MUDADU Paul [MUDADU Paolo, francisé en Paul]

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 2 décembre 1912 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), mort le 4 février 2008 à Martigues (Bouches-du-Rhône) ; manœuvre ; militant communiste à Martigues ; résistant FTP.

Lors d’une fête du PCF à Gémenos dans les années 1930. De gauche à droite : Mme Pappatico, Filippo Pappatico, Antoine Blanc, M. Maras et Paul Mudadu. (extrait du livre de Jacky Rabatel, p. 33)

Le recensement de la population de Port-de-Bouc (complété par les données du site Généanet) donne une idée de la composition de la cellule familiale de Paul Mudadu en 1931, alors domiciliée au n°728 dans le quartier Milan : Francesco Mudadu (le chef de famille), né en 1884 à Ossi (Sardaigne, Italie), riveur pour l’entreprise Lafarge ; Mudadu Jeanne (son épouse), née en 1888 à Bulzi (Sardaigne, Italie), sans profession ; leurs enfants : Paul (Paolo), né en 1912, manœuvre ; Sauveur (Salvatore), né en 1919 ; François (Francesco), né en 1922 ou 1923 ; Jean, né en 1925 ou 1929 ; Jeanne, née en 1930.

Au début des années 1920, un petit groupe de militants isolés représentait le Parti communiste à Martigues (Vincent Lorenzi, A. Gianetti, R. Lacamara...). Dans les années 1930, ce sont des militants venus travailler dans les grandes entreprises qui prirent la relève : Gabriel Mouttet et bon nombre réfugiés politiques italiens, comme Jacques et Rina Meli ou encore Paul Mudadu. Un Comité italien antifasciste fut créé, composé d’une cinquantaine de membres, mené par Philippe Pappatico, qui diffusait Il Griddo del popolo (Le Cri du peuple). Sans local ni matériel, cette cellule ne vivait que par l’action de quelques militants, distribuant L’Humanité et Rouge-Midi. Elle était rattachée au rayon de Port-de-Bouc, où ses tracts étaient tirés, et fixa son siège dans des bars successifs, puis dans un local de la rue de l’École vieille, éclairé par une lampe à carbure. Le parti avait alors une faible influence, comme l’indique son score de 40 voix aux élections législatives de 1932.

Fin 1942, alors que plusieurs dizaines de communistes avaient été arrêtés entre Martigues et Port-de-Bouc sur ordre de Vichy, Paul-Baptistin Lombard cherchait à faire de nouvelles recrues. Paul était membre du PCF clandestin. Son frère Sauveur Mudadu les rejoignit à la fin du mois d’octobre. Paul forma un nouveau triangle de FTP avec un certain Canova et Esquiva, dit « Jésus ». Ils étaient approvisionnés en matériel de propagande par François Miras.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article237940, notice MUDADU Paul [MUDADU Paolo, francisé en Paul] par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 21 février 2021, dernière modification le 3 février 2021.

Par Renaud Poulain-Argiolas

Paul Mudadu [photo extraite de l’ouvrage de Jacky Rabatel - p. 223]
Lors d’une fête du PCF à Gémenos dans les années 1930. De gauche à droite : Mme Pappatico, Filippo Pappatico, Antoine Blanc, M. Maras et Paul Mudadu. (extrait du livre de Jacky Rabatel, p. 33)

SOURCES : Jacky Rabatel, Une ville du Midi sous l’Occupation : Martigues, 1939-1945, Centre de Développement Artistique et Culturel, 1986 (pp. 35, 156, 219, 384). — Recensement de la population, Port-de-Bouc, 1931, 6M511. — Données du site Généanet. — « Hommage à Philippe Papatico : une vie au service des autres », La Marseillaise, 1995 (année estimée, car date découpée).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément