HAMON Georges

Par Gildas Priol

Né le 8 juillet 1914 à Lambézellec (Brest, Finistère), exécuté sommairement par les Allemands, le 9 juillet 1944, à Brest ; marin ; résistant du réseau Défense de la France.

Georges Hamon avait déjà reçu une instruction militaire lors de son service en 1934. A son issue, il prolongea son engagement pour deux ans dans la Marine Nationale. Il resta à Brest dans la 2e Compagnie du 2e Dépôt à Recouvrance. Rappelé sous les drapeaux à la déclaration de guerre en 1939, il fut affecté à l’artillerie côtière du secteur de Brest jusqu’en janvier 1940, puis sur le croiseur de bataille Strasbourg sur lequel il se trouvait lors de Mers-el-Khébir quand les Anglais ouvrirent le feu. Il fut d’ailleurs cité à l’ordre de son bâtiment pour sa bonne conduite. Son navire regagna Toulon et suite aux accords d’armistice, Georges fut démobilisé le 12 juillet 1940. Il revint à Brest où il résidait 7 rue Brizeux, au Douricq, avec sa famille.

Il rejoignit la résistance en novembre 1943, au sein du groupe Action Directe, corps-franc du mouvement Défense de la France.
Il participa à plusieurs actions, notamment celle du 26 avril 1944 avec Pierre Beaudoin, Yves Hily, Julien Kervella, Gaston Viaron, Yves Hall, et Francis Beauvais dans laquelle ils s’introduisirent à la mairie de Gouesnou et y ponctionnèrent 600 kilos de grenades et munitions de 9mm qu’ils entreposèrent à Brest. A peine revenus à Brest, Yves Hall et Francis Beauvais se dirigèrent au port de commerce, au dépôt pétrolier des usines Jupiter. Grâce aux indications de Georges Hamon, les deux résistants réussir à faire sauter les cuves, volatilisant plus de 250 000 litres de carburant destiné à l’armée allemande.
Le 5 uillet 1944, le groupe décida de capturer Julien Origas, interprète à l’Aussenkommando du S.D de Brest, basée à Bonne-Nouvelle. L’attaque eut lieu à Kerigonan mais le collaborateur alsacien ne fut que blessé et les soldats allemands déclenchèrent une fusillade dans laquelle Guy Van de Weghe fut gravement touché et Georges Hamon se réfugia sur le toit. Les Allemands réussirent à localiser le blessé à l’aide des traces de sang. Le docteur Edmond Jacq venu soigner Guy et le résistant Georges Hamon, blessé dans l’assaut furent emmenés à l’école Bonne-Nouvelle de Pontaniou, siège de l’Aussenkommando du S.D de Brest, quant à Guy Van de Weghe il fut admis au nouvel hôpital, réquisitionné par l’armée d’occupation.
C’était sans compter des brestois curieux qui involontairement, en assistant à la scène, firent remarquer le résistant sur le toit aux allemands. De nouveaux coups de feu furent échangés et Georges Hamon fut touché d’une balle dans le genou et une autre à la cheville. Il fut alors arrêté par les Allemands et interné à l’école Bonne-Nouvelle de Pontaniou, siège de l’Aussenkommando du S.D de Brest.
Avertie de la situation dans laquelle se trouvait son fils, Marie Hamon contacta l’avocat Lalouet du 45 rue du Château à Brest. Ce dernier accepta de prendre la défense de Georges Hamon et entra en contact avec les autorités allemandes pour assurer la défense. Les premières démarches furent infructueuses mais il apprit par le président et le greffier du tribunal du Commandant de la Forteresse allemande de Brest, que l’exécution de Georges avait déjà eu lieu.

La mère de Georges Hamon souhaita connaître le lieu de sépulture de son fils mais la requête lui fut refusée. Les Allemands indiquèrent que le lieu d’inhumation lui serait communiqué d’ici trois à quatre mois mais le siège de Brest ayant libéré le territoire de la présence allemande, la famille ne reçut pas l’information.
Le 23 mai 1945, Georges Hamon fut alors déclaré Mort pour la France en date du 9 juillet 1944. Sur décision du conseil municipal, une rue de Brest porte son nom depuis octobre 1945.
Le résistant Claude Thevenet, lui aussi du groupe Action Directe, déclara en 1946, que Georges était mort dans la cellule où il se trouvait, suite à l’attaque sur Julien Origas, sans préciser la date exacte.
Reconnu Mort pour la France, Georges Hamon a été reconnu Interné-résistant et FFI. Il reçut la Médaille de la Résistance en 1955.

Le 20 avril 1962, sur le chantier du futur Centre d’Apprentissage du Bouguen, les ouvriers creusèrent pour assurer les fondations. Des ossements furent découverts à 7m70 de profondeur. L’enquête détermina qu’il s’agissait des résistants de Saint-Pol-de-Léon fusillés le 6 juillet 1944 à Brest. Parmi les corps on retrouva une plaque en métal blanc portant le nom de Georges Hamon ainsi que sa chevalière.
Les restes des corps furent transférés à Saint-Pol-de-Léon, dans une tombe de regroupement, attenante au Monument aux Morts.
Les parents de Georges ont fait graver sur la tombe familiale dans le cimetière Saint-Martin de Brest, le nom de leur fils. Son nom est également gravé sur la plaque commémorative du Bouguen.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237823, notice HAMON Georges par Gildas Priol, version mise en ligne le 15 février 2021, dernière modification le 15 février 2021.

Par Gildas Priol

Plaque du Bouguen
Plaque du Bouguen

SOURCES : Arch. dép. Finistère, CVR, 1622W. — Arch. mun. Brest, 4h, 8BIO1. — SHD de Brest. — René Pichavant, Clandestins d’Iroise, tome 4, éditions Morgane, 1988. — Mémoires des Résistant.e.s du pays de Brest : https://www.resistance-brest.net/ar.... — Notes Annie Pennetier.

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