FROMONTEIL Jeanne [née BALLET Jeanne]

Par Jacques Girault

Née le 10 août 1929 à Bujaleuf (Haute-Vienne), morte en juin 2019 ; professeure puis chef d’établissement ; militante syndicaliste ; militante communiste de la Vienne.

Ses parents, athées, étaient originaires de familles paysannes du Limousin. Son père, receveur des postes, mutilé à la suite de la Grande Guerre, socialiste, se prononça en 1920 pour l’adhésion à la Troisième Internationale et fut un des dirigeants communistes dans la région d’Eymoutiers. Il fut révoqué en mars 1940. Sa mère, institutrice, communiste, fut également révoquée en novembre 1940. Ils exploitèrent une boulangerie à Brive (Corrèze). Son père fut inscrit comme « otage » à l’arrivée des troupes allemandes. Ils reprirent leurs emplois à la Libération. Jeanne Ballet et son frère purent étudier au contact d’enfants de cheminots, souvent résistants, du dépôt d’Estavel. Interne au lycée de Limoges, Jeanne Ballet, obtint le baccalauréat, puis entra à la Faculté de Poitiers où elle obtint une licence d’Allemand. Sportive (volley-ball, handball, athlétisme), elle prit part à de nombreuses épreuves. Elle participa aux mobilisations pour la paix et pour faire signer l’appel de Stockholm. Candidate à l’Association générale des étudiants de Poitiers en 1950, secrétaire de l’Union des jeunes filles de France dans le département, militante de l’Union de la Jeunesse républicaine de France, membre du comité national de l’UJFF, elle participa au festival de Berlin (1951).

Jeanne Ballet adhéra au Parti communiste français en 1950 et fut intégrée dans le comité de la fédération communiste de la Vienne. Critique lors de la conférence fédérale de 1952 sur la qualification d’attachement « inconditionnel » pour l’URSS, elle fut écartée du comité fédéral.

Jeanne Ballet, que l’on prénommait souvent Jeannette, épousa l’enseignant communiste Paul Fromonteil en janvier 1952. Le couple eut quatre enfants. Lors de la naissance de son troisième enfant, les élèves de l’école de sages-femmes de Poitiers assistèrent, à la demande du gynécologue, à leur première expérience d’accouchement sans douleur qu’elles mettaient en doute.

Son mari, étant stagiaire à l’École normale nationale d’apprentissage, Jeanne Fromonteil devint adjointe d’enseignement au lycée de Saint-Gaultier (Indre), puis à la rentrée d’octobre 1953 au lycée Descartes (garçons) de Châtellerault, ville où son mari avait été nommé.

Comme épouse de soldat en Afrique du Nord, Jeanne Fromonteil joua un rôle important dans la campagne des élections législatives dans la Vienne à la fin de 1955. Elle participa par la suite à toutes les actions pour la paix en Algérie.

Après une année passée au lycée de Nemours (Seine-et-Marne), Jeanne Fromonteil revint au lycée de Châtellerault dans l’administration et devint, par la suite, surveillante générale dans cet établissement. Militante du Syndicat national de l’enseignement secondaire, elle fut élue à la commission académique paritaire comme représentante du personnel de surveillance au début des années 1960. Nommée censeur au lycée François-Perrin de Limoges en 1968, en 1970, elle fut mutée au lycée Victor-Hugo de Poitiers, transformé en collège d’enseignement secondaire, puis reconstruit en périphérie en 1978, devenant le CES France Bloch-Sérazin, dont elle fut principale. L’établissement devint au début des années 1980 centre d’un Groupement d’établissements publics locaux d’enseignement (GRETA). Elle milita alors au Syndicat national des personnels de direction de l’Education national, transformé en SNPD de l’enseignement secondaire. Elle conserva ce poste jusqu’à sa retraite en 1989, où elle retourna habiter Châtellerault.

Membre du bureau de la section communiste de Châtellerault, Jeanne Fromonteil entra au comité de la fédération communiste en 1956. Elle retrouva le comité fédéral en 1966. Après avoir suivi les cours de l’école centrale d’un mois, réélue au comité fédéral, elle devint une des responsables du travail en direction des femmes et participa à la diffusion des livres. Non réélue en 1968 en raison de son éloignement professionnel, elle retrouva le comité fédéral en 1971 et participa aux diverses instances de la section communiste de Poitiers. À partir de 1989, elle devint membre du secrétariat de la section communiste de Châtellerault et demeura membre de cette direction de section jusqu’à 2008 ainsi que de la direction du conseil départemental du PCF.

À la fin des années 1990, Jeanne Fromonteil et des enseignants retraités de la ville créèrent une association « Culture pour tous ». Elle participait aussi à l’animation de diverses associations locales : « Mémoire de la déportation », « Mémoire de la Commune de Paris ». Elle présidait l’association « Les chemins de l’art » regroupant des participants au cours d’histoire de l’Art à l’école d’Arts plastiques. Sans avoir de responsabilités, elle suivait les activités du centre châtelleraudais d’histoire et d’archives (CCHA).

Décédée en juin 2019, elle fit don de son corps à la science

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23786, notice FROMONTEIL Jeanne [née BALLET Jeanne] par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 novembre 2008, dernière modification le 11 juillet 2020.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse. — Renseignements fournis par l’intéressée.

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