WATANABE Masatarō

Né le 17 octobre 1873 dans le département de Yamanashi ; mort le 17 mai 1918. Militant anarchiste.

Né à Matsushima (actuellement village de Shikishima) dans le district de Nakakoma, département de Yamanashi, fils aîné de WATANABE Shōzō, paysan et droguiste, WATANABE Masatarō eut une enfance difficile en raison des revers de fortune de ses parents. Il travailla comme apprenti coiffeur, blanchisseur, ouvrier dans une filature sans disposer de temps nécessaire pour faire des études. Il entra à cette époque en contact avec les gens des classes les plus défavorisées, fréquentations qui se situent à l’origine de son militantisme. Converti au christianisme, il trouva du travail en 1897 à la crèche de Nōbi, dans Je département de Gifu, d’où il partit pour travailler à la succursale de cette crèche à Mita (Tōkyō). C’est à partir de 1900 environ que WATANABE Masatarō s’intéressa plus particulièrement au socialisme. Ayant adhéré à l’Association socialiste (Shakaishugi kyōkai), il commença à en répandre les idées entre 1904 et 1905 tout en gagnant sa vie comme coiffeur populaire dans les départements de Shizuoka et de Yamanashi. Lorsque la Fraction pour l’action directe (Chokusetsu kōdōha) et la Fraction pour une politique parlementaire (Gikai seisakuha) du mouvement socialiste s’opposèrent, il entra en relation avec le Shakai shimbun (Journal social) et le Tōkyō shakai shimbun (Journal social de Tōkyō), publications de la Fraction pour une politique parlementaire (Gikaiseisakuha). Grâce à ses contacts, il put, lors de l’Affaire de lèse-majesté (Taigyaku jijen), échapper aux arrestations. Pendant la période de répression qui suivit, WATANABE Masatarō s’occupa de l’éducation des enfants des quartiers pauvres, en gagnant péniblement sa vie comme marchand de bonbons ambulant puis comme coiffeur populaire itinérant. Dès le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il collabora avec USUKURA Kashizo à Bikō (La Lueur), journal socialiste local, lancé en octobre 1914, et avec HISAITA Unosuke à Rōdō seinen (Les Jeunes au travail), revue qui commença à être publiée en octobre 1916. WATANABE Masatarō prit contact avec les Conférences pour l’homme du peuple (Heimin kōen) organisées par la Société de la pensée moderne (Kindai shisōsha) dont l’un des principaux responsables était ŌSUGI Sakae ; il dirigea lui-même un groupe de recherches. WATANABE Masatarō exerça une grande influence sur des ouvriers, des militants, ou des étudiants, qui jouèrent des rôles importants dans le mouvement anarchiste après la Première Guerre mondiale. Quoique effacé, WATANABE Masatarō jouit d’un grand respect après sa mort auprès de ses camarades ; il est considéré comme le père du mouvement anarchiste. II mourut en 1918 dans la pauvreté, atteint de tuberculose pulmonaire. Après sa mort, le groupe de recherches qu’il avait animé s’appela Société Hokufū, d’après le pseudonyme de WATANABE Masatarō. Cette Société continua à jouer un grand rôle dans le mouvement anarchiste comme bureau de liaison et centre de formation de militants

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237722, notice WATANABE Masatarō, version mise en ligne le 29 juillet 2022, dernière modification le 22 juin 2022.

SOURCES : TORIYABE Yotarō, Taish ū kijinden (Légende des hommes extraordinaires de l’époque Taishō), 1925. — SUMITANI Mikio, Tomoshibi wo kakagete —Jinbutsu nihon shakai undōshi (En brandissant la lumière — Histoire des personnalités dans les mouvements sociaux du Japon), 1960. — KONDŌ Kenji, Ichi musei­ fushugisha no kaisō (En souvenir d’un anarchiste), 1965. — AKIYAMA Kiyoshi, FUJIMAKI Shōichi, WATANBE Masatarō, MURAKI Genjirō shiryō (Documents sur WATANABE Masatarō et MURAKI Genjirō), premier volume, 1971.

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