BRETON Gérard

Par Jacques Defortescu

Né le 20 avril 1944 au Havre (Seine- Inférieure- Seine-Maritime), mort le 3 avril 2020 ; directeur, puis conservateur ; docteur d’État ; militant de l’Union Fédéral des cadres CGT du Havre.

Gérard Breton (Photo Myriam Blumberg)

Elève du lycée François 1er au Havre, Gérard Breton poursuivit ses études scientifiques en sciences de la terre au département de géologie à l’Université de Caen (Calvados) en 1962. C’est au cercle d’étudiants naturaliste qu’il fit connaissance de d’Évelyne, qui devint son épouse.
Il exerça comme professeur certifié de sciences naturelles au lycée Porte -Océane du Havre de 1966 à 1968 puis comme professeur agrégé (de 1972 à 1973). Il avait été second au concours en aout 1968. Il fréquenta alors régulièrement la Société Géologique de Normandie et Amis du Muséum du Havre (SGNAMH) dont il devint le secrétaire Général de 1973 à 2004.
Gérard Breton donna des conférences en grand nombre sur le thème de la paléontologique. Il anima de nombreuses excursions géologiques depuis 1972, (en moyenne cinq par an).
Après avoir coopéré en Algérie de 1970 à 1972, en tant que Volontaire au Service National Actif (VSNA), à la faculté des Sciences d’Oran où, en plus de la géologie saharienne, il développa de nouveaux centres d’intérêt pour la faune, la flore et la préhistoire, il se fixa alors au Havre, comme professeur certifié titulaire en sciences au lycée Porte-océane.
À l’initiative de la municipalité communiste du Havre, le Muséum se structurant, en septembre 1973, Gérard Breton fut nommé pour exercer les fonctions de directeur administratif à temps plein, sur emploi spécifique, en appui d’André Maury, le conservateur. Il en devint directeur et chef de service à temps plein sur emploi spécifique, hors classe à compter du 1er septembre 1990, au 5e échelon, puis détaché dans le grade de Conservateur en Chef du Patrimoine.
En tant que muséologue, l’activité de Gérard Breton se développa dans le cadre de la formation continue et du recyclage et pour la diffusion scientifique et technique (conférences au Havre et à l’extérieur, journées de travail pour le terrain, une trentaine d’expositions temporaires en 20 ans, renouvellement des salles d’expositions permanentes, formation de stagiaires français et étrangers, activités de recherche, création d’un atelier d’imprimerie…).
Il structura le secrétariat scientifique avec Henriette Audemar, dota l’institution d’un laboratoire et d’un technicien en photographie. En 1982 il créa un poste de zoologiste, et développa, trois ans plus tard, la branche de géologie-paléontologie avec un laboratoire, fer de lance de portée nationale pour les moulages, le polissage et les plaques minces.
Une ruche expérimentale vitrée fut implantée, sous le contrôle d’un apiculteur. Il dota le Muséum d’un laboratoire de taxidermie. Le personnel de 1973 à 1984 passa de 4 à 22 agents en équivalent temps plein, et 19 en 2005.
Un remarquable fonds patrimonial « Charles-Alexandre Lesueur » fut placé sous la responsabilité d’une scientifique qui assura le rayonnement en Europe, Amérique et Australie.
Un poste d’archéologue municipal fut créé ; des chantiers de fouilles et de surveillances furent organisés sur de nombreux sites néolithiques normands.
En 1990, après soutenance de sa thèse sur l’évolution des Astérides fossiles, il devint docteur d’état (mention très honorable avec félicitations du jury).
A signaler en décembre 1993 l’ouverture d’une salle de paléontologie et de préhistoire et en 1993 et 1994, deux grandes expositions sur les baleines et le passé baleinier du port du Havre qui accueilli quelque 150 000 visiteurs.
En 1975-1976, Gérard Breton fut l’initiateur d’une action nationale pour la protection des sites géologiques menacés. Il fut alors nommé membre d’un groupe de travail à l’initiative du ministère de l’Environnement de 1978 à 1982. Il fut également membre du groupe de travail réuni à l’initiative du ministère de l’Éducation nationale-Recherche de 2004 à 2005, puis membre d’un groupe de travail sur le patrimoine géologique à Caen de 2000 à 2003.
Gérard Breton participa également à de nombreux groupes de travail au ministère de l’Éducation Nationale puis à la Direction de la Recherche et des études Doctorales, Mission Musées sur des questions corporatives : formation, statut, déontologie des personnels des musées d’histoire naturelle, statut des collections.
Il fut également membre de la commission interrégionale d’acquisition Haute et Basse-Normandie de la loi sur les Musées de 202 à 2005.
Il participa activement à « Science en Fête », Fête de la science, depuis 1992, date de sa création en province, en particulier à Odyssée 21 du 17 au 27 octobre 2001 à Rouen. Il fut membre du Conseil d’administration de Science -Action Haute-Normandie de 2003 à 2009.
Lors de son départ en retraite, Gérard Breton assurait annuellement, en moyenne, une douzaine de conférences au Havre ou à l’extérieur, il animait une dizaine de journées de travail de terrain. Il supervisa un programme d’animation important. L’auteur de cet article eu l’occasion de faire visiter à plusieurs reprises sous la conduite de Gérard Breton le Musée d’Histoire Naturelle dans le cadre de ½ journées culturelles syndicales organisées par le Centre Confédéral d’Éducation Ouvrière de la CGT au Havre aux militants syndicaux pendant cette période.
Parti en retraite le 21 avril 2005, Gérard Breton transmit au Muséum d’Histoire Naturel du Havre un rayonnement scientifique national et international.
En retraite, Gérard Breton, fonda l’association « Port Vivant », car il avait deviné que les recherches sur la biodiversité des bassins portuaires, poursuivies jusque-là dans le cadre institutionnel du Muséum du Havre, risquaient alors de cesser localement. Le travail scientifique de ces « plongées bio » dans les bassins du port du Havre se doublait d’un travail de vulgarisation de la biologie marine auprès des plongeurs et auprès du plus large public ; les quelques 300 à 400 plongeurs qui avaient été inscrits à cette activité depuis une dizaine d’années souhaitaient qu’elle se poursuive.
Ainsi, « Port Vivant » eut pour objet de former à la biologie marine les plongeurs participants, en allant, pour certains d’entre eux, jusqu’à l’intégration à un travail de recherche mais aussi développer, d’après l’exemple de ce milieu très particulier, la notion de protection du milieu marin, et la préservation de son patrimoine biologique et, enfin diffuser auprès d’un plus large public des connaissances originales sur le milieu portuaire.
Gérard Breton écrivit de nombreux ouvrages notamment pour la société géologique de Normandie. Et fit beaucoup preuve de pédagogie pour vulgariser la science de la géologie.
Il fut lauréat de nombreux prix nationaux, et notamment il fut lauréat du Prix de la culture Scientifique et technique, second prix de Laboratoire du Secrétariat d’État à la recherche en septembre 1995, mais également lauréat du prix Urbain Gibert de la Société d’Études scientifiques de l’Aude (2011-2012)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237866, notice BRETON Gérard par Jacques Defortescu, version mise en ligne le 21 février 2021, dernière modification le 21 février 2021.

Par Jacques Defortescu

Gérard Breton (Photo Myriam Blumberg)

Œuvre
Breton G., Guyader J, Huault M.-F. et Lefebvre E., « Les sédiments quaternaires du sous-sol de la place Gambetta, au Havre (Normandie, France) » Bulletin trimestriel de la société géologique de Normandie et des amis du Muséum du Havre.

SOURCES : Biographie de Gérard Breton publié dans la revue de la Société Havraise d’Études Diverses - l2019/2020, par Françoise Amiel Hébert. — Informations données par Thierry Vincent, attaché de conservation aux archives municipales du Havre -chargé de la valorisation des archives auprès des publics.
La lettre de l’OCIM 1991. — Paris- Normandie Mai 2020

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