CRÉPIN Pierre, Philippe

Par Eric Panthou

Né le 25 janvier 1922 à Paris (ex Seine, V° arr.), exécuté sommairement par la résistance ou supposé le 13 juillet 1944 à Chanaleilles (Haute-Loire) ; employé de bureau ; réfractaire au STO ; résistant.

Portrait de Pierre Crépin.

Fils d’Abel, Jules, Joseph et de Jeanne Peyrounaud, mariés le 15 mars 1921 à Bourganeuf (Creuse), Pierre Crépin habitait au moment de l’Occupation chez ses parents au 6 rue du Commandant Driant à Conflans-Sainte-Honorine (aujourd’hui Val-d’Oise). Scout de France et gymnaste accompli, il commit rapidement des actes de défiance aux Occupants en volant avec un de ses camarades des panneaux de signalisation des Allemands, les ramenant à sa maison comme des trophées. Convoqué au Service du Travail Obligatoire (STO), il a d’abord rejoint les convois qui acheminaient des milliers de Français dans les usines allemandes. Il ne voulait pas que ses parents aient des ennuis. Puis à Royan, Pierre-Philippe a fui le STO et est entré dans la clandestinité. Sa famille eut des des nouvelles de lui par sa fiancée, Odette, qu’il devait épouser, témoigna la sœur de Pierre Crépin.
La suite de son parcours a pu être en partie reconstituée par Jean Présent, membre de la Fndirp. Pierre-Philippe Crépin aurait rejoint un maquis des Pyrénées et aurait combattu aux côtés de résistants anarchistes. Le site muséedelaresistanceenligne indique quant à lui les maquis du Lot comme lieu de son action. Désigné comme agent de liaison, il aurait notamment fait passer de nombreux jeunes gens en Espagne.

Plus tard, il se retrouva dans le maquis de la Haute-Loire à Chanaleilles. Il est considéré par une ordonnance du tribunal civil du Puy rendu le 26 février 1946, comme réfugié à Chalaneilles sans que soit précisée sa situation de résistant. C’est là qu’il fut tué le 13 juillet 1944 dans des circonstances pas encore élucidées.

Une hypothèse avance « qu’il a été tué en se portant au-devant des troupes alliées qu’il cherchait à rejoindre ». Or, les troupes de Libération ne se trouvaient pas dans le département lors de sa tentative de fuite, réelle ou supposée. Un autre récit raconte qu’en cours de route, entre le hameau du Fraisse et la ferme du Sauvage, le jeune Crépin fut rencontré par une patrouille du maquis qui le conduisit au PC du Sauvage où il fut placé sous surveillance car son attitude aurait paru suspecte. Ce serait à la suite d’une tentative d’évasion de sa part qu’une sentinelle aurait fait feu sur lui, le blessant mortellement. Cette version ne correspond pas au discours qui a été prononcé lors de ses obsèques à Conflans, en 1949 mais elle peu être jugée probable puisqu’il ne dispose pas d’un dossier de résistant ni de militaire tué. La mention résistant ne figure pas sur la plaque de la rue inaugurée en son nom le 18 juin 2013 à Conflans-Sainte-Honorine.

Il fut inhumé à Chanaleilles. Il a reçu la mention « Mort pour la France ».
Son corps fut ramené à Conflans où une cérémonie eut lieu le 30 juillet 1949, à l’église de la commune. Son association sportive « L’Avenir de Conflans » donna son nom à un stade le 6 juillet 1947, stade aujourd’hui disparu, rue des Anglais. Son nom figure sur le monument aux Morts à Conflans-Sainte-Honorine.

Un article de La gazette du Val-d’Oise, 13 juin 2013, le présente comme résistant communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237843, notice CRÉPIN Pierre, Philippe par Eric Panthou, version mise en ligne le 31 janvier 2021, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Eric Panthou

Portrait de Pierre Crépin.

SOURCES : Fernand Boyer, Témoins de pierre du sang versé. Les monuments de la résistance en Haute-Loire, Le Puy, éditions de la Société académique, 1983. —
Yannick Amossé et Jean Présent, La Résistance à Conflans-Sainte-Honorine, Montreuil, Le temps des Cerises, 2013. — Musée de la Résistance en ligne. — Mémorialgenweb. — Hommage au résistant Pierre-Philippe Crépin, La Gazette Val-d’Oise, 13 juin 2013. — État-civil Chanaleilles.

Version imprimable Signaler un complément