GRILLY Georges

Par André Delestre

Né le 29 janvier 1910 à Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 5 novembre 2002 à Rouen ; tailleur puis VRP ; CGTU ; trésorier fédéral du PCF ; Amis de la Paix.

Georges Grilly fut tailleur dans une entreprise textile à Elbeuf (Seine-inférieure). Dès son entrée au travail, il se syndiqua et exercera des responsabilités. En 1935, il fut secrétaire du syndicat CGTU de l’habillement. Il participa au congrès de l’unification.
Membre des « Amis de la Paix » présidée par Henri Barbusse, il participa à la manifestation décidée afin de riposter aux événements du 6 février 1934 où les factieux tentèrent un coup de force contre la République. Au cours de cette manifestation, il dona son adhésion au PCF. Un an plus tard, il fut élu au comité fédéral de la Seine-inférieure. Il fut reconduit à cette responsabilité jusqu’en 1977. En 1936, lors des premiers congés payés, plutôt que de partir à la mer, il suivit une école du parti où il côtoya [Georges Désiré-22666], [Fernand Legagneux-107806], [André Pican-126129], [Lucie Guérin-76646] comme éducateurs.
Mobilisé, il fut prisonnier de guerre en Allemagne. À son retour, il devint secrétaire de la section PCF d’Elbeuf. Dès 1949, au sein de la fédération du PCF, il eut en charge la politique financière sous la direction des secrétaires fédéraux, Roland Leroy puis Henri Levillain et Jean Malvasio. Il impulsa et multiplia des initiatives inédites pour faire entrer l’argent qui faisait cruellement défaut. Une anecdote révèle la personnalité de Georges Grilly. Dans le baraquement qui faisait office de « fédé », bien souvent, le charbon manquait. Il mit ses qualités professionnelles au service de Roland Leroy et Henri Levillain en leur confectionnant costumes et canadiennes. En 1958, Georges Grilly et son épouse Odile emménagèrent dans la cité des Castors à Sotteville-lès-Rouen. Le couple eut deux garçons. La même année, il prit en charge le secteur de la publicité en plein développement, devenant agent commercial- VRP pour le journal Les nouvelles de Seine-Maritime puis L’Avenir. En 1960, il fut la cheville ouvrière de l’acquisition du siège de la fédération, place du général de Gaulle, à Rouen, juste en face de l’Hôtel de ville et de créer des outils d’impression, de développement de la lecture, de publicité, de relayer les souscriptions pour financer le journal l’Humanité, de l’organisation des fêtes et kermesse.
Il fut un diffuseur constant de l’Humanité, de son adhésion au PCF jusqu’à la fin de sa vie. Le 6 mars 1999, le couple versa 500 francs à la souscription. Au lendemain de l’élection présidentielle de 2002, alors que Robert Hue, le candidat communiste, avait fait 3,37 %, il fut interviewé par un journaliste de Paris-Normandie. L’article titrait « Georges Grilly n’est pas abattu ». Il avait sur lui la liste des 20 179 donateurs financiers reçus en 1 mois, pour boucher le trou de la campagne électorale et affirmait : « Il n’est pas question de se démobiliser ». Lors des bouleversements dans les pays de l’Est, sa douleur fut grande de voir tant d’espoir réduit à néant. Cela le renforça dans son attachement au PCF. Sans bruit, sans éclat, il participa jusqu’au bout de ses forces aux réunions du comité de section de Sotteville-lès-Rouen, dont il fut membre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237755, notice GRILLY Georges par André Delestre, version mise en ligne le 28 janvier 2021, dernière modification le 28 janvier 2021.

Par André Delestre

SOURCES : Archives de la fédération PCF de Seine-Maritime. — Témoignage de Roland Bernard, secrétaire fédéral. — Journal l’Humanité.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément