursuivant leur critique de l’impérialisme japonais. Au début de 1908, TAZOE Tetsuji dut garder le lit à cause de l’aggravation de sa tuberculose, ce qui ne l’empêcha pas de tenter de réconcilier KATAYAMA Sen et NISHIKAWA Mitsujirō qui s’opposaient sur des problèmes d’administration du journal Shakai shimbun (Le Journal social). N’ayant pu réussir, il se rallia à KATAYAMA Sen. Il exposa ses conceptions sur ces divergences dans Zenkoku no dōshi shokun e (Aux camarades de tout le pays) dénonçant les défauts du mouvement socialiste japonais, excluant l’anarchisme, montrant la nécessité de développer un mouvement démocratique et unifié par la consultation des camarades de tout le pays sur les problèmes importants. Mais il mourut avant d’avoir pu mettre ses recommandations en pratique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237669, notice TAZOE Tetsuji, version mise en ligne le 29 juillet 2022, dernière modification le 12 mai 2022.

ŒUVRE : Keizai shinka ron (L’Evolutionnisme économique) 1904, collection Aoki. — Kinsei shakaishugi shi (Histoire du socialisme moderne) 1908, idem.

SOURCES : Shin kigen (Ère nouvelle) 1905-1906, réédité par le Groupe de recherches sur le mouvement ouvrier. — Nikkan heimin shimbun (Journal quotidien de l’homme du peuple) 1906-1907, idem.  — Shakai shimbun (Le Journal social) 1909-1911, idem. — KATAYAMA Sen, Waga kaisō (Mes mémoires), 1932. — OKAMOTO Hiroshi, TAZOE Tetsuji, 1971.

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