GAILLARD Joseph alias Nicolas dans la résistance

Par Eric Panthou

Exécuté sommairement par la Résistance vers le 4 août 1944 à Vergezac (Haute-Loire) ; résistant.

Un article de Jean-François Arnould, paru en 2019 et s’appuyant sur les archives de la Justice militaire, permet de mieux comprendre les circonstances de cette exécution d’un résistant par le Groupe Georges.
Ce Groupe Georges est présenté comme un maquis noir, ayant commis plusieurs exactions au moment de la Libération, exécutant à la fois d’anciens miliciens ou des personnes accusées de collaboration mais aussi un des siens.
Stationné à Vergezac, ce groupe a particpé à plusieurs actions, notamment à Solignac-sur-Loire le 2 août 1944 et à l’attaque des forces allemandes le 11 août 1944 à Bains sur ordre de Serge Zapalski alias colonel Gevolde et aux côtés du maquis de Rougeac, "groupe Seigle", en vue de libérer le capitaine Seigle.
Le corps de Joseph Gaillard fut découvert le 20 décembre 1944 lors d’une opération d’exhumation, au lieu-dit Rouchassou. Près d’ici les corps de deux anciens miliciens furent également découverts le même jour.
Selon le témoignage du maire, cet inconnu aurait été abattu pour avoir refuser de marcher lors d’un engagement mené par le lieutenant Marceau contre un convoi à Montagnac, lieu-dit de Solignac-sur-Loire (Haute-Loire). Ce jour là, Joseph Coupat trouva la mort lors de ce combat.
Le dénommé Nicolas aurait alors lâché son fusil dès les premiers coups de feu et se serait enfui à bicyclette. Il serait revenu deux jours après au camp et c’est là qu’il aurait été condamné et exécuté. Selon le témoignage d’un membre du groupe, le capitaine Seigle aurait donné cet ordre.
Dans un premier temps, le corps retrouvé ne fut pas identifié. L’enquête des gendarmes l’identifia comme celui du dénommé Nicolas, membre du groupe Georges, exécuté en août par le lieutenant Marceau, nom de guerre de Jean Pélerin. C’est un jugement du tribunal du Puy du 6 novembre 1945 qui établit l’identité de cet inconnu : Joseph Gaillard.
Sommé de s’expliquer sur cette exécution devant un juge en 1954, Joseph Grenier alias Georges, affirma que ce jeune maquisard avait changé plusieurs fois d’unités et lui avait été envoyé par le capitaine Seigle "pour le redresser", avant qu’il fuit lors de l’engagement de Montagnac. Il aurait procédé le soir même à une réquisition pour son compte personnel ce qui suscita une plainte de la fermière au Capitaine Seigle qui selon Grenier aurait été celui ordonnant l’exécution.
Au bout de deux ans et demi d’instruction le juge estima que l’exécution de Gaillard était consécutive à une "infraction militaire", Gaillard ayant mis en danger son groupe par son abandon de poste.
Le juge estima qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments pour prouver la culpabilité de Grenier dans les autres exécutions de deux miliciens, d’un couple accusé de collaboration et d’une jeune femme, violée puis tuée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237939, notice GAILLARD Joseph alias Nicolas dans la résistance par Eric Panthou, version mise en ligne le 2 février 2021, dernière modification le 3 mai 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : Éléments transmis par Pascal Gibert qui rédige une thèse sur l’épuration en Auvergne. — Jean-François Arnould, " Un maquis noir : le groupe Georges à Vergezac", Revue Histoire Sociale Haute-Loire, n°10, 2019.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément